Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), aute du 30 mars 2007, recurs n° 184/06 (ROJ ATSJAD 12/2007 ; ECLI:AD:TSJADAD:2007:12A) (Lire sur source officielle)
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), aute du 30 mars 2007, ROJ ATSJAD 12/2007
Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées de saisie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue ici est celle figurant dans le texte intégral de la décision (ROJ et ECLI).
Faits et procédure
Le Sr Campillo a saisi la juridiction civile d'une demande de mesures cautelars à l'encontre du Sr Pastor, le 19 décembre 2005. Un premier aute du 20 décembre 2005 a ordonné les mesures sollicitées. Après opposition du défendeur (18 janvier 2006) et réplique du demandeur (8 février 2006), un second aute du 21 juin 2006 a rejeté l'opposition, maintenu la mesure et mis les dépens à la charge du Sr Pastor.
Ce dernier a interjeté appel le 9 octobre 2006, en demandant la révocation de l'aute du 21 juin 2006. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, présidée par le Sr Jean Louis Vuillemin et composée des magistrats Joan Manel Abril Campoy (ponent) et Eulàlia Amat Llari, a été saisie du recours.
Le texte ne précise pas le contenu détaillé des mesures ordonnées en première instance, lesquelles renvoient à « la partie dispositive » de l'aute du 20 décembre 2005 (non précisé dans la décision). La nature exacte de la relation fiduciaire alléguée n'est pas davantage détaillée dans l'arrêt.
Question de droit
Deux questions étaient soumises à la Sala.
Première question : la compétence de la juridiction civile. L'appelant soutenait que le litige devait être soumis à l'arbitrage prévu à l'article 37 des statuts de la société ORG_0, lequel prévoit que les différends entre associés, ou entre ceux-ci et la société, « per raó de la interpretació, aplicació o execució » des statuts, sont résolus par amiable composition ou arbitrage d'équité, et subsidiairement par les juridictions andorranes.
Seconde question : les conditions de la mesure cautelaire. Subsidiairement, l'appelant contestait la réunion du fumus boni iuris et du periculum in mora.
Solution et dispositif
La Sala rejette les deux moyens.
Sur la compétence. Le tribunal retient deux motifs cumulatifs. D'une part, le litige ne relève pas du champ matériel de la clause : il procède de l'existence alléguée d'une relation fiduciaire et des différends nés de l'exécution d'un mandat de confiance, et non de l'interprétation, de l'application ou de l'exécution des statuts. D'autre part, la mesure cautelaire a pour finalité de rendre effectif le résultat du procès et non de trancher le fond ; elle n'entre donc pas dans l'objet de la clause, limité aux questions d'interprétation, d'application et d'exécution des statuts. La Sala conclut à la compétence civile « sense necessitat de recórrer a la clàusula del contracte de compravenda de participacions de data 21-5-1994 », la controverse ne pouvant « encabir-se » dans la clause arbitrale des statuts.
Sur les conditions de la mesure. S'agissant du fumus boni iuris, défini comme « l'aparença del dret que justifica l'adopció de la mesura », la Sala relève la constitution de la société ORG_0, ainsi qu'un contrat sous seing privé de cession de l'intégralité des participations et de concession d'un pouvoir de la société. Ces éléments évoquent la probable conclusion d'un négoce fiduciaire, le Sr Campillo étant le véritable gestionnaire, le Sr Pastor n'apparaissant que comme président apparent. Concernant le periculum in mora, la Sala retient que la révocation des pouvoirs du Sr Campillo par le fiduciaire, combinée à la gestion de la société par le
Aute
TSJC-184/06
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 30 de març de 2007. Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal del Sr. Campillo va formular demanda de mesures cautelars, de data 19-12- 2005, envers el Sr. Pastor.
II.- Per Aute, de data 20-12-2005, es va decidir acordar com a mesura cautelar els extrems que consten a la part decisòria de l'esmentat Aute.
En data 18-1-2006, la representació processal del Sr. Pastor va formular oposició a la mesura cautelar sol·licitada i, en data 8-2-2006, la representació processal de la part instant de la mesura va contestar a l'oposició.
III.- Per Aute de 21-6-2006 es va decidir el que segueix: "DECIDEIX: que ha de desestimar la petició d'oposició a la mesura cautelar formulada per la representació processal del Sr. Pastor en el seu escrit de data 18 de gener d'enguany, mantenint-se per tant la mateixa, imposant al darrer les costes processals causades per la tramitació del present procediment, amb l'amplitud prevista en el darrer considerant de la present resolució".