I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 4/2008, Chambre civile, 17 janvier 2008 (Tribunal supérieur de justice d'Andorre)
Décision commentée : ATSJAD 4/2008 (ECLI:AD:TSJADAD:2008:4A), Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Chambre civile, 17 janvier 2008, recours n° 294/07 (Lire sur source officielle).
Note : la référence « Juridiction andorrane, — » fournie avec la demande étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral a été retenue.
Faits et procédure
Par une sentence du 7 septembre 2006, dont l'appel formé par la société Canales avait empêché le caractère définitif, cette société a été condamnée à payer à Mme Manzanares la somme de 36 836,59 EUR. Mme Manzanares a saisi le Batlle d'une demande d'embargament preventiu (saisie conservatoire) portant sur les biens de la société Canales, à hauteur de ce montant, afin de garantir l'exécution future de la sentence.
Par ordonnance (aute) du 17 juillet 2007, le Batlle a rejeté la demande et a mis les dépens à la charge de la demanderesse. Mme Manzanares a interjeté appel.
Entre-temps, la Chambre civile du Tribunal supérieur de justice a statué au fond par arrêt du 27 septembre 2007. Le 9 novembre 2007, Mme Manzanares a sollicité l'exécution forcée de la décision d'appel. Le 3 décembre 2007, la société Canales a versé le principal de la condamnation ainsi que les intérêts y afférents. Ce paiement est intervenu avant que la juridiction d'appel ne statue sur le recours contre l'ordonnance du Batlle.
La Chambre a relevé que la mesure conservatoire ne présentait plus d'intérêt concret et pratique et qu'aucun periculum in mora ne justifiait l'embargament sollicité. Elle a confirmé l'ordonnance et mis les dépens de la seconde instance à la charge de la partie appelante.
Question de droit
La décision pose, de façon implicite, une double question :
- Une mesure conservatoire de saisie préventive peut-elle être maintenue ou accordée lorsque la créance qu'elle vise à garantir a été acquittée en cours d'instance d'appel ? Le tribunal répond par la négative en retenant la perte d'intérêt pratique de la mesure.
- L'existence d'un periculum in mora est-elle une condition autonome de l'embargament preventiu ? Le tribunal relève son absence, ce qui constitue un second fondement de la confirmation.
Le texte ne précise ni les dispositions légales précises du code de procédure civile andorran applicables à l'embargament preventiu (non précisé dans la décision), ni la nature exacte du contrôle exercé en appel sur l'ordonnance du Batlle. Il se réfère de manière générale à « la législation en vigueur et les usages et coutumes applicables » sans identifier de texte.
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 17 de gener de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 17 de gener del 2008 - ROJ: ATSJAD 4/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La Sra. Manzanares va formular davant de l'Hble. BATLLIA demanda d'embargament preventiu sobre els béns de la societat Canales, en quantitat suficient per a respondre de l'import de 36.836,59 EUR, la qual fou resolta per Aute de data 17 de juliol del 2007 en el sentit de no donar lloc a la referida demanda amb imposició de les costes processals a la part demandant. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 17 janvier 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC- 294/07
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 17 de gener de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La Sra. Manzanares va formular davant de l'Hble. BATLLIA demanda d'embargament preventiu sobre els béns de la societat Canales, en quantitat suficient per a respondre de l'import de 36.836,59 EUR, la qual fou resolta per Aute de data 17 de juliol del 2007 en el sentit de no donar lloc a la referida demanda amb imposició de les costes processals a la part demandant.
II.- Contra aquesta resolució la Sra. Manzanares ha interposat recurs d'apel·lació.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin.
FONAMENTS DE DRET
I.- La demanda d'embargament preventiu promoguda per la Sra. Manzanares contra la societat Canales, té per objecte la garantia de l'execució d'una sentència dictada el dia 7 de setembre del 2006 que va condemnar la societat Canales a pagar a la Sra. Manzanares, l'import de 36.836,59 EUR, resolució que no era encara ferma a raó d'un recurs d'apel·lació de la societat Canales.