I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 48/2008 (TSJ d'Andorre, Sala Civil, 27 mars 2008)
Décision commentée : ATSJAD 48/2008, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 mars 2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:48A (Lire sur source officielle)
Note sur la référence : la mention « Juridiction andorrane, — » fournie avec la décision étant incomplète, la référence retenue est celle qui figure dans le texte intégral (ATSJAD 48/2008, recours n° 234/07).
Faits et procédure
Le litige oppose deux propriétaires voisins, les Srs Calatayud (demandeur) et Bermudez (défendeur), à propos d'un mur de pierre sèche séparant leurs fonds, situés au village du Tarter, paroisse de Canillo. Ces fonds sont désignés dans la décision sous les noms de « Prat de l'Obach », « Borda de la Casa C. » et « Casa T. ».
Par un acte (Aute) du 5 décembre 2006, le juge avait ordonné l'arrêt des travaux entrepris par le défendeur. Le 2 février 2007, le demandeur a introduit une action en interdicte d'obra nova et, à titre subsidiaire, un interdicte de retenir i recobrar la possessió. Il reprochait au défendeur d'édifier un mur de maçonnerie s'appuyant sur le mur de séparation et le surplombant. Il sollicitait la confirmation de l'arrêt des travaux, la cessation des actes de trouble sur la copropriété et la copossession du mur, ainsi que l'enlèvement des pierres s'appuyant sur celui-ci.
Le défendeur a contesté la recevabilité et le bien-fondé de la demande, soutenant que le demandeur ne prouvait pas sa possession, que le mur relevait en réalité de son propre fonds et que l'agent cumulait indûment deux actions.
Par jugement du 29 juin 2007, le tribunal unipersonnel, section civile, a partiellement fait droit à la demande. Il a confirmé l'arrêt des travaux, enjoint au défendeur de s'abstenir de tout acte troublant la possession du demandeur et mis les dépens à sa charge.
Le défendeur a interjeté appel. Il demandait l'infirmation du jugement, son absolution et la condamnation de la partie adverse aux dépens. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia était saisie sous le numéro 234/07, le juge rapporteur étant M^me^ Eulàlia Amat Llari. Les métadonnées de la base de données mentionnent le type « Aute », alors que l'en-tête du document porte la mention « SENTÈNCIA » ; le dispositif confirme qu'il s'agit d'un arrêt d'appel.
Question de droit
La Cour devait trancher trois questions :
- Le mur de séparation, situé sur la ligne divisoire, est-il présumé mitoyen, et cette mitoyenneté ouvre-t-elle au copropriétaire la qualité pour agir par la voie de l'interdit d'obra nova et des interdits possessoires ?
- La construction projetée d'un mur de maçonnerie au-dessus du mur de pierre, ainsi que les trav
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de març de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 27 de març del 2008 - ROJ: ATSJAD 48/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 2 de febrer del 2007 la representació processal del Sr. Calatayud va formular demanda interdictal d'obra nova i, subsidiàriament, interdicte de retenir i recobrar la possessió contra el Sr. Bermudez, argumentant que el citat senyor estava construint un mur de maçoneria que es recolzava i superposava a la paret de tanca que separava les finques del seu mandant i del defenent, Prat de l'Obach i Borda de la Casa C. i Casa T. respectivament, situades al poble del Tarter Parròquia de Canillo. Per aquesta raó, sol·licitava que es confirmés l'atur de les obres decretat… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 mars 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC-234/07
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 27 de març de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 2 de febrer del 2007 la representació processal del Sr. Calatayud va formular demanda interdictal d'obra nova i, subsidiàriament, interdicte de retenir i recobrar la possessió contra el Sr. Bermudez, argumentant que el citat senyor estava construint un mur de maçoneria que es recolzava i superposava a la paret de tanca que separava les finques del seu mandant i del defenent, Prat de l'Obach i Borda de la Casa C. i Casa T. respectivament, situades al poble del Tarter Parròquia de Canillo. Per aquesta raó, sol·licitava que es confirmés l'atur de les obres decretat per l'Aute de 5 de desembre del 2006 i es condemnés al demandat a cessar els actes de pertorbació de la copropietat i copossessió del mur de pedra que separava les dues propietats, requerint-lo a més perquè procedís a retirar les pedres que es recolzaven en el citat mur, així com imposant-li totes les costes del procediment.
II.- La representació processal del Sr. Bermudez va contestar a la demanda en data 16 de febrer del 2007 argumentant la manca de legitimació passiva del demandant, ja que el Sr. Calatayud no acreditava tenir la possessió del mur de tanca, que encara que fos coposseïdor aquest títol resultava inhàbil per obtenir la protecció interdictal, que no provava la seva condició de propietari del predi, que, no tenint el demandant la possessió del mur de pedra, en res el perjudicaven les actuacions dutes a terme per la seva mandant, que el mur de Casa T. es trobava sobreelevat en esguard al predi de Casa C. i per tant era un extensió física de la finca del seu mandant, que el mur era posseït des de sempre per Casa T. i que, en l'aspecte processal, l'agent acumulava indegudament dues accions. Per aquestes raons, sol·licitava es dictés Sentència desestimant les peticions de l'adversa i revocant l'Aute de 5 de desembre del 2006, tot condemnant a la demandant al pagament de les costes processals causades.