I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 15 mai 2008 (ROJ : ATSJAD 67/2008 ; ECLI:AD:TSJADAD:2008:67A)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 15 mai 2008, recours n° 354/07 (ROJ : ATSJAD 67/2008 ; ECLI:AD:TSJADAD:2008:67A) (Lire sur source officielle)
Note de référencement : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la citation ci-dessus reprend l'identifiant ROJ et l'ECLI figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Par requête du 23 avril 2007, la représentation processuelle de Mme Zapata demande que soit citée la société anonyme V., en vue de recevoir la demande civile qu'elle entend former. Par écritures des 29 mai et 30 juillet 2007, M. Recio sollicite pour sa part que l'INAF (sigle non développé dans la décision) soit appelé à se prononcer sur les prétentions de la partie demanderesse.
Par Aute du 17 octobre 2007, le Tribunal des Batlles (juridiction de première instance) fixe une audience au 7 novembre 2007 aux fins de la « demande » (tràmit de demanda), dans le cadre des autes civils n° 0144-6/2007. Il ordonne la citation et l'emplacement, d'une part, de Mme Josefa Llorens Cussell par l'intermédiaire de son représentant processuel, d'autre part, de la société V., S.A., par l'intermédiaire de MM. Recio et Tejera, en qualité respective de membre et de représentant de l'assemblée générale des actionnaires de ladite société.
M. Recio interjette appel de cet Aute. Ses conclusions sont déposées le 5 février 2008. Mme Zapata réplique le 26 février 2008 et conclut au rejet du recours, avec condamnation de l'appelant aux dépens de l'instance d'appel. Le magistrat rapporteur est M. Joan Manel Abril Campoy ; la Sala Civil est présidée par M. Jean Louis Vuillemin, avec Mme Eulàlia Amat Llari.
Question de droit
Le recours soulève, en substance, deux moyens :
- Le manquement au principe de congruence : la partie appelante soutient que l'emplacement sollicité visait la société par l'intermédiaire de son représentant légal, alors que l'Aute a retenu un mode d'emplacement différent, qui n'avait pas été demandé.
- La violation du droit à la défense dans sa dimension matérielle : l'appelant fait valoir que le représentant désigné n'aurait pas la capacité effective de gérer la société, dès lors que cette compétence relèverait de l'INAF.
La question posée à la juridiction d'appel est donc double : un Aute de citation procédant à l'emplacement d'une personne morale par la voie de certains de ses membres peut-il être utilement contesté au regard de la congruence et du droit de défense ? Et, le cas échéant, quelle est la conséquence procédurale d'un recours que
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 15 de maig de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 15 de maig del 2008 - ROJ: ATSJAD 67/2008 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per escrit, de data 23-4-2007, la representació processal de la Sra. Zapata va interessar que es cités a la mercantil V. per a escoltar la demanda civil que es volia formular. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 15 mai 2008 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC- 354/07
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 15 de maig de 2008 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrit, de data 23-4-2007, la representació processal de la Sra. Zapata va interessar que es cités a la mercantil V. per a escoltar la demanda civil que es volia formular.
Per escrits de data 29 de maig i 30 de juliol de 2007, el Sr. Recio sol·licita que s'emplaci a l' INAF per tal que es posicioni sobre les pretensions de la part agent.
II.- Per Aute de 17-10-2007, l'Hble. Tribunal de Batlles va acordar: "DECIDEIX 1. Fixar l'audiència del proper dia 7 de novembre del 2007, a les 10'00 hores, a la Cúria de la Batllia als efectes de practicar el tràmit de demanda, en el marc dels presents autes civils número 0144-6/2007.
- Citar i emplaçar a tal efecte a les parts en litigi: a la Sra. Josefa LLORENS CUSSELL mitjançant la seva representació processal i a la societat V., S.A., mitjançant els Srs. Recio i Tejera, en tant que membre i representant, respectivament, de la Junta General d'accionistes de la referida mercantil.