I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 11/2009 : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 12 février 2009
Décision commentée : ATSJAD 11/2009, ECLI:AD:TSJADAD:2009:11A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux Sevillano et Recio ont été séparés par une sentence du 13 juin 2005, qui attribuait la garde des enfants à la mère, accordait au père un droit de visite et fixait une pension alimentaire de 950 euros mensuels. Ce droit de visite a été suspendu par un aute du 14 juillet 2006, confirmé le 20 juillet suivant à la demande de la mère.
Par un aute du 2 avril 2007, le juge a rétabli les relations paterno-filiales et désigné une psychologue afin d'accompagner la reprise progressive des contacts. Cette décision a été partiellement révoquée par un aute de la Sala Civil du 19 juin 2008, qui a annulé la désignation de la psychologue et confirmé le surplus.
Le 25 juin 2008, le père a demandé l'exécution des autes des 19 juin 2008 et 2 avril 2007, sollicitant que la remise des enfants s'effectue par l'intermédiaire d'un tiers ou du Service de médiation familiale du Gouvernement. La mère s'est opposée à cette demande le 7 juillet 2008 et a sollicité la suspension de l'exécution jusqu'à ce qu'intervienne la sentence de divorce pendante devant le même juge.
Par un aute du 24 juillet 2008, le juge de première instance (Batlle) a suspendu le droit de visite du père et désigné une nouvelle psychologue, avec pour mission de conduire un travail progressif avec les parents et les enfants en vue de reprendre des contacts adaptés. Le père a interjeté appel de cet aute et a demandé sa révocation ainsi que l'exécution de l'aute du 19 juin 2008.
Dans la procédure de divorce, une sentence du 21 octobre 2008 a prononcé le divorce, attribué la garde à la mère et accordé au père un droit de visite (fins de semaine alternées, moitié des vacances scolaires, fêtes et anniversaires). Ce droit est toutefois suspendu jusqu'à l'achèvement d'un traitement psychologique, mené progressivement selon les modalités fixées par le professionnel désigné.
Note sur le texte. La décision source présente plusieurs incohérences matérielles qu'il convient de signaler : la date de l'aute attaqué est tantôt donnée comme le 2 avril 2008 (antécédent n° V), tantôt comme le 2 avril 2007 ; la mère est désignée tantôt comme Mme Recio, tantôt comme Mme Vaquero dans les motifs relatifs au divorce ; la numérotation des antécédents passe du IV au VI. Ces erreurs n'affectent pas la solution retenue, mais elles limitent la fiabilité de la reconstitution chronologique. Le résumé automatique (« Resum I.A. ») et les descripteurs thématiques de la base ne font pas partie de la décision et n'ont pas été retenus comme sources.
Question de droit
La Sala Civil
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, 12 de febrer de 2009 Reunida la Sala Civil del M.Castrillo Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.Castrillo Sr. Joan Manel Abril Campoy, actuant en substitució, i els magistrats M.Castrillo Sra. Eulàlia Amat Llari i M.Castrillo Sra. Marie Conte, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 12 de febrer del 2009 - ROJ: ATSJAD 11/2009 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La Sentència de data 13 de juny del 2005 va estimar en part la demanda interposada per la Sra. Recio contra el Sr. Sevillano declarant la separació dels esposos, atribuint la guarda i custòdia dels fills de la parella a la seva mare, establint un règim de visites a favor del pare i fixant una pensió d'aliments a càrrec d'aquest i en favor dels fills de 950 euros mensuals, règim que fou suspès per l'Aute de 14 de juliol del 2006, confirmat pel dictat el dia 20 del mateix mes i any, atenent a la petició de la Sra. Recio.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 12 février 2009 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-251/08
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, 12 de febrer de 2009 Reunida la Sala Civil del M.Castrillo Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.Castrillo Sr. Joan Manel Abril Campoy, actuant en substitució, i els magistrats M.Castrillo Sra. Eulàlia Amat Llari i M.Castrillo Sra. Marie Conte, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La Sentència de data 13 de juny del 2005 va estimar en part la demanda interposada per la Sra. Recio contra el Sr. Sevillano declarant la separació dels esposos, atribuint la guarda i custòdia dels fills de la parella a la seva mare, establint un règim de visites a favor del pare i fixant una pensió d'aliments a càrrec d'aquest i en favor dels fills de 950 euros mensuals, règim que fou suspès per l'Aute de 14 de juliol del 2006, confirmat pel dictat el dia 20 del mateix mes i any, atenent a la petició de la Sra. Recio.
II.- L'Aute de 2 d'abril del 2007 va acordar restablir el règim de contactes paterno-filials en benefici del Sr. Sevillano al respecte de la menor Castrillo i nomenar a la psicòleg Sra. Querol a fi d'iniciar un psicoterapèutic del menor Tejada i dels seus progenitors amb la finalitat d'arribar a restablir el règim de visites previst en la Sentència de separació dels esposos, Aute que va ser revocat en part pel d'aquesta Sala de 19 de juny del 2008, deixant sense efecte la nominació de la Sra. Querol i confirmant l'esmentada resolució en tots els demés pronunciaments.