ATSJAD ANDORRA, a 22 d'abril del 2024 - ROJ: ATSJAD 96/2024
Rejet du pourvoi
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé22 avril 2024
Numéro39/2024
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD 96/2024 - Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 avril 2024, n° 39/2024
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 avril 2024, n° 39/2024, ROJ: ATSJAD 96/2024 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Le litige soumis à la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra s'ancre dans le contentieux du droit des successions et, plus particulièrement, dans le régime de validité et d'efficacité des clauses testamentaires limitant l'exercice des prérogatives de propriété.
Par acte testamentaire en date du 10 juillet 2002, le testateur (non nommé dans la décision) avait disposé de ses biens sous réserve de conditions et de charges substantielles pesant sur ses successeurs. Deux clauses de cet acte d'ultime volonté cristallisent le différend :
D'une part, la clause sixième (*clàusula Sisena*) prévoyait une substitution vulgaire au profit de M. Raya, neveu du testateur et petit-fils de sa sœur M., pour l'hypothèse où cette dernière prédécéderait ou se trouverait dans l'impossibilité de recueillir la succession. Cette vocation substituée était expressément assujettie aux restrictions formulées à la clause cinquième de l'acte :
- l'interdiction absolue de vendre, d'hypothéquer ou d'aliéner de toute autre manière les biens issus de la succession ;
- la prohibition de consentir des baux ou locations pour des périodes supérieures à trois ans ;
- la charge d'acquitter le legs institué à la clause troisième ;
- la faculté d'entrer en possession directe des biens successoraux (incluant la demeure occupée par le de cujus, désignée « C », ainsi que le reste de la masse successorale) sans recourir à une quelconque autorisation judiciaire ;
- l'incapacité d'administrer librement lesdits biens avant d'avoir atteint l'âge de vingt-cinq ans, toute gestion ou administration antérieure étant subordonnée au consentement de son père ou, à défaut, de sa mère.
D'autre part, la clause huitième (*clàusula Vuitena*) stipulait que les biens meubles et immeubles recueillis par la sœur du de cujus, désignée sous le nom de Rius, demeureraient grevés d'un fidéicommis (*fideïcomís*). Aux termes de cette disposition, la grevée avait l'obligation, à son décès, de transmettre l'intégralité des biens à son neveu, M. Raya, à la condition expresse que celui-ci fût « une personne de bien, de conscience et respectueuse de la vie de famille » (*« sempre que sigui persona de bé i de consciència i que tingui respecte per la vida família »*). Les biens ainsi dévolus devaient en outre demeurer frappés de l'interdiction d'aliéner, de vendre, d'hypothéquer ou de louer pour une durée excédant trois ans, ces limitations ayant vocation à s'appliquer jusqu'à la troisième génération, exclusion faite de celle du disposant.
Confronté à ces prohibitions perpétuées ou étendues sur plusieurs générations qui entravaient la libre disposition de son patrimoine, M. Raya a entendu faire lever ces charges. Soutenant l'inefficacité juridique ou la nullité de ces restrictions testamentaires, il a choisi d'agir en justice.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Le 15 février 2023, M. Raya a saisi la juridiction de première instance d'Andorre (la Batllia) d'une demande introduite sous la forme de la juridiction gracieuse (*procediment de jurisdicció voluntària*), enregistrée sous le numéro de dossier 4000072/2023. Par cette requête, il sollicitait principalement la mainlevée, pour cause d'inefficacité, de la charge constitutive de la prohibition de disposer insérée dans le testament du 10 juillet 2002. À titre subsidiaire, il demandait la réduction de l'interdiction d'aliéner et de grever à certains biens déterminés, en invoquant l'existence d'une juste cause sur le fondement de l'article 224.2 du Code des successions (*Codi de Successions per causa de mort*, issu de la loi 46/2014 du 18 décembre 2014).
Par une résolution rendue le 20 juin 2023, la section civile de la Batllia a, d'office, décliné sa compétence matérielle (*competència objectiva*) pour connaître d'une telle prétention par le truchement de la juridiction gracieuse, et a ordonné le classement de la procédure (*arxiu del procediment*). Cette décision initiale comportait toutefois des indications erronées quant aux voies de recours, mentionnant l'ouverture d'un recours gracieux en rétractation (*recurs de reposició*) devant la même juridiction, en application des articles 324.1 et 325 du Code de procédure civile.
Postérieurement, le 10 janvier 2024, le tribunal de première instance a rendu d'office une ordonnance (*aute*) rectificative visant à corriger les mentions relatives aux voies de recours, précisant que la décision était directement susceptible d'appel devant le Tribunal Superior de Justícia dans un délai de treize jours ouvrables. Le même jour, statuant sur une demande d'éclaircissement (*recurs d'aclariment*), la Batllia a réitéré formellement le constat d'incompétence d'office pour la demande principale et a déclaré son incompétence pour connaître de la demande subsidiaire formulée dans la requête, précisant que cette dernière relevait de la compétence de la section générale de la Batllia dans le cadre d'un procès civil contentieux ordinaire (*procés judicial contenciós ordinari*).
Le 30 janvier 2024, M. Raya a interjeté appel à l'encontre de cette ordonnance devant la chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (recours n° 39/2024). Au soutien de son recours, l'appelant a développé les moyens et prétentions suivants :
- À titre principal, il a soutenu que la juridiction gracieuse constitue la voie procédurale appropriée (*llera processal adient*) pour statuer sur sa demande dès lors qu'il n'existerait aucun litige et qu'aucune personne ne serait « potentiellement affectée ou intéressée », hormis lui-même, par la déclaration de nullité de la prohibition d'aliéner. M. Raya arguait en ce sens que l'héritière fiduciaire n'avait aucun intérêt au litige en raison de sa renonciation à la succession, et que les légataires avaient perçu la quote-part leur revenant sur les avoirs bancaires, de sorte qu'ils ne pouvaient justifier d'aucun intérêt légitime aux interdictions pesant sur son patrimoine. Il soutenait également l'absence de tout fidéicommissaire appelé à lui succéder. En conséquence, il demandait au Tribunal Superior d'infirmer la décision entreprise et de déclarer le juge de première instance matériellement compétent pour instruire la cause en la forme gracieuse ;
- À titre subsidiaire, il sollicitait un tel constat de compétence au moins pour ce qui concernait sa demande subsidiaire de mainlevée partielle fondée sur l'article 224.2 du Code des successions ;
- Enfin, il postulait qu'il soit jugé que le ministère public (*Ministeri Fiscal*) ne devait intervenir ni dans la présente procédure gracieuse, ni dans le cadre d'un éventuel procès civil ordinaire ultérieur.
La procédure ne comportait aucune partie adverse intimée, le litige ayant été introduit unilatéralement.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'appel interjeté devant la juridiction suprême de l'ordre judiciaire andorran soumettait aux magistrats une question procédurale fondamentale touchant à la frontière entre juridiction contentieuse et juridiction gracieuse :
La voie de la juridiction gracieuse (*jurisdicció voluntària*) est-elle procéduralement recevable et adéquate pour statuer sur une demande tendant à la déclaration de nullité, totale ou partielle, ou d'inefficacité de clauses testamentaires comportant des prohibitions de disposer ou des fidéicommis, au seul motif allégué par le requérant qu'aucun tiers intéressé n'existerait ou ne s'opposerait à sa prétention ?
Cette interrogation procédurale impliquait de résoudre deux sous-questions intrinsèquement liées :
1. La détermination de la voie procédurale (gracieuse ou contentieuse ordinaire) constitue-t-elle une règle de compétence matérielle relevant de l'ordre public processuel, autorisant le juge à relever d'office son incompétence sur le fondement de l'article 60 du Code de procédure civile ?
2. L'affirmation unilatérale de l'absence de tiers intéressés par l'appelant suffit-elle à évincer les garanties du contradictoire et les droits de la défense protégés par l'article 10 de la Constitution de la Principauté d'Andorre ?
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sous la plume du magistrat rapporteur Carles Cruz Moratones, confirme en tous points la décision d'incompétence rendue par la Batllia et rejette l'appel. La motivation de la haute juridiction s'articule autour d'une argumentation rigoureuse en trois temps.
#### 1. La nature d'ordre public du choix de la voie procédurale
En préambule, le tribunal réaffirme avec netteté que la détermination de la procédure adéquate pour ventiler les contestations et trancher les prétentions des parties constitue une règle d'ordre public (*extrem d'ordre públic*). Il appartient dès lors impérativement au juge de vérifier d'office sa compétence matérielle (*competència objectiva*), conformément à l'article 60 du Code de procédure civile (loi 24/2018 du 18 octobre 2018 et son texte consolidé par la loi 22/2021 du 17 septembre 2021). La juridiction d'instance n'a donc commis aucun excès de pouvoir en soulevant spontanément la question et en refusant d'emprunter la voie gracieuse.
#### 2. L'incompatibilité de principe entre juridiction gracieuse et annulation d'une disposition testamentaire
Le tribunal rappelle une jurisprudence constante et établie, issue notamment de son ordonnance du 1er octobre 2009 (ATSJC 087/2009) et réitérée sous l'empire du Code des successions (loi 46/2014) dans son arrêt STJC 394/2017. Cette doctrine jurisprudentielle repose sur le constat que l'action en nullité ou en inefficacité d'une clause testamentaire de prohibition de disposer se heurte à deux écueils constitutionnels et procéduraux insurmontables dans le cadre de la juridiction gracieuse :
- *D'une part, l'exigence d'une procédure déclarative contentieuse :* L'obtention d'une décision constatant la nullité ou l'inefficacité d'un acte juridique mortis causa ne saurait être assimilée à une simple demande d'autorisation judiciaire d'aliéner. Elle requiert un débat plénier, instruit selon les règles du procès déclaratif ordinaire, offrant la plénitude des garanties processuelles et des mécanismes de défense pour apprécier si les conditions légales de validité de la restriction (existence d'une juste cause, licéité, absence de perpétuité, etc.) font ou non défaut.
- *D'autre part, la sauvegarde des droits de la défense et du principe du contradictoire (art. 10 de la Constitution andorrane) :* Toute déclaration de nullité ou d'inefficacité est susceptible d'altérer les droits subjectifs de tiers nés de la disposition de dernière volonté. Le droit à la juridiction impose dès lors la mise en cause, l'assignation et l'audition de toutes les personnes qui peuvent être affectées par l'anéantissement de la clause litigieuse.
Le Tribunal Superior souligne que l'entrée en vigueur de la nouvelle codification processuelle (Code de procédure civile de 2018/2021), régissant spécifiquement la juridiction gracieuse, n'a en rien altéré cette construction jurisprudentielle. La matière gracieuse demeure par
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 22 d'abril del 2024 - ROJ: ATSJAD 96/2024
ATSJAD 96/2024 - Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 avril 2024, n° 39/2024
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 avril 2024, n° 39/2024, ROJ: ATSJAD 96/2024 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige soumis à la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra s'ancre dans le contentieux du droit des successions et, plus particulièrement, dans le régime de validité et d'efficacité des clauses testamentaires limitant l'exercice des prérogatives de propriété.
Par acte testamentaire en date du 10 juillet 2002, le testateur (non nommé dans la décision) avait disposé de ses biens sous réserve de conditions et de charges substantielles pesant sur ses successeurs. Deux clauses de cet acte d'ultime volonté cristallisent le différend :
D'une part, la clause sixième (clàusula Sisena) prévoyait une substitution vulgaire au profit de M. Raya, neveu du testateur et petit-fils de sa sœur M., pour l'hypothèse où cette dernière prédécéderait ou se trouverait dans l'impossibilité de recueillir la succession. Cette vocation substituée était expressément assujettie aux restrictions formulées à la clause cinquième de l'acte :
l'interdiction absolue de vendre, d'hypothéquer ou d'aliéner de toute autre manière les biens issus de la succession ;
la prohibition de consentir des baux ou locations pour des périodes supérieures à trois ans ;
la charge d'acquitter le legs institué à la clause troisième ;
la faculté d'entrer en possession directe des biens successoraux (incluant la demeure occupée par le de cujus, désignée « C », ainsi que le reste de la masse successorale) sans recourir à une quelconque autorisation judiciaire ;
l'incapacité d'administrer librement lesdits biens avant d'avoir atteint l'âge de vingt-cinq ans, toute gestion ou administration antérieure étant subordonnée au consentement de son père ou, à défaut, de sa mère.
D'autre part, la clause huitième (clàusula Vuitena) stipulait que les biens meubles et immeubles recueillis par la sœur du de cujus, désignée sous le nom de Rius, demeureraient grevés d'un fidéicommis (fideïcomís). Aux termes de cette disposition, la grevée avait l'obligation, à son décès, de transmettre l'intégralité des biens à son neveu, M. Raya, à la condition expresse que celui-ci fût « une personne de bien, de conscience et respectueuse de la vie de famille » (« sempre que sigui persona de bé i de consciència i que tingui respecte per la vida família »). Les biens ainsi dévolus devaient en outre demeurer frappés de l'interdiction d'aliéner, de vendre, d'hypothéquer ou de louer pour une durée excédant trois ans, ces limitations ayant vocation à s'appliquer jusqu'à la troisième génération, exclusion faite de celle du disposant.
Confronté à ces prohibitions perpétuées ou étendues sur plusieurs générations qui entravaient la libre disposition de son patrimoine, M. Raya a entendu faire lever ces charges. Soutenant l'inefficacité juridique ou la nullité de ces restrictions testamentaires, il a choisi d'agir en justice.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Le 15 février 2023, M. Raya a saisi la juridiction de première instance d'Andorre (la Batllia) d'une demande introduite sous la forme de la juridiction gracieuse (procediment de jurisdicció voluntària), enregistrée sous le numéro de dossier 4000072/2023. Par cette requête, il sollicitait principalement la mainlevée, pour cause d'inefficacité, de la charge constitutive de la prohibition de disposer insérée dans le testament du 10 juillet 2002. À titre subsidiaire, il demandait la réduction de l'interdiction d'aliéner et de grever à certains biens déterminés, en invoquant l'existence d'une juste cause sur le fondement de l'article 224.2 du Code des successions (Codi de Successions per causa de mort, issu de la loi 46/2014 du 18 décembre 2014).
Par une résolution rendue le 20 juin 2023, la section civile de la Batllia a, d'office, décliné sa compétence matérielle (competència objectiva) pour connaître d'une telle prétention par le truchement de la juridiction gracieuse, et a ordonné le classement de la procédure (arxiu del procediment). Cette décision initiale comportait toutefois des indications erronées quant aux voies de recours, mentionnant l'ouverture d'un recours gracieux en rétractation (recurs de reposició) devant la même juridiction, en application des articles 324.1 et 325 du Code de procédure civile.
Postérieurement, le 10 janvier 2024, le tribunal de première instance a rendu d'office une ordonnance (aute) rectificative visant à corriger les mentions relatives aux voies de recours, précisant que la décision était directement susceptible d'appel devant le Tribunal Superior de Justícia dans un délai de treize jours ouvrables. Le même jour, statuant sur une demande d'éclaircissement (recurs d'aclariment), la Batllia a réitéré formellement le constat d'incompétence d'office pour la demande principale et a déclaré son incompétence pour connaître de la demande subsidiaire formulée dans la requête, précisant que cette dernière relevait de la compétence de la section générale de la Batllia dans le cadre d'un procès civil contentieux ordinaire (procés judicial contenciós ordinari).
Le 30 janvier 2024, M. Raya a interjeté appel à l'encontre de cette ordonnance devant la chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (recours n° 39/2024). Au soutien de son recours, l'appelant a développé les moyens et prétentions suivants :
À titre principal, il a soutenu que la juridiction gracieuse constitue la voie procédurale appropriée (llera processal adient) pour statuer sur sa demande dès lors qu'il n'existerait aucun litige et qu'aucune personne ne serait « potentiellement affectée ou intéressée », hormis lui-même, par la déclaration de nullité de la prohibition d'aliéner. M. Raya arguait en ce sens que l'héritière fiduciaire n'avait aucun intérêt au litige en raison de sa renonciation à la succession, et que les légataires avaient perçu la quote-part leur revenant sur les avoirs bancaires, de sorte qu'ils ne pouvaient justifier d'aucun intérêt légitime aux interdictions pesant sur son patrimoine. Il soutenait également l'absence de tout fidéicommissaire appelé à lui succéder. En conséquence, il demandait au Tribunal Superior d'infirmer la décision entreprise et de déclarer le juge de première instance matériellement compétent pour instruire la cause en la forme gracieuse ;
À titre subsidiaire, il sollicitait un tel constat de compétence au moins pour ce qui concernait sa demande subsidiaire de mainlevée partielle fondée sur l'article 224.2 du Code des successions ;
Enfin, il postulait qu'il soit jugé que le ministère public (Ministeri Fiscal) ne devait intervenir ni dans la présente procédure gracieuse, ni dans le cadre d'un éventuel procès civil ordinaire ultérieur.
La procédure ne comportait aucune partie adverse intimée, le litige ayant été introduit unilatéralement.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'appel interjeté devant la juridiction suprême de l'ordre judiciaire andorran soumettait aux magistrats une question procédurale fondamentale touchant à la frontière entre juridiction contentieuse et juridiction gracieuse :
La voie de la juridiction gracieuse (jurisdicció voluntària) est-elle procéduralement recevable et adéquate pour statuer sur une demande tendant à la déclaration de nullité, totale ou partielle, ou d'inefficacité de clauses testamentaires comportant des prohibitions de disposer ou des fidéicommis, au seul motif allégué par le requérant qu'aucun tiers intéressé n'existerait ou ne s'opposerait à sa prétention ?
Cette interrogation procédurale impliquait de résoudre deux sous-questions intrinsèquement liées :
La détermination de la voie procédurale (gracieuse ou contentieuse ordinaire) constitue-t-elle une règle de compétence matérielle relevant de l'ordre public processuel, autorisant le juge à relever d'office son incompétence sur le fondement de l'article 60 du Code de procédure civile ?
L'affirmation unilatérale de l'absence de tiers intéressés par l'appelant suffit-elle à évincer les garanties du contradictoire et les droits de la défense protégés par l'article 10 de la Constitution de la Principauté d'Andorre ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sous la plume du magistrat rapporteur Carles Cruz Moratones, confirme en tous points la décision d'incompétence rendue par la Batllia et rejette l'appel. La motivation de la haute juridiction s'articule autour d'une argumentation rigoureuse en trois temps.
1. La nature d'ordre public du choix de la voie procédurale
En préambule, le tribunal réaffirme avec netteté que la détermination de la procédure adéquate pour ventiler les contestations et trancher les prétentions des parties constitue une règle d'ordre public (extrem d'ordre públic). Il appartient dès lors impérativement au juge de vérifier d'office sa compétence matérielle (competència objectiva), conformément à l'article 60 du Code de procédure civile (loi 24/2018 du 18 octobre 2018 et son texte consolidé par la loi 22/2021 du 17 septembre 2021). La juridiction d'instance n'a donc commis aucun excès de pouvoir en soulevant spontanément la question et en refusant d'emprunter la voie gracieuse.
2. L'incompatibilité de principe entre juridiction gracieuse et annulation d'une disposition testamentaire
Le tribunal rappelle une jurisprudence constante et établie, issue notamment de son ordonnance du 1er octobre 2009 (ATSJC 087/2009) et réitérée sous l'empire du Code des successions (loi 46/2014) dans son arrêt STJC 394/2017. Cette doctrine jurisprudentielle repose sur le constat que l'action en nullité ou en inefficacité d'une clause testamentaire de prohibition de disposer se heurte à deux écueils constitutionnels et procéduraux insurmontables dans le cadre de la juridiction gracieuse :
D'une part, l'exigence d'une procédure déclarative contentieuse : L'obtention d'une décision constatant la nullité ou l'inefficacité d'un acte juridique mortis causa ne saurait être assimilée à une simple demande d'autorisation judiciaire d'aliéner. Elle requiert un débat plénier, instruit selon les règles du procès déclaratif ordinaire, offrant la plénitude des garanties processuelles et des mécanismes de défense pour apprécier si les conditions légales de validité de la restriction (existence d'une juste cause, licéité, absence de perpétuité, etc.) font ou non défaut.
D'autre part, la sauvegarde des droits de la défense et du principe du contradictoire (art. 10 de la Constitution andorrane) : Toute déclaration de nullité ou d'inefficacité est susceptible d'altérer les droits subjectifs de tiers nés de la disposition de dernière volonté. Le droit à la juridiction impose dès lors la mise en cause, l'assignation et l'audition de toutes les personnes qui peuvent être affectées par l'anéantissement de la clause litigieuse.
Le Tribunal Superior souligne que l'entrée en vigueur de la nouvelle codification processuelle (Code de procédure civile de 2018/2021), régissant spécifiquement la juridiction gracieuse, n'a en rien altéré cette construction jurisprudentielle. La matière gracieuse demeure par
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000039/2024 ORIGEN: 4000072/2023 - 0
NIG: 5300542120230000323
PARTS:
Apel·lant: Sr. Raya
OBJECTE: Jurisdicció voluntària incompatible amb la declaració de nul·litat total o parcial d'una disposició d'última voluntat.
AUTE 000059/2024
Andorra la Vella, el 22 d'abril del 2024. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Carles Cruz Moratones, el qual expressa el parer del Tribunal.
1.- El Sr. Raya va interposar demanda a tramitar pel procediment de jurisdicció voluntària, en què sol·licitava l'alliberament per ineficàcia de la càrrega o gravamen de prohibició que s'estableix al testament de 10.7.2002.
2.- El Tribunal de la secció civil ha dictat resolució en data 20.6.2023 amb la següent part decisòria :
"Primer.- Declarar d'ofici la manca de competència objectiva d'aquest Tribunal per conèixer de la demanda de jurisdicció voluntària instada pel Sr. Raya en data 15 de febrer de 2023.
Segon.- Arxivar el present procediment.
Tercer.- Notificar la present resolució al Sr. Raya.
Aquesta resolució no és ferma i contra la mateixa es pot interposar un recurs de reposició davant d'aquest mateix tribunal (art. 324.1 del Codi de procediment civil). El recurs de reposició s'ha d'interposar en el termini dels tretze dies hàbils següents al dia en què es notifica la resolució objecte de recurs, mitjançant un escrit en què ha de constar la fonamentació del recurs, i s'hi ha d'adjuntar una còpia de la resolució objecte de recurs (art.325 del Codi de procediment civil)."
Seguidament, el 10.1.2024 el tribunal va fer un Aute rectificant d'ofici la resolució del 20.6.23 amb la següent decisió:
"Primer.- Declarar d'ofici la manca de competència objectiva d'aquest Tribunal per conèixer de la demanda de jurisdicció voluntària instada pel Sr. Raya en data 15 de febrer de 2023.
Segon.- Arxivar el present procediment.
Tercer.- Notificar la present resolució al Sr. Raya.
Contra aquesta Resolució es pot interposar recurs d'apel·lació que es presenta directament davant la Sala del Tribunal Superior de Justícia, en el termini de 13 dies hàbils des de la notificació de la Sentència, havent d'adjuntar còpia de la present sentència on consti la data de la notificació i igualment havent de comunicar, el mateix dia, la interposició del recurs a aquest Hble. Tribunal, en seguiment de les disposicions del Codi de procediment civil." Aquesta resolució és ferma i contra la mateixa no es pot interposar cap recurs, sens perjudici dels recursos que corresponguin contra la resolució la rectificació o aclariment de la qual se sol·licitava (art. 20.5 del Codi de procediment civil)."
Finalment, el 10-1-24 l'Hble. Batlle va resoldre el recurs d'aclariment interposat com segueix:
"Primer.- Rectificar d'ofici la resolució de data 20 de juny del 2023 quedant redactada el decideix com segueix:
"Primer.- Declarar d'ofici la manca de competència objectiva d'aquest Tribunal per conèixer de la demanda de jurisdicció voluntària instada pel Sr. Raya en data 15 de febrer de 2023.
Segon.- Arxivar el present procediment.
Tercer.- Notificar la present resolució al Sr. Raya.
Contra aquesta Resolució es pot interposar recurs d'apel·lació que es presenta directament davant la Sala del Tribunal Superior de Justícia, en el termini de 13 dies hàbils des de la notificació de la Sentència, havent d'adjuntar còpia de la present sentència on consti la data de la notificació i igualment havent de comunicar, el mateix dia, la interposició del recurs a aquest Hble. Tribunal, en seguiment de les disposicions del Codi de procediment civil."
Segon.- Declarar la incompetència d'aquest Tribunal per resoldre la petició subsidiària de l'escrit de demanda sense perjudici que la mateixa pugui ser evacuada per mitjà del procediment ordinari quin coneixement s'atribueix a la Secció General de la Batllia a través d'un procés judicial contenciós ordinari.
Tercer.- No procedeix efectuar especial condemna en costes.
Contra el pronunciament primer d'aquesta resolució no es pot interposar cap recurs, sens perjudici dels recursos que corresponguin contra la resolució la rectificació o aclariment de la qual se sol·licitava (art. 20.5 Llei 22/2021, del 17 de setembre del Codi de procediment civil). Contra el pronunciament segon es pot interposar recurs d'apel·lació que es presenta directament davant la Sala del Tribunal Superior de Justícia, en el termini de 13 dies hàbils des de la notificació de la Sentència, havent d'adjuntar còpia de la present sentència on consti la data de la notificació i igualment havent de comunicar, el mateix dia, la interposició del recurs a aquest Hble. Tribunal, en seguiment de les disposicions del Codi de procediment civil."
3.- El Sr. Raya ha interposat recurs d'apel·lació contra l'aute de la Batllia, i segons els arguments que exposa en el seu escrit de 30-1-24 sol·licita que es revoqui l'aute de 20.6.23 i es declari que :
El procediment adequat per a evacuar la demanda és el procediment civil de jurisdicció voluntària.
Per tant, l'òrgan judicial de primera instància és competent per a tramitar- lo;
Subsidiàriament, que es faci aquest pronunciament tan sols pel que respecta a la petició subsidiària de la demanda;
El Ministeri Fiscal no ha d'intervenir ni en el present procediment, ni en el marc d'un eventual procediment civil ordinari.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- En el present procediment de jurisdicció voluntària el Tribunal d'instància considera que no té competència objectiva a l'empara de l'article 60 del CPC per a resoldre la demanda interposada pel Sr. Raya.
Aquest s'alça contra tal decisió.
Segon.- La qüestió que cal resoldre en aquest recurs rau en si la demanda de jurisdicció voluntària és la llera processal adient per demanar la declaració d'ineficàcia i nul·litat d'una clàusula testamentària. Aquesta clàusula diu així:
"SISENA.- Si la meva germana M em premorís o de qualsevol altra forma no em (sic) pogués arribar a heretar la substitueixo vulgarment pel seu net i nebot meu Raya que haurà de complir i estarà subjecte a les mateixes limitacions establertes en la clàusula Cinquena, és a dir, que 1ª.- no podrà vendre ni hipotecar ni de cap altra forma alienar els béns procedents de la meva herència. Tampoc els podran arrendar per períodes superiors a tres anys. 2ª.- Haurà de pagar el llegat disposat en la clàusula tercera. 3ª Podrà prendre possessió directament dels béns heretats, tan de la casa que jo habito (C) com de la resta de béns de l'herència, sense cap mena d'autorització judicial. A més a més, disposo que el meu nebot Raya no podrà administrar lliurement els béns heretats fins a complir els vint-i-cinc anys i necessitarà, fins arribar a aquesta edat, el consentiment del seu pare, i en el seu defecte, de la seva mare, per realitzar qualsevol acte d'administració i gestió dels béns heretats."
Més endavant la clàusula Vuitena diu:
"VUITENA.- Els béns mobles i immobles heretats per la meva germana Rius quedaran gravats amb un fideïcomís consistent en que, a la seva mort, els hauran de transmetre íntegrament al meu nebot Raya, sempre que sigui persona de bé i de consciència i que tingui respecte per la vida família, el qual quedarà també afectat per la prohibició de vendre, hipotecar o de cap altra forma alienar els béns procedents de la meva herència i tampoc els podrà arrendar per períodes de tres anys, limitacions que vull que estiguin vigents fins a la tercera generació exclosa la meva."
Tercer.- El recurrent parteix com a premissa fonamental per sostenir que la llera processal de la jurisdicció voluntària és la adient a efectes de competència objectiva quan no hi ha litigi ni persones "potencialment afectades/interessades", diferents al propi agent, als qual pugui afectar la seva voluntat de declarar nul·la la prohibició de disposar que conté el testament transcrit parcialment. Aleshores, si no hi ha cap persona potencialment afectada/interessada la via encertada és la de la jurisdicció voluntària.
En un cas similar (Aute d'1 d'octubre 2009, ATSJC 087/2009) va afirmar la Sala el següent:
"Com a qüestió prèvia, aquesta Sala es pronunciarà sobre la idoneïtat del procediment de jurisdicció voluntària, atès que no solament ha estat introduïda en el debat aquesta al·legació per part del Magnífic Ministeri Fiscal, sinó que, a més, la determinació del procediment adequat per a ventilar les controvèrsies entre les parts esdevé un extrem d'ordre públic.
D'acord amb les precedents consideracions, resulta que s'insta una demanda a tramitar pel procediment de jurisdicció voluntària, en la qual es pretén la nul·litat parcial d'una clàusula testamentària. Des d'aquesta òptica d'idees, i en ares a garantir el dret a la jurisdicció que es conté a l'article 10 C.A., existeixen dos esculls rellevants que impedeixen accedir a la pretensió de l'agent: un, és que el procediment adequat per a l'obtenció d'una declaració de nul·litat ha de ser un procediment de jurisdicció contenciosa, de forma que en un procediment declaratiu i amb totes les garanties i mecanismes de defensa es pugui determinar si procedeix o no la declaració de nul·litat interessada. I dos, que en el procediment judicial en el que es cerca una declaració de nul·litat, d'acord amb el dret d'audiència, contradicció i defensa dels ciutadans, s'escau emplaçar i demandar a tots aquells que es poden veure afectats per la declaració de nul·litat instada; ço que com es pot observar no ha tingut tampoc lloc en el present cas."
Posteriorment la mateixa doctrina varen reiterar, sota la vigència del Codi de Successions aprovat per la Llei 46/2014, en la STJC 394/17 en els següents termes:
"... Les prohibicions de disposar constitueixen limitacions al poder de disposició del titular d'un dret subjectiu; en aquest cas, la propietat. Aquestes prohibicions han de complir una sèrie d'exigències i són susceptibles de ser interpretades restrictivament.
Així cal que s'estableixin per un període determinat, atès que les prohibicions perpètues no són admissibles (cfr. STM 9-05-1975), han de ser previstes en benefici d'alguna persona, fins i tot, el mateix disponent, i han de trobar-se impulsades o animades per una justa causa, que ha de ser lícita.
(...)
En canvi, en el present supòsit, la part agent té la facultat de disposar, inherent al dret de propietat, restringida pel causant en el seu darrer testament vàlid. I, aleshores, no es tracta de sol·licitar o demanar una autorització judicial per a poder alienar, sinó que cal promoure, com bé ha indicat la resolució d'instància, la declaració d'ineficàcia de la prohibició de disposar per tal que la recurrent recuperi la seva facultat de disposició del bé del qual és propietària.
(...)
III.- Es tracta, per tant, de promoure un procediment declaratiu ordinari, en el que es promogui la ineficàcia de la clàusula d) del testament, si s'acredita que no concorren els requisits que ha de reunir una prohibició de disposar, o, en altre cas, provar que la interpretació que es pot efectuar de la prohibició de disposar establerta s'acomoda amb la literalitat de la clàusula i restringeix l'àmbit temporal de la restricció establerta.
En tot cas, malgrat que es sol·liciti l'autorització judicial, la veritable pretensió s'adreça a declarar la ineficàcia de la prohibició de disposar, de manera que esdevé necessari que la pretensió es vehiculi per un procediment ordinari amb la presència de totes les persones que poden resultar afectades per la declaració de nul·litat, com així ho vam manifestar en el nostre Aute de 1-10- 2009, sense que el procediment de jurisdicció voluntària sigui en aquest cas idoni per a la tramitació d'aquesta qüestió. I això perquè com ja s'ha exposat no incorre en cap errada el tribunal d'instància quan observa que el que es pretén és una declaració d'ineficàcia o de nul·litat, i podríem afegir o la validació d'una interpretació que restringeixi l'àmbit temporal de la prohibició. Extrems aquests darrers que no es poden encabir en l'àmbit limitat de la jurisdicció voluntària."
Doncs aquesta doctrina en res es veu afectada per l'entrada en vigor del Codi de Procediment Civil que regula els procediments de jurisdicció voluntària. Es continua exigint com a premissa bàsica que hi hagi un litigi que no afecti a tercers i ens trobem davant d'una petició de nul·litat d'una clàusula testamentària. El sol·licitant ja dona per fet que no hi ha cap altra persona interessada perquè "l'hereva fiduciària no té cap interès perquè va renunciar a l'herència" i que "els legataris varen rebre el percentatge que els hi corresponia de l'actiu bancari" i, per aquesta raó, "no poden tenir absolutament cap interès en les prohibicions de disposar que m'afecten". Això caldrà corroborar-ho donant-los entrada en un procediment declaratiu per si ho volen desmentir. També es diu que no hi ha fideïcomissaris, afirmació aquesta que en el seu moment també caldrà valorar-ho. També caldrà valorar el conjunt de la resta de clàusules del testament.
En definitiva, l'agent ha errat la llera processal de la seva pretensió i caldrà que per la via d'un declaratiu ordinari pugui instar tot el que li interessi i que altres interessats puguin tenir l'oportunitat de fer-se sentir, si així ho estimem convenient. En tractar-se d'una qüestió d'ordre públic, la decisió de la Batllia ha estat plenament encertada en plantejar-la al sol·licitant i en resoldre de la manera que ha resolt.
No és aquest Tribunal qui ha d'il·lustrar al sol·licitant de si es precisa la intervenció del Ministeri Fiscal en el procediment declaratiu futur.
Atès que la manca de competència afecta tant a la petició principal com a la subsidiària (que redueix l'aixecament de la prohibició de disposar i gravar a uns determinats béns per una justa causa, en aplicació del que disposa l'article 224.2 de Codi de Successions) no cal fer un pronunciament diferent. En aquest cas també cal acudir a un procediment declaratiu ordinari.
Quart.- Atesa la inexistència de part contrària, no fem pronunciament sobre costes d'aquesta alçada.
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Civil,
DECIDEIX
PRIMER.- DESESTIMEM el recurs interposat pel Sr. Raya contra l'Aute de l'Hble. Sra. Batlle de data 20 de juny de 2023 que confirmem íntegrament.
SEGON.- No fem pronunciament sobre costes d'aquesta alçada. Aquest aute és ferm i executiu.
Així, per aquest nostre aute, definitivament jutjant, ho manem i signem.