Décision commentée : ATSJAD 143/2024, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 20 mars 2024 (recours n° 276/2023) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
PARTIE II — MINUTE ORIGINELLE & TEXTE AUTHENTIQUE INTÉGRAL
PRINCIPAT D’ANDORRA
ADMINISTRACIÓ DE JUSTÍCIA — EN NOM DEL POBLE ANDORRÀ
La référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la décision est identifiée par son numéro ROJ et son ECLI, tels qu'ils figurent dans le texte.
Les époux Farré i Badia ont saisi le juge compétent, le 30 mai 2023, d'une demande d'internement de leur fils mineur, Catalá, au centre de protection spécifique Can Ra. Après audition du ministère public, un premier aute du 22 août 2023 a fait droit à la demande à titre provisoire et « inaudita parte », en ratifiant judiciairement l'internement jusqu'à ce que les médecins du centre valident la sortie thérapeutique ou que d'autres circonstances le commandent. Ce même aute prévoyait un suivi du mineur par le service compétent et la possibilité de l'entendre en audience.
Par aute du 5 septembre 2023, une défenseure judiciaire, Me Machado, a été désignée pour le mineur. Par écrit du 28 septembre 2023, elle a interjeté appel contre la décision du 22 août, en sollicitant sa révocation ou, à défaut, la limitation de la mesure à trois mois renouvelables. Par écrit du 19 octobre 2023, elle a précisé ses prétentions : maintien de l'internement, mais avec une durée temporellement limitée, renouvelable par périodes de trois mois.
Le ministère public et les demandeurs originaires ont conclu au rejet de l'appel. Lors de l'audience du 8 février 2024, le mineur a reconnu une nette amélioration de sa situation personnelle et familiale et a exprimé le souhait de demeurer dans le centre. Les parties ont pu s'exprimer sur le résultat de cette audition.
Le tribunal a statué en formation collégiale (Vincent Anière, président ; Carles Cruz Moratones et Jaume Tor Porta, ce dernier rapporteur).
Question de droit
La question posée était double. D'une part, la défenseure judiciaire contestait la durée indéterminée de l'internement ; d'autre part, il s'agissait de déterminer les modalités du contrôle judiciaire d'un internement de mineur, l'article 317 du Code de procédure civile (CPC) se bornant à subordonner cet internement à une autorisation du batlle de menors, après audition du ministère public et des titulaires de l'autorité parentale.
Le tribunal relève d'emblée que l'article 317 CPC « ne délimite matériellement pas les spécificités de son contrôle judiciaire ». Il retient toutefois que ce texte constitue le fondement qui légitime le maintien du mineur dans l'établissement, situation qualifiée de privation de liberté, même lorsque celle-ci est, en l'espèce
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
Reproduction verbatim
« Andorra la Vella, el 20 de març del 2024. En nom del Poble Andorrà.- »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 20 de març del 2024 - ROJ: ATSJAD 143/2024 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
Reproduction verbatim
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
Reproduction verbatim
« Així, per aquest nostre aute, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 20 mars 2024 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
TSJC.- 0000276/2023 ORIGEN: 2000014/2023 - 0
NIG: 5300513120230000026
PARTS:
Apel·lant: Sr. Catalá
Defensora judicial: Sra. Machado
Apel·lat: Srs. Farré i Badía
Representant: Sr. Vendrell
Advocat: Sr. Tur
MINISTERI FISCAL
OBJECTE: Control de l'internament d'un menor en un centre terapèutic.
AUTE 000044/2024
Andorra la Vella, el 20 de març del 2024. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Jaume Tor Porta, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
1.- El 30-5-2023, la representació processal dels Srs. Farré i Badía va interposar demanda d'internament del seu fill menor Catalá al centre de protecció específica CAN RA.
2.- Després d'escoltar el Ministeri Fiscal, el 22-8-2023 requeia Aute amb la següent part decisòria:
"PRIMER.- Donar lloc a la demanda efectuada pels progenitors els Srs. Farré i Badía -en data 30 de maig del 2023- de manera provisional i "inaudita parte", ratificant judicialment l'internament del seu fill Catalá fins que els facultatius mèdic del Centre Residencial de Cal RA, valorin l'alta terapèutica o que altres circumstàncies ho aconsellin.
SEGON.- Que el Servei S (S) faci el corresponent seguiment del menor Catalá i es sol·liciti informació al centre residencial de Catalunya (can RA) sobre l'estat i l'evolució del menor, sense perjudici que posteriorment -si les circumstàncies ho permetin- es pugui escoltar al menor directament en seu judicial sense interrompre el tractament ja iniciat.
TERCER.- Notificar la present resolució judicial al Ministeri Fiscal, al servei S, els progenitors o titulars de la tutela o guarda i al menor d'edat, en tenir més de 12 anys o al seu defensor judicial, si s'escaigués".
3.- Per Aute de 5-9-2023 es nomenava a la lletrada Sra. Machado, com a defensora judicial del menor. Aquesta, mitjançant escrit de 28-9-2023, formulava recurs d'apel·lació contra la resolució indicada, sol·licitant-ne la revocació, precisant en el seu lloc, el període durant el qual el menor havia de romandre intern al centre residencial en què es trobava, proposant que fos de 3 mesos renovables, en cas de que un cop arribat al seu venciment, els facultatius mèdics consideressin convenien ampliar-lo.
Posteriorment, per escrit de 19-10-2023, la defensora judicial del menor després de posar en relleu que havia pogut parlar amb el mateix, sol·licitava que es volgués mantenir la mesura d'internament del seu defensat, però insistint que aquest havia de ser d'abast temporal limitat, renovable per tres mesos si es considerava escaient aquesta mesura.
4.- El Ministeri Fiscal i la representació processal dels instants han interessat la desestimació del recurs articulat.
5.- En el decurs de l'audiència que vàrem realitzar el dia 8-2-2024, en Catalá evidencià que, una volta superades les dificultats inicials, es trobava a gust en el centre on romania internat, admetent una clara milloria tant en l'àmbit personal com en la relació amb la seva família, desitjant per aquesta raó romandre-hi.
Les parts s'han pogut manifestar respecte del resultat d'aquesta exploració.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- A la vista de l'escrit presentat per la defensora judicial del menor el 19-10-2023, mitjançant el qual modificava les pretensions inicials articulades, l'objecte de la present resolució es circumscriu a determinar les modalitats de control de l'internament que afecta en Catalá. Respecte d'aquesta qüestió, ressaltarem que aquest, després de reconèixer els progressos conductuals experimentats, desitja perllongar la seva estada en el centre on es troba.
Segon.- L'art. 317 del CPC, regula l'internament dels menors d'edat, sotmetent-lo a autorització del Batlle de menors, prèvia audiència del Ministeri Fiscal i dels titulars de l'autoritat parental. Aquest precepte, però no delimita materialment les especificitats del seu control judicial, no obstant en ser aquest el pilar que legitima la permanència del menor en l'establiment on es troba en una situació de privació de llibertat (encara que ara per ara s'hi trobi de manera voluntària), sembla prudent recórrer a les prevencions que s'estableixen per als majors d'edat en l'art. 316.1 del CPC.
En conseqüència, els progenitors d'en Catalá, mentre sigui menor d'edat, hauran d'informar per escrit el Batlle competent, com a mínim cada tres mesos, sobre l'evolució del seu fill incorporant amb aquesta finalitat un informe de l'establiment on es troba explicatiu del tractament seguit, la seva evolució i la necessitat de mantenir l'internament acordat. Sobre la base d'aquest informe, el batlle després de procedir al reconeixement de la persona internada, escoltar el parer dels seus progenitors, defensor judicial i del Ministeri Fiscal i si escau, obtenir el dictamen emès per un metge que hagi designat, haurà de decretar mitjançant un aute si cal continuar o revocar l'internament.
Tercer.- Atesa l'estimació parcial del recurs articulat i a la vista dels interessos objecte de la present resolució, no escau fer pronunciament respecte de les costes ocasionades en aquesta alçada (art. 354.2 del CPC).
Decisio
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Civil,
DECIDEIX
ESTIMAR parcialment el recurs d'apel·lació articulat per la defensora judicial de Catalá contra l'Aute dictat el 5-9-2023 en el sentit d'afegir a la seva part decisòria que els progenitors d'en Catalá, mentre sigui menor d'edat, hauran d'informar per escrit el Batlle competent, com a mínim cada tres mesos, sobre l'evolució del seu fill incorporant amb aquesta finalitat un informe de l'establiment on es troba, explicatiu del tractament seguit, la seva evolució i la necessitat de mantenir l'internament acordat. Sobre la base d'aquest informe, el batlle, després de procedir al reconeixement de la persona internada, escoltar el parer dels seus progenitors, defensor judicial i del Ministeri Fiscal i si escau, obtenir el dictamen emès per un metge que hagi designat, haurà de decretar mitjançant un aute si cal continuar o revocar l'internament.
No escau fer pronunciament respecte de les costes ocasionades en aquesta alçada.
Aquest aute és ferm i executiu.
Així, per aquest nostre aute, definitivament jutjant, ho manem i signem.