I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 8/1995
Décision commentée : ATSJAD 8/1995, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, Aute du 18 avril 1995 (ECLI:AD:TSJADAD:1995:8A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision commentée est un aute (ordonnance) rendu le 18 avril 1995 par la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, dans le cadre d'un recours de suplicació (appel) enregistré sous le numéro 76-EP/93.
Le recours avait été formé par l'avocat défenseur de M. Pina et de la Compagnie Morillo contre la sentence rendue par le Tribunal de Corts le 29 juillet 1994. Le Ministère public s'était opposé au recours et avait demandé la confirmation de la décision attaquée. Une partie, dont le nom est anonymisé dans le texte, s'était par ailleurs adhérée au recours de la Compagnie Morillo. Le Sr Luís, partie lésée, était également intervenu dans le délai imparti.
Le 30 janvier 1995, les représentants de la Compagnie Morillo, ceux de la compagnie d'assurances Jover et l'assuré Luís ont signé devant le greffe de la Sala Penal une diligence aux termes de laquelle :
- la Compagnie Morillo remettait à Luís un chèque nominatif de 27 698 851 pesetas, à titre d'indemnisation dans la présente cause, et se trouvait ainsi libérée de toute autre prétention en responsabilité civile ;
- Luís renonçait à toute autre action en indemnisation à l'encontre de la compagnie d'assurances.
Sur le fondement de cet accord transactionnel, l'avocat défenseur a déposé un écrit de désistement du recours de suplicació et de l'audience orale devant être tenue devant la Sala.
Le résumé généré automatiquement qui accompagne la décision sur la source officielle indique que l'ordonnance « confirme » la sentence du Tribunal de Corts. Ce point n'est pas formulé en ces termes dans le dispositif, qui se borne à renvoyer les actes au tribunal d'origine (voir infra). Le résumé, qui n'émane pas de la juridiction, ne saurait être tenu pour une source de la décision.
Question de droit
La question posée à la Sala était de savoir si l'appelant peut, après la conclusion d'une transaction avec la partie lésée, se désister de son recours de suplicació et, dans l'affirmative, à quel moment ce désistement reste recevable.
Le tribunal fonde son raisonnement sur l'article 16 du Décret du 13 juillet 1990, dont il cite le passage pertinent : « el recurrent podrà desistir del recurs fins al moment de la vista », soit, en traduction fidèle : « le recourant pourra se désister du recours jusqu'au moment de l'audience ». Le texte ne précise pas l'intitulé complet de ce décret, ni les éventuelles autres dispositions procédurales applicables au désistement.
La motivation est particulièrement brève. Elle se réduit à une seule considération en droit, complétée par une référence générale à « la législation en vigueur et les usages et coutumes applicables à la présente cause ». Le texte ne développe ni la nature de la transaction, ni son incidence sur l'action publique ou sur l'action civile,
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST: que en el marc del recurs presentat per l'advocat defensor de Pina i la Cia. Morillo, la Sra. Blasco, en la present causa núm. 76-EP/93, contra la sentència del M.I. Tribunal de Corts de data 29 de juliol de 1994. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 18 d'abril del 1995 - ROJ: ATSJAD 8/1995 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« VIST: que emplaçades les parts i el Ministeri Fiscal, van comparèixer davant d'aquesta jurisdicció la representació de Pina i la Cia. Morillo, que demana la modificació de la sentència esmentada, i el Ministeri Fiscal, qui tot oposant-se al recurs presentat per la Cia. Morillo i el Sr. Pina, demanava la confirmació de la sentència recorreguda. Les parts: Álvarez, representat pel seu Lletrat Durán va comparèixer i s'adhereix al recurs de Suplicació presentat per la Cia. Morillo i pel Sr. ENTITY_1; Luís va comparèixer dintre el termini establert.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així ho acorden, manen i signen els Magistrats del M.I. Tribunal superior de Justícia Sala Penal, en dono fe. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 18 avril 1995 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
AUTE DE 18 D'ABRIL DE 1995
Recurs de Suplicació: desestiment
Antecedents de fet
VIST: que en el marc del recurs presentat per l'advocat defensor de Pina i la Cia. Morillo, la Sra. Blasco, en la present causa núm. 76-EP/93, contra la sentència del M.I. Tribunal de Corts de data 29 de juliol de 1994.
VIST: que emplaçades les parts i el Ministeri Fiscal, van comparèixer davant d'aquesta jurisdicció la representació de Pina i la Cia. Morillo, que demana la modificació de la sentència esmentada, i el Ministeri Fiscal, qui tot oposant-se al recurs presentat per la Cia. Morillo i el Sr. Pina, demanava la confirmació de la sentència recorreguda. Les parts: Álvarez, representat pel seu Lletrat Durán va comparèixer i s'adhereix al recurs de Suplicació presentat per la Cia. Morillo i pel Sr. ENTITY_1; Luís va comparèixer dintre el termini establert.
VIST: que en data 30 de gener de 1995, van comparèixer per davant de la Secretaria d'aquesta Sala Penal, el representant de la Cia. Morillo, el Sr. Caro així com el representant de la Cia. d'assegurances Jover el Sr. Escolano i el seu assegurat Luís, a fi i efecte de signar una diligència per la qual s'acordaven:
1.- Que la Cia. Morillo remetia a Luís un xec nominal per la quantitat de 27.698.851 pts en concepte d'indemnització en la present causa, i així s'alliberava de qualsevol altra pretensió en responsabilitat civil.
2.- Que Luís renunciava a qualsevol altra demanda d'indemnització envers la dita Cia. d'assegurances Morillo.