ATSJAD 106/2004 (ECLI:AD:TSJADAD:2004:106A)
Décision commentée : ATSJAD 106/2004, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2004, ECLI:AD:TSJADAD:2004:106A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux, Sr. Caro et Sra. Durán, ont conclu un « conveni regulador de separació » (convention réglant la séparation). Ce pacte prévoyait le versement, par le Sr. Caro à la Sra. Durán, d'une pension compensatoire. Le montant initialement stipulé de 390 euros mensuels a été ramené, dans la demande reconventionnelle, à une somme non inférieure à 200 euros, puis fixé à 200 euros mensuels dans les conclusions de l'appel formé par la Sra. Durán.
Par sentence du 18 novembre 2004, la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a fait droit à l'appel de la Sra. Durán et a condamné le Sr. Caro à verser une pension compensatoire de 200 euros par mois, selon les modalités précisées dans cette sentence.
Le Sr. Caro a alors formé un incident de nullité (« incident de nul·litat ») contre cette sentence. Il soutenait, en substance, que celle-ci était incongrue au regard des demandes des parties et des motifs du recours. Il faisait valoir en outre :
- qu'il n'avait pas l'intention d'établir une pension compensatoire ;
- que l'imposition d'une telle pension n'était pas justifiée ;
- qu'il n'avait pas été informé des conséquences de la signature du pacte ;
- qu'il n'existait pas de déséquilibre patrimonial entre les époux.
La partie adverse a conclu au rejet de l'incident. La décision est rendue en formation de trois magistrats, le Sr Antoni Bruguera Manté étant magistrat rapporteur (« ponent »), aux côtés de MM. Joan Manel Abril Campoy et Jean Louis Vuillemin, ce dernier présidant la formation (non précisé dans la décision : la composition exacte de la formation au regard des règles procédurales applicables).
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions :
-
Question procédurale : un grief d'incongruence (défaut de correspondance entre la décision et les prétentions ou les moyens des parties) peut-il être invoqué par la voie de l'incident de nullité d'actuacions, contre une sentence de la même juridiction, sans que soient en cause d'autres vices ?
-
Question de fond (en filigrane) : la pension compensatoire stipulée dans un pacte de séparation, conclu hors procédure entre époux capables, conserve-t-elle son caractère obligatoire, et le débiteur peut-il ensuite contester l'existence de l'intention de s'engager ou le bien-fondé de la prestation ?
La décision ne mentionne pas expressément les dispositions législatives ou coutumières précises applicables : elle vise seulement « la législation en vigueur et les Usages et Coutumes applicables » (non précisé dans la décision : les textes et articles retenus).
Solution et dispositif
Le Tribunal rejette l'incident. Il énonce que la sentence du 18 novembre 2004 « est conforme au droit et parfaitement congruente » avec les demandes des parties, de sorte qu'il n'y a pas lieu à son annulation.
Sur le fond, la ratio decidendi retenue tient à l'existence d'un pacte valable et efficace, que les époux ont librement souscrit. Le Tribunal relève :
- que les conventions conclues par les époux en dehors du procès matrimonial déploient pleinement leurs effets entre les parties lorsqu'elles portent sur des droits ou des biens dont elles peuvent librement disposer, ce qui est le cas des pensions compensatoires ;
- que le pacte a été conclu entre personnes majeures jouissant de leur pleine capacité, sans vice du consentement allégué (« sans qu'il y ait eu d'engany », sans tromperie).
Les moyens du Sr. Caro sont écartés comme « dépourvus de sens » au regard de ces motifs. Le Tribunal relève en particulier que le requérant reconnaissait lui-même, en réponse à une question sur faits, que son avocate l'avait averti « expressément et à plusieurs reprises » du caractère exceptionnel de l'accord de pension compensatoire et l'avait invité à y réfléchir. Il estime enfin que l'intéressé ne peut contester ce qu'il a antérieurement consenti.
Le dispositif est le suivant (traduction fidèle du catalan) :
« DÉSESTIMER L'INCIDENT de nullité de la Sentence de cette Sala du 18 novembre passé, formé par le Sr. Caro, et LUI IMPOSER les dépens de cet incident. »
La décision est rendue « définitivement jugeant
Aute
AUTE DE 22 DE DESEMBRE DE 2004
Nul·litat d'actuacions : no escau l'incident de nul·litat d'actuacions quan s'al·lega incongruència
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El dia 18 de novembre passat aquesta Sala va dictar una Sentència en què, en resoldre el recurs d'apel·lació interposat per la Sra. Durán, el va estimar i va acordar que el Sr. Caro havia de pagar a la Sra. Durán una pensió compensatòria de 200 euros mensuals en els termes que la Sentència va concretar.
II.- El Sr. Caro, disconforme amb tal resolució, presenta ara un incident de nul·litat de la mateixa. Se n'ha donat trasllat a l'altra part, la qual l'impugna i en demana la desestimació.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté.
FONAMENTS DE DRET
I.- Contràriament al que al·lega l'impugnant, aquesta Sala entén que la Sentència que va dictar el dia 18 de novembre passat en resoldre el recurs d'apel·lació, va ser perfectament congruent amb les peticions de les parts, amb els motius del recurs i amb els pertinents de la seva impugnació.