I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 18 mars 2004 (ROJ : ATSJAD 124/2004, ECLI:AD:TSJADAD:2004:124A)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 18 mars 2004, ROJ ATSJAD 124/2004, ECLI:AD:TSJADAD:2004:124A (référence complétée à partir du texte de la décision) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les parents d'un enfant, né le 6 juin 1998, se trouvaient en situation de crise matrimoniale. Deux procédures connexes, enregistrées sous les numéros B-1235-1/2002 et 1236-2/2002, ont été jointes. La première, introduite par la mère, Mme Garzón, sollicitait des mesures de garde et de custodie de l'enfant. La seconde, introduite par le père, M. Carretero, portait sur le même objet.
Le Batlle, juge unipersonnel de première instance, a rendu une sentence le 21 juillet (année non précisée dans la décision). Il a :
- attribué la garde et la custodie de l'enfant au père, en maintenant la pàtria potestat partagée entre les deux progéniteurs ;
- attribué au père et à l'enfant l'usage du domicile familial ;
- fixé une pension alimentaire de 350 euros mensuels à la charge de la mère ;
- établi un droit de visite en faveur de la mère, « el més ampli possible » ;
- laissé les dépens à la charge de chaque partie.
La mère a interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Tribunal Superior de Justícia) a statué sur ce recours. Le magistrat rapporteur était M. Antoni Bruguera Manté, et la formation comprenait également MM. Joan Manel Abril Campoy et Jean Louis Vuillemin, ce dernier présidant la formation.
Le dossier contenait plusieurs expertises. Le docteur Mena, psychiatre, avait conclu qu'il n'était pas recommandé, à ce moment, que l'enfant cesse de vivre avec son père, sous réserve de garantir la continuité du lien avec la mère. La psychologue clinicienne Palmer exprimait un avis concordant. Le rapport conjoint des docteurs Gaya (psychiatre) et Calderón (psychologue infantile) relevait que la relation et la cohabitation avec le père étaient « del tot adequada », que le père offrait stabilité, attention et affection, et que la relation avec la mère était « adequada i necessària ».
La mère a reconnu, en réponse à une position de l'interrogatoire, avoir décidé avec le père que l'enfant continuerait à vivre chez son père, un droit de visite étendu ayant été établi ver
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Determinació de la guarda i custòdia del fill en les situacions de crisi matrimonial »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 18 de març del 2004 - ROJ: ATSJAD 124/2004 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 18 mars 2004 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
SENTÈNCIA de 18 de març de 2004
Determinació de la guarda i custòdia del fill en les situacions de crisi matrimonial
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En els autes del judici civil núm. B-1235- 1/2002 en demanda de mesures de guarda i custodia de menor, instades per la Sra. Garzón contra el Sr. Carretero, a les quals s'hi acumulà el procediment 1236-2/2002 sobre el mateix instat per aquest darrer contra la primera, en data 21 de juliol últim l'Hble. Batlle, actuant en Tribunal Unipersonal, va dictar una Sentència en la qual va decidir:
"Primer.- Atribuir la guarda i custòdia del fill comú, Daza al pare, mantenint la pàtria potestat compartida entre ambdós progenitors, i atribuint l'ús del domicili abans comú al pare i al fill.
Segon.- Fixar una pensió d'aliments de la mare envers el fill per la quantitat de 350 EUR mensuals, a pagar a l'avança durant els cinc primers dies de cada mes, d'acord amb l'especificat en el IV CONSIDERANT de la present resolució.
Tercer.- Establir un règim de visites a favor de la mare envers el seu fill, que serà el més ampli possible, segons el dit en el IV CONSIDERANT de la present resolució.