I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 10 de febrer del 2005 (ROJ : ATSJAD 97/2005 ; ECLI:AD:TSJADAD:2005:97A)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justicia d'Andorra, Sala Civil, 10 février 2005, ROJ : ATSJAD 97/2005 – ECLI:AD:TSJADAD:2005:97A, recours n° 170/04 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les parties sont un couple marié, Mme Vives et M. Talavera, dont la séparation a été prononcée dans le cadre d'une procédure de séparation judiciaire suivie selon la procédure abrégée. Une fille mineure, née le 25 août 2001, est issue de cette union. Le jugement de première instance, rendu par le Batlle (juge unipersonnel) à une date dont l'année n'est pas précisée dans la décision (« 26 de juliol últim »), a déclaré la séparation, attribué l'autorité parentale conjointe, confié la garde à la mère avec un droit de visite au père, et fixé la pension alimentaire à la charge du père à 150,25 euros mensuels, sans imposition de dépens.
Seule la fixation de la pension alimentaire est contestée par Mme Vives, qui interjette appel. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justicia rappelle qu'elle avait antérieurement, par arrêt du 23 octobre 2003, confirmé une ordonnance du Batlle du 27 février 2003. Elle relève que la requérante invoquait à tort un précédent ayant fixé la pension à 200 euros mensuels : la Sala précise que, faute de convention homologuée par le Batlle au sens de l'article 61.2 de la Llei qualificada del matrimoni, les époux devaient suivre la voie contentieuse, de sorte qu'aucun pronostic antérieur n'avait fixé ce montant.
Le juge de première instance a retenu, en substance, les éléments suivants : un salaire modeste de M. Talavera (1 084,59 euros mensuels en novembre 2003), le paiement d'une pension de 90,15 euros mensuels pour chacun des deux enfants issus d'une autre relation, la prise en charge partielle des dépenses du logement qu'il occupe, et l'acceptation antérieure par Mme Vives, dans une convention de séparation du 17 juin 2002, d'une pension de 90,15 euros. Il a également relevé que Mme Vives partage les charges mensuelles avec la personne avec laquelle elle cohabite. Ces constats sont fondés, selon la décision, sur des pièces versées aux débats, des témoignages et l'aveu judiciaire de l'appelante.
Question de droit
La question posée à la Sala est double :
- Le montant de la contribution alimentaire mise à la charge du père, tel que fixé en première instance, est-il fondé au regard de la situation économique réelle de chacun des parents ?
- L'acceptation antérieure, par la mère, d'un montant inférieur dans une convention de séparation, lie-t-elle le juge et fait-elle obstacle à une fixation supérieure ?
La décision ne développe pas de critères généraux d'évaluation de la pension alimentaire. Elle se borne à renvoyer à
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Determinació de la pensió per aliments a favor dels fills en les situacions de crisi matrimonial »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 10 de febrer del 2005 - ROJ: ATSJAD 97/2005 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 10 février 2005 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
SENTÈNCIA DE 10 DE FEBRER DE 2005
Determinació de la pensió per aliments a favor dels fills en les situacions de crisi matrimonial
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En els autes del judici civil núm.B-1716-1/003 sobre separació matrimonial, tramitats pel procediment abreujat, seguit per la senyora Vives contra el senyor Talavera, en data 26 de juliol últim, l'Hble. Batlle, actuant com a Tribunal Unipersonal, va dictar una sentència en la qual va declarar la separació dels consorts, la pàtria potestat de la filla menor, (nascuda el 25 d'agost de 2001), compartida per ambdós progenitors, la guarda i custòdia a favor de la mare amb el règim de visites a favor del pare que la sentència assenyalà, i va fixar amb càrrec a aquest la quantitat de 150,25 euros mensuals com a pensió per a la filla menor esmentada Palau "per les raons exposades en el VI CONSIDERANT de la present resolució"; i no va fer imposició de costes a cap de les parts. I el VI CONSIDERANT a què es remet la part decisòria de la sentència apel·lada diu::
"VI CONSIDERANT.- Que d'acord amb la prova documental practicada (folis 13 a 22) i (folis 23 i 24, 37 a 54) i d'acord amb l'interessat pel Ministeri Fiscal (foli 99) la pensió d'aliments a càrrec del pare envers la filla, s'ha de fixar en 150,25 Euros mensuals que haurà de pagar a la mare durant els cinc primers dies de cada mes i es modificarà automàticament d'acord amb les variacions de l'I.P.C fixat anualment pel M.I. Govern d'Andorra. I això perquè ha quedat provat que el salari actual del Sr. Talavera és molt baix, essent de 1.084,59 Euros mensuals al mes de novembre del 2003 (foli 47) i amb el qual ha de fer front a les seves mínimes despeses personals i sobre tot, perquè ha de pagar la pensió d'aliments a altres dos fills menors haguts en una altra relació, per l'import de 90,15 Euros mensuals per cadascun d'ells (foli 52) el que fa que la seva situació econòmica no li permeti afrontar una pensió d'aliments per l'import sol·licitat per la demandant, la qual té un salari similar al del Sr. Talavera al mateix mes de novembre del 2003 (foli 65), i la qual en data 17 de juny del 2002, en signar el Conveni Regulador de la separació per davant del Servei de Mediació familiar va acceptar la pensió alimentosa de la filla en l'import de 90,15 Euros en conèixer la precària situació econòmica del Sr. Talavera, i que a més en conviure amb una altra persona comparteix les despeses mensuals amb ella, com són el pagament del lloguer i altres (confessió en judici de la Sra. Vives, foli 68, posicions 1, 2 i 3).