I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (ATSJAD 106/2005)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD 106/2005) (Lire sur source officielle)
Juridiction : Tribunal Superior de Justicia d'Andorra, Sala Civil (Andorre-la-Vieille) Date : 19 mai 2005 Numéro de recours : 77/05 ECLI : ECLI:AD:TSJADAD:2005:106A Rapporteur : Antoni Bruguera Manté Matière : bail d'immeuble urbain, local à usage commercial, durée et reconduction du contrat, expulsion, obligations de remise en état
Faits et procédure
Un contrat de bail portant sur un local destiné à une activité commerciale (« local per a negoci ») a été conclu le 1er novembre 1989. Il était consenti pour une durée de cinq ans et prévoyait une reconduction tacite « par périodes égales et successives » de cinq ans, sauf dénonciation écrite par l'une des parties trois mois avant l'expiration. Le terme initial expirait le 31 octobre 1999, et les deux reconductions tacites de cinq ans arrivaient à échéance le 31 octobre 2004.
Le bailleur a fait délivrer un congé préalable, puis a introduit, le 4 novembre 2004, une action en expulsion fondée sur l'arrivée du terme, assortie d'une demande en paiement. Par jugement du 3 février (le texte indique « 3 de febrer últim », sans autre précision de l'année), le Batlle, siégeant en juge unique, a :
- déclaré résilié le contrat pour arrivée du terme à compter du 31 octobre 2004 ;
- condamné la locataire à verser une indemnité de 356,35 euros par mois à compter du 1er novembre 2004, jusqu'à la restitution de la possession ;
- ordonné la libération du local, « libre, vide et en bon état » ;
- rejeté les autres prétentions du demandeur, sans condamnation aux dépens.
Les deux parties ont interjeté appel. La locataire contestait le principe même de l'expulsion ; la bailleresse critiquait le rejet de ses demandes relatives à la remise en état des lieux et à l'indemnité d'occupation. La Sala Civil a rejeté les deux recours et confirmé le jugement.
Question de droit
La décision soulève trois questions.
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Contracte d'arrendament de finques urbanes: determinació de la durada del contracte d'arrendament de local per a negoci.- Obligació a càrrec de l'arrendatari de pagar l'import de les obres i reparacions del local a l'extinció del contracte: necessitat d'acreditar la necessitat de realitzar aquestes obres i reparacions »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 19 de maig del 2005 - ROJ: ATSJAD 106/2005 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 mai 2005 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
SENTÈNCIA DE 19 DE MAIG DE 2005
Contracte d'arrendament de finques urbanes: determinació de la durada del contracte d'arrendament de local per a negoci.- Obligació a càrrec de l'arrendatari de pagar l'import de les obres i reparacions del local a l'extinció del contracte: necessitat d'acreditar la necessitat de realitzar aquestes obres i reparacions
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté i M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En els autes de núm. B-2354-4/04, tramitats pel procediment de la Llei d'arrendaments de finques urbanes en demanda de desnonament i en reclamació de quantitat, instat per la Sra. Vaquero contra la Sra. Porras, en data 3 de febrer últim l'Hble. Batlle, actuant com a Tribunal Unipersonal, va dictar una Sentència en la qual va decidir estimar parcialment la demanda, declarar resolt i extingit per arribada del termini el contracte d'arrendament d'autes a comptar del 31 d'octubre de 2004 i condemnar la defenent a pagar a la demandant una indemnització de 356,35 euros/mes a comptar de l'1 de novembre del 2004 i fins el retorn de la possessió ; a deixar el local lliure, vacu i en bon estat ; desestimar els restants pediments de la part actora , i no fer especial condemna en costes.
II.- Disconformes les dues parts amb tal resolució, varen formular sengles recursos d'apel·lació els quals han estat tramitats d'acord amb la llei.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Antoni Bruguera Manté.