I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD Civil, 24 septembre 2009, ATSJAD 165/2009 (ECLI:AD:TSJADAD:2009:165A)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), 24 septembre 2009, ATSJAD 165/2009, ECLI:AD:TSJADAD:2009:165A, recours n° 101/09 (Lire sur source officielle)
Note sur la référence : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été complétée à partir de l'en-tête du texte intégral (ROJ, ECLI, numéro de recours).
Faits et procédure
Un convenio regulador de mesures paternofiliales (convention de mutuel accord relative aux mesures concernant l'enfant) a été signé le 27 octobre 2008 entre M. Alcalá et Mme Castilla. Cette convention attribuait la garde et la tutelle de leur fils, né de leur relation de couple, exclusivement au père, au motif que la mère était, selon le texte, incapable d'assumer cette responsabilité en raison d'une maladie mentale de caractère psychopathique (f. 21).
Le 26 février 2009, les deux parties ont présenté une demande conjointe d'approbation de cette convention. Y étaient joints trois éléments : un rapport du psychologue clinicien M. Escolano, daté du 23 janvier 2009, évoquant un possible trouble de la personnalité limite (f. 29) ; un rapport du Dr Ropero, daté du 11 février 2009, faisant état d'un « profil de personnalité » marqué par l'immaturité, l'instabilité émotionnelle et des traits passifs-dépendants, et recommandant que la mère n'assume pas pleinement la garde de sa fille (f. 30) ; enfin, pour l'enfant, un âge d'un an et demi à l'époque.
Par sentence du 2 avril 2009, l'Hble Batlle a approuvé la convention, qui a été incorporée au dispositif et dont les parties ont été déclarées tenues au strict respect, sans pronunciament sur les dépens.
Mme Castilla a interjeté appel. Elle demandait la révocation de la sentence avec condamnation de la partie adverse aux dépens ou, subsidiairement, le renvoi de l'affaire en première instance afin que chaque partie puisse ratifier la convention. Elle soutenait avoir consenti sous l'effet d'un état dépressif causé par les difficultés de la vie commune, exploité par M. Alcalá, dont les manœuvres dolosives l'auraient rendue victime (antecedentes III). À l'appui de ses prétentions, elle produisait un rapport du Dr Daza, daté du 3 juin 2009, concluant à un trouble d'adaptation mixte avec anxiété et dépression, sans motif psychologique faisant obstacle à la prise en charge de son fils.
La Sala Civil, composée de MM. Vuillemin (président), Abril Campoy et Mme Amat Llari (ponente), a rejeté l'appel.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si un état psychologique allégué au moment de la signature d'une convention parentale pouvait caractériser un vice du consentement affectant sa validité, et si la présentation conjointe de la convention en vue de son approbation valait ratification. Accessoirement, il lui revenait d'apprécier le bien-fondé d'un renvoi en première instance.
Trois questions connexes se présentaient :
- La capacité et le discernement : un trouble psychologique suffit-il à remettre en cause l'aptitude à consentir, et selon quel degré de gravité ?
- La cohérence des positions : le recourant peut-il soutenir simultanément que le trouble était léger (pour contester le diagnostic retenu) et qu'il était assez grave pour vicier le consentement ?
- L'effet de la présentation conjointe : le fait de soumettre la convention à l'homologation quatre mois après sa
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 24 de setembre de 2009 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 24 de setembre del 2009 - ROJ: ATSJAD 165/2009 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 26 de febrer del 2009 la representació processal del Sr. Alcalá i de la Sra. Castilla va formular demanda d'aprovació del conveni regulador de mesures paternofilials signat pels seus mandants en data 27 d'octubre del 2008. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 24 septembre 2009 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-101/09
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 24 de setembre de 2009 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 26 de febrer del 2009 la representació processal del Sr. Alcalá i de la Sra. Castilla va formular demanda d'aprovació del conveni regulador de mesures paternofilials signat pels seus mandants en data 27 d'octubre del 2008.
II.- La Sentència dictada per l'Hble. Batlle en data 2 d'abril del 2009 va decidir aprovar el dit conveni, que incorporava a la part dispositiva de la mateixa, quedant les parts obligades al seu estricte compliment, sense efectuar cap pronunciament respecte de les costes judicials.
III.- Contra l'esmentada resolució formula recurs d'apel·lació la representació processal de la Sra. Castilla i, en virtut de les seves conclusions, demana la seva revocació amb imposició de costes a la part contrària o, subsidiàriament, que es retrocedeixin els autes a la instància per tal que cadascuna de les parts pugui ratificar el conveni al què van arribar en el seu moment, ja que la seva mandant el va signar com a conseqüència de l'actuació dolosa del Sr. Alcalá que la va fer víctima de nombroses maniobres d'engany i maquinacions insidioses.