Résumé éditorial
# ATSJAD Andorre, 19 novembre 2009 (ROJ : ATSJAD 205/2009)
> Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD, Civil, 19 novembre 2009, ROJ : ATSJAD 205/2009, ECLI:AD:TSJADAD:2009:205A) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
La décision émane de la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, siégeant à Andorre-la-Vieille sous la présidence de M. Jean Louis Vuillemin, avec les magistrats Joan Manel Abril Campoy et Eulàlia Amat Llari. Le recours est référencé A012/09 (TSJC-012/09). Les métadonnées identifient M. Vuillemin comme ponent, tandis que le corps de la décision indique que le magistrat ponent est M. Joan Manel Abril Campoy. Cette divergence n'est pas résolue par le texte (non précisé dans la décision pour l'identité définitive du rapporteur).
Les faits procéduraux sont les suivants. Par un Aute du 24 avril 2008, la Sala a rejeté un incident de nullité d'actuacions présenté par la société Zapata et l'a condamnée aux dépens de l'incident. Un Aute du 23 octobre 2008 a partiellement fait droit à un recours en clarification, en corrigeant des erreurs matérielles affectant le fallo d'une sentence du 14 février 2008. Cette sentence avait condamné MM. Badía et Alfaro à payer à Zapata la somme de 189.714 euros, assortie d'intérêts, sous déduction de sommes non précisées.
La société Araujo a formé, le 7 janvier 2009, une impugnation des honoraires de l'avocat relatifs à l'incident de nullité. Les défendeurs à l'impugnation ont conclu au rejet. Le Col·legi d'Advocats d'Andorra, saisi pour avis, a fixé le 14 juillet 2009 les honoraires de la procédure incidentelle à 6.800,03 euros. Les parties ont formulé des allégations les 29 juillet et 2 septembre 2009.
La désignation des parties varie entre les passages de la décision (Zapata, Araujo, Badía et Alfaro), ce qui ne permet pas toujours d'identifier avec certitude le rôle de chacune dans la procédure de fixation des honoraires.
## Question de droit
Le litige pose deux questions liées. La première est de savoir si l'incident de nullité d'actuacions, qui tendait à la rétroaction de la procédure pour violation du droit à la juridiction, doit être traité comme un procès sans quantia, c'est-à-dire sans valeur pécuniaire déterminable. La seconde est de déterminer la base de calcul des honoraires lorsque la sentence dont l'exécution est en cause fixe une somme principale, mais renvoie à des déductions dont le montant n'est pas précisé.
Ces questions conduisent la Sala à articuler la fixation des honoraires avec les « normes orientadores » d'application des honoraires professionnels, c'est-à-dire les règles indicatives utilisées en Andorre pour la détermination des honoraires d'avocat. La décision mobilise en particulier les normes 12.1 et 17.1, sans que le texte n'en reproduise le contenu.
## Solution et dispositif
**Premier motif (rejeté).** La Sala écarte l'assimilation de l'incident à un procès sans quantia. Elle relève que, selon les normes orientadoires, la valorisation des honoraires d'un incident de nullité d'actuacions se fait d'après les jugements contradictoires, avec une réduction de 60 %. Elle constate en outre que la demande et la reconvention formulent des prétentions chiffrables économiquement. Le motif est donc rejeté.
**Second motif (accueilli).** Le Col·legi d'Advocats avait retenu comme base de calcul le montant de la sentence, en invoquant la disproportion objective entre les prétentions des parties et le dispositif. La Sala partage cette conclusion sur le principe, mais non sur sa concrétisation. Elle relève que le dispositif de la sentence fixe une somme de 189.714 euros, avec intérêts, « de la qual s'han de deduir » d'autres sommes non précisées. Elle en déduit que le montant de référence est 189.714 euros, la détermination des déductions étant renvoyée à l'incident d'exécution de sentence.