ATSJAD ANDORRA, a 29 d'abril del 2010 - ROJ: ATSJAD 83/2010
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé29 avril 2010
NuméroA279/09
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD 83/2010, Sala Civil, 29 avril 2010
> Décision commentée : ATSJAD 83/2010, 29 avril 2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:83A ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/)). *Référence complétée à partir du texte intégral, la fiche initiale ne mentionnant qu'une juridiction et des tirets.*
## Faits et procédure
Les créancières, M^me^ Carranza et M^me^ Sanz, ont engagé, par écrits des 19 novembre 2007 et 9 mai 2008, une procédure d'exécution contre M. Ricart. Elles réclamaient des pensions alimentaires et des dépenses extraordinaires.
M. Ricart s'est opposé à l'exécution le 16 mai 2008. Par un *Aute* du 9 octobre 2009, le juge de première instance (l'Hble. Batlle) l'a condamné à acquitter la somme globale de 2 810,96 euros. Ce montant se décomposait en pensions des mois de mai à septembre 2007 (1 465,40 euros) et en contribution pour moitié aux dépenses extraordinaires (783,06 et 562,50 euros). Le juge a assorti cette injonction de la menace d'une exécution forcée sur les biens du débiteur.
Les deux parties ont interjeté appel. Le débiteur soutenait que la procédure choisie était inadéquate, que la bénéficiaire avait renoncé aux sommes réclamées et qu'il n'y avait pas lieu de le condamner aux dépens. Les créancières demandaient, pour leur part, l'ajout d'une dépense médicale de 101,05 euros, l'extension de la contribution aux loyers d'un logement à Barcelone au-delà de septembre 2007, et la mise des dépens à la charge du débiteur.
La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (rapporteur : M. Joan Manel Abril Campoy) était saisie de ces recours, enregistrés sous le numéro A279/09. Elle a statué par un *Aute* (ordonnance) définitif.
## Question de droit
La décision soulève cinq questions, dont la portée inégale appelle des développements différenciés.
1. **La régularité du choix de la voie procédurale.** Le débiteur soutenait que la voie de l'exécution était inadéquate, s'agissant d'une question d'ordre public procédural. La question est de savoir si une erreur de tramitation entraîne nécessairement la nullité des actes.
2. **La renonciation à des prestations alimentaires.** La créancière avait déclaré, lors d'une diligence de comparution du 17 avril 2007, ne pas accepter le montant offert au titre de la pension d'avril 2007, ni aucune somme future. La question est de savoir si l'alimentaire majeur peut renoncer à des pensions alimentaires.
3. **L'assiette des dépenses extraordinaires.** Il s'agit de déterminer si les frais médicaux doivent être inclus dans la contribution, et si le coût d'un logement à Barcelone doit être mis à la charge des parents au-delà de la date retenue en première instance.
4. **La condamnation aux dépens** de l'instance d'exécution et de l'appel.
## Solution et dispositif
**Sur la régularité de la procédure.** La Sala confirme la solution du premier juge. Elle admet que les règles qui canalisent les prétentions des parties vers tel ou tel procès sont habituellement d'ordre public. Elle affirme toutefois que l'erreur de tramitation n'entraîne pas nécessairement la nullité des actes et de l'introduction de la procédure correspondante, dès lors que le droit de défense n'a subi aucun préjudice et que des considérations d'économie procédurale le commandent. Ces deux conditions étant réunies en l'espèce, le premier moyen est rejeté.
**Sur la renonciation.** La Sala rejette le second moyen et pose le principe selon lequel le droit aux aliments participe de la nature d'ordre public. Il est, malgré son contenu patrimonial, insaisissable, incessible
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 29 d'abril del 2010 - ROJ: ATSJAD 83/2010
ATSJAD 83/2010, Sala Civil, 29 avril 2010
Reproduction verbatim
Décision commentée : ATSJAD 83/2010, 29 avril 2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:83A (Lire sur source officielle). Référence complétée à partir du texte intégral, la fiche initiale ne mentionnant qu'une juridiction et des tirets.
Faits et procédure
Les créancières, M^me^ Carranza et M^me^ Sanz, ont engagé, par écrits des 19 novembre 2007 et 9 mai 2008, une procédure d'exécution contre M. Ricart. Elles réclamaient des pensions alimentaires et des dépenses extraordinaires.
M. Ricart s'est opposé à l'exécution le 16 mai 2008. Par un Aute du 9 octobre 2009, le juge de première instance (l'Hble. Batlle) l'a condamné à acquitter la somme globale de 2 810,96 euros. Ce montant se décomposait en pensions des mois de mai à septembre 2007 (1 465,40 euros) et en contribution pour moitié aux dépenses extraordinaires (783,06 et 562,50 euros). Le juge a assorti cette injonction de la menace d'une exécution forcée sur les biens du débiteur.
Les deux parties ont interjeté appel. Le débiteur soutenait que la procédure choisie était inadéquate, que la bénéficiaire avait renoncé aux sommes réclamées et qu'il n'y avait pas lieu de le condamner aux dépens. Les créancières demandaient, pour leur part, l'ajout d'une dépense médicale de 101,05 euros, l'extension de la contribution aux loyers d'un logement à Barcelone au-delà de septembre 2007, et la mise des dépens à la charge du débiteur.
La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (rapporteur : M. Joan Manel Abril Campoy) était saisie de ces recours, enregistrés sous le numéro A279/09. Elle a statué par un Aute (ordonnance) définitif.
Question de droit
La décision soulève cinq questions, dont la portée inégale appelle des développements différenciés.
La régularité du choix de la voie procédurale. Le débiteur soutenait que la voie de l'exécution était inadéquate, s'agissant d'une question d'ordre public procédural. La question est de savoir si une erreur de tramitation entraîne nécessairement la nullité des actes.
La renonciation à des prestations alimentaires. La créancière avait déclaré, lors d'une diligence de comparution du 17 avril 2007, ne pas accepter le montant offert au titre de la pension d'avril 2007, ni aucune somme future. La question est de savoir si l'alimentaire majeur peut renoncer à des pensions alimentaires.
L'assiette des dépenses extraordinaires. Il s'agit de déterminer si les frais médicaux doivent être inclus dans la contribution, et si le coût d'un logement à Barcelone doit être mis à la charge des parents au-delà de la date retenue en première instance.
La condamnation aux dépens de l'instance d'exécution et de l'appel.
Solution et dispositif
Sur la régularité de la procédure. La Sala confirme la solution du premier juge. Elle admet que les règles qui canalisent les prétentions des parties vers tel ou tel procès sont habituellement d'ordre public. Elle affirme toutefois que l'erreur de tramitation n'entraîne pas nécessairement la nullité des actes et de l'introduction de la procédure correspondante, dès lors que le droit de défense n'a subi aucun préjudice et que des considérations d'économie procédurale le commandent. Ces deux conditions étant réunies en l'espèce, le premier moyen est rejeté.
Sur la renonciation. La Sala rejette le second moyen et pose le principe selon lequel le droit aux aliments participe de la nature d'ordre public. Il est, malgré son contenu patrimonial, insaisissable, incessible
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC- 279/09
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, al 29 d'abril de 2010.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrits de 19-11-2007 i 9-05-2008 la representació processal de les Sres. Carranza i Sanz va instar l'execució contra el Sr. Ricart pels imports relatius a pensions d'aliments i despeses extraordinàries.
El Sr. Ricart va oposar-se a l'execució per escrit de 16-05-2008.
II.-L'Hble. Batlle va dictar Aute, de data 9-10- 2009, essent la seva part decisòria la que segueix: "DECIDEIX: Primer.- Requerir al Sr. Ricart per tal que en el termini de quinze dies a comptar de la notificació de la present, faci efectiva la quantitat global de 2.810,96 euros en concepte de pensions alimentoses dels mesos de maig a setembre del 2007 (1.465,40 euros) i de contribució a la meitat de les despeses extraordinàries (783,06 i 562,50 euros), amb l'advertiment que en cas d'incompliment, es procedirà a l'execució forçosa sobre els seus béns.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A279/09 — Décision commentée
III.- Ambdues parts litigants han interposat recurs contra la resolució d'instància. Així, el defenent va articular llur escrit de conclusions, de data 1-02-2010, en virtut del qual i pels motius continguts en el mateix sol·licita la revocació de l'Aute. Per la seva part, l'agent formula, en la mateixa data, escrit de conclusions, segons el qual i pels arguments que hi conté demana la revocació de la sentència d'instància. Consta a les actuacions que ambdues parts han contestat a les conclusions, segons escrit de 24-02-2010, la part defenent, i 23-02-2010, la part agent, en els que sol·liciten la desestimació dels recursos interposats de contrari.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy.
FONAMENTS DE DRET
I.- L'estudi dels dos recursos interposats contra l'Aute dictat a la instància, requereix analitzar separadament els mateixos, en ares de donar compliment al deure de congruència i assolir la claredat expositiva necessària (arg. Arts. 10 i 86 C.A.).
Des d'aquesta òptica, la part defenent fonamenta el seu recurs, en primer terme, en el fet que el procediment de reclamació no és l'adequat i, per tant, procedeix la desestimació de l'incident, tota vegada que es tracta d'una qüestió d'ordre públic.
El present motiu no pot prosperar. És cert, com indica el recurrent, que les normes que estableixen la canalització de les pretensions de les parts a través de diferents processos són habitualment normes d'ordre públic, de manera que es troben fora de l'autonomia de la voluntat de les parts. Però també, correspon posar de manifest, i aquesta Sala ja ho ha fet en diferents ocasions, que l'errada en la tramitació d'un procés no comporta necessàriament la nul·litat d'actuacions i l'inici del corresponent procediment, quan s'acredita que no s'ha produït cap menyscapte al dret de defensa de les parts litigants i les raons d'economia processal ho aconsellen. I aquestes dues raons concorren en el present supòsit i així han estat apreciades pel jutjador d'instància en el seu primer Atès, per la qual cosa procedeix confirmar aquest extrem i refusar el primer motiu de recurs.
II.- El segon motiu de recurs que esgrimeix la part defenent rau en que existeix una renúncia expressa per part de la beneficiària de les prestacions alimentàries, la Sra. Sanz, a les sumes reclamades, de forma que aquesta és plenament vàlida i eficaç.
Consta a les actuacions, la diligència de compareixença de la Sra. Sanz, per la qual manifesta, en data 17-04-2007, literalment el que segueix: "...se li ofereix la quantitat de dos-cents noranta-tres euros amb vuit cèntims (293,,08.-EUR) en concepte de pensió per aliments del mes d'abril del 2.007, manifestant la compareixent que no accepta dita quantitat en el concepte esmentat, ni acceptarà cap altra quantitat que sigui dipositada en el futur".
El jutjador a quo entén que es podia renunciar a la pensió d'aliments ja vençuda del mes d'abril, per part de l'alimentista major d'edat, però no a les pensions no vençudes, atès que aquestes són d'ordre públic i, per tant, irrenunciables. I aquest argument s'ha de mantenir per part d'aquesta Sala. En efecte, el dret d'aliments participa de la natura i caràcter d'ordre públic (Cfr. ATSJA de 27-04-1995 i 15-02- 1996), de forma que, malgrat el seu contingut patrimonial, és inembargable, intransmissible, i irrenunciable, tota vegada que el mateix s'adreça a donar cobertura a les necessitats bàsiques de la persona i possibilitar el seu desenvolupament integral. Consegüentment, només es podran renunciar aquelles pensions d'aliments ja vençudes, tota vegada que no compleixen amb la funció abans explicitada. És per aquestes raons que procedeix el refús del motiu o greuge articulat pel recurrent.
El rebuig dels seus dos motius contra la resolució d'instància, comporta la desestimació íntegra del seu recurs.
III.- Quant al recurs interposat per la part que promou l'execució, els motius o greuges en els que fonamenta el mateix són, en essència, els que segueixen. En primer terme, entén que l'Aute exclou de les despeses extraordinàries la partida de despeses mèdiques, per import de 101,05 euros.
El jutge a quo refusa la inclusió d'aquesta partida per què entén que s'ha de donar lloc a l'abonament per meitat de les despeses extraordinàries que tenen a veure amb el trasllat de la filla a estudiar a Barcelona, però s'ha d'afegir, i modificar en aquest extrem, la resolució d'instància que, de conformitat amb el conveni de divorci homologat judicialment, les despeses mèdiques també s'han d'abonar per meitats (pacte sisè h), de manera que s'haurà d'incrementar la suma i donar lloc a la quantitat de 884,11 euros.
IV.- El segon motiu de greuge contra la resolució d'instància es troba en que s'hauria de condemnar a l'abonament, com a despesa extraordinària, de la meitat de despeses de lloguer a Barcelona no solament dels mesos de setembre i novembre de 2007, sinó fins la data que prengui augment la pensió d'aliments. Aquesta petició ha de ser atesa, no solament perquè la mateixa es conté en l'escrit de 9-05-2008, de forma que s'adequa al principi dispositiu i al deure de congruència dels Tribunals, sinó perquè en la resolució de l'incident de modificació aquesta Sala ha entès que l'augment de la pensió produeix efectes des del dictat de la sentència, de manera que correspon conceptuar aquestes despeses derivades del lloguer a Barcelona com a extraordinàries i satisfetes per meitat entre els progenitors fins que s'acordi, si s'escau,un augment de la pensió d'aliments que contempli aquesta partida com a extrem propi dels aliments de la filla Villegas.
V.- I, en darrer terme, sol·licita la recurrent que s'imposin les costes processals a la part defenent i ara també recurrent. Aquesta Sala considera que l'actitud del defenent de no abonar les despeses extraordinàries no pot trobar fonament en la "renúncia" de la seva filla, atès que aquesta solament es referia a la pensió d'aliments oferta i que la referència a que no acceptaria cap altra quantitat no podia motivar una desvinculació total del progenitor envers la seva filla, existint mecanismes, com la consignació, que podien evitar les conseqüències derivades de la manca de compliment. És en atenció a aquestes circumstàncies que en aquest procés d'execució, sí que s'ha constatat l'existència d'un venciment objectiu en relació a les pretensions exercitades i que totes elles tenen un clar component patrimonial, ja que totes responen a deutes del pare envers la filla, per la qual cosa s'accedeix també a aquest extrem i procedeix la imposició a la part defenent de les costes processals de la instància i les derivades de la desestimació del seu recurs, en atenció als considerants exposats. No s'escau , en canvi, efectuar imposició de les costes processals derivades de l'èxit del recurs de la part executant (arg. Novel·la 82, cap. X).
Decisio
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas.-
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
DECIDEIX
DESESTIMAR el recurs interposat per la representació processal del Sr. Ricart i ESTIMAR el recurs interposat per la representació processal de les Sres. Sanz i Carranza contra l'Aute, de data 9-10- 2009, i revocar la seva part decisòria en el sentit de modificar el primer punt de la mateixa, en el sentit de substituir la partida de 783,06 per la de 884,11 i de determinar que haurà d'abonar en concepte de despeses extraordinàries la meitat del cost del lloguer d'un pis a Barcelona des de setembre de 2007 i fins que es determini la modificació de la pensió d'aliments. Quant al segon extrem de la decisió, procedeix la seva modificació, en el sentit d'imposar al Sr. Ricart les costes processals del procés d'execució en la instància. Respecte de les costes d'aquesta alçada, s'escau imposar al recurrent Sr. Ricart les costes processals derivades de la desestimació del seu recurs. No procedeix, en canvi, efectuar imposició de les costes en relació a l'estimació del recurs interposat per la part executant.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.-