Résumé éditorial
# ATSJAD 165/2010 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 novembre 2010)
> Décision commentée : ATSJAD 165/2010, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 novembre 2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:165A ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note préalable : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est celle figurant dans le texte intégral (ROJ et ECLI). Il s'agit d'un « Aute » (décision interlocutoire) rendu dans le recours n° A075/10, intitulé « Incident de nul.litat (0075/10) ».*
## Faits et procédure
Le litige porte sur une communauté de copropriétaires organisée en « comunitat agrupada » (ensemble résidentiel regroupant plusieurs communautés). Une réunion tenue le 25 septembre 2008 avait procédé à l'élection de M. Gibert comme président de la communauté. Par jugement du 12 février 2010, le Tribunal de Batlles a déclaré nul l'accord adopté lors de cette réunion.
Par sentence du 28 octobre 2010, la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a rejeté l'appel formé par Mme Bueno, confirmé l'annulation et mis à sa charge la totalité des dépens.
Mme Bueno a alors formé un **incident de nullité d'actes** (*incident de nul·litat d'actuacions*) fondé sur trois moyens : une incongruence omissive (*incongruència omisiva*), une contravention à la loi sur la propriété horizontale (*Llei de Propietat Horitzontal*) et un défaut de motivation (*manca de fonamentació*).
Selon la décision, l'intéressée reprochait à la sentence de ne pas répondre à plusieurs questions soulevées tant en demande qu'en appel. Elle invoquait notamment la composition irrégulière de l'assemblée, l'absence de titre constitutif, la compétence limitée des organes de la communauté agrupée et la nécessité de majorités qualifiées. Le rapporteur était le magistrat Jean Louis Vuillemin, la formation comprenant également MM./Mmes Joan Manel Abril Campoy et Eulàlia Amat Llari.
## Question de droit
La Cour devait déterminer si, à l'appui d'un incident de nullité d'actes dirigé contre une sentence d'appel, une partie peut :
1. invoquer une incongruence omissive à raison de moyens qu'elle n'avait pas soulevés en première instance, ou en appel, de manière suffisamment précise ;
2. faire grief à la juridiction civile d'avoir mal interprété la loi sur la propriété horizontale ;
3. contester la motivation d'une sentence sur des points qu'elle juge insuffisamment explicités.
En filigrane, la question est celle de l'office du juge saisi d'un incident de nullité : contrôle de la régularité formelle de la décision, ou troisième degré de juridiction sur le fond.
## Solution et dispositif
La Sala Civil écarte les trois moyens.
**Sur l'incongruence omissive**, elle relève que plusieurs arguments n'avaient pas été présentés en première instance mais seulement en appel (ainsi de l'exigence d'une inscription professionnelle du secrétaire auprès du collège des agents et gestionnaires immobiliers, et de l'argumentaire sur les compétences des organes de la communauté agrupée). Elle