I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 65/2011 (ECLI:AD:TSJADAD:2011:65A)
Décision commentée : ATSJAD 65/2011 (ECLI:AD:TSJADAD:2011:65A) (Lire sur source officielle)
Juridiction : Tribunal superior de justícia d'Andorre, Sala civil (Tribunal supérieur de justice, chambre civile) Date : 14 avril 2011 Numéros du dossier : recurs A308/10 ; TSJC-308/10 Type de résolution : aute (ordonnance interlocutoire) Ponente : Mme Eulàlia Amat Llari Composition : M. Jean Louis Vuillemin (président), M. Joan Manel Abril Campoy, Mme Eulàlia Amat Llari
Faits et procédure
Par sentence du 10 juillet 2002, le tribunal a prononcé la séparation de corps des époux Puig et Pérez et homologué leur convention du 10 avril 2002. Cette convention prévoyait que les dépenses extraordinaires, nécessaires à l'éducation ou à la santé de l'enfant commun, seraient supportées par moitié par M. Puig, sur présentation du justificatif correspondant.
Le 4 juin 2010, Mme Pérez a demandé l'exécution de la sentence, s'agissant de la clause relative aux dépenses extraordinaires. Elle réclamait une somme de 5 695,87 euros pour la période allant de janvier 2007 au « 31 d'abril del 2010 » (sic dans la décision), ainsi que des montants complémentaires (441,44 euros, 47,16 euros d'honoraires de procureur et 36 euros de taxes judiciaires), outre les dépenses ultérieures à justifier. M. Puig s'est opposé à cette demande.
Par un aute du 1er octobre 2010, le batlle (juge de première instance) a refusé de faire droit aux demandes de Mme Pérez. Celle-ci a interjeté appel. À l'appui de son recours, elle produisait plusieurs documents attestant que M. Puig avait acquitté des dépenses de cantine, d'activités sportives et de frais médicaux pour l'enfant, et demandait leur admission.
Par un aute du 22 février 2011, la Sala civil a refusé d'incorporer, à titre de millor proveir (mesure d'instruction complémentaire) et à des fins probatoires, les documents nos 1 à 4 joints aux conclusions. Elle a réservé la question des dépens à la sentence finale.
Mme Pérez a alors formé un incident de nullité d'actuacions contre ce dernier aute, en sollicitant son annulation et le prononcé d'une nouvelle décision admettant les pièces. Elle soutenait que le refus la plaçait dans une situation de grave indéfense (défense impossible), dès lors qu'elle n'avait pas anticipé la contestation de M. Puig.
Question de droit
La question posée à la Sala civil était de savoir si le refus d'admettre, en appel et à titre de millor proveir, des pièces non produites en première instance peut constituer une violation du droit fondamental à la juridiction, garanti par l'article 10 de la Constitution andorrane, justifiant l'ouverture de l'incident de nullité prévu à l'article 18 bis, alinéa 3, de la Llei de modificació de la Llei transitòria de procediments judicials (loi de modification de la loi transitoire sur les procédures judiciaires).
Cette question suppose d'articuler trois éléments : (i) les conditions d'ouverture de l'incident contre une décision passée en force de chose jugée ; (ii) le régime de l'admission de preuves nouvelles en appel, régi par l'article 73 de la Llei transitòria de procediments judicials ; (iii) la
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 14 d'abril de 2011 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 14 d'abril del 2011 - ROJ: ATSJAD 65/2011 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per Sentència dictada en data 10 de juliol del 2002 es va decidir estimar la demanda conjunta promoguda pels consorts Srs. Puig i Pérez declarant la separació matrimonial dels esposos i homologant el conveni signat per ells en data 10 d'abril d'aquell any, que, pel que fa referència a les despeses extraordinàries i sempre necessàries per l'educació o bé la salut del fill del matrimoni, establia que aquestes serien suportades per meitat pel Sr. Puig prèvia presentació del rebut corresponent. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 14 avril 2011 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-308/10
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, a 14 d'abril de 2011 Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per Sentència dictada en data 10 de juliol del 2002 es va decidir estimar la demanda conjunta promoguda pels consorts Srs. Puig i Pérez declarant la separació matrimonial dels esposos i homologant el conveni signat per ells en data 10 d'abril d'aquell any, que, pel que fa referència a les despeses extraordinàries i sempre necessàries per l'educació o bé la salut del fill del matrimoni, establia que aquestes serien suportades per meitat pel Sr. Puig prèvia presentació del rebut corresponent.
II.- Mitjançant l'escrit presentat en data 4 de juny del 2010 la representació processal de la Sra. Pérez va formular demanda d'execució de l'esmentada Sentència pel que fa al pacte segon punt quart, relatiu al pagament de despeses extraordinàries del fill menor, ordenant que es fes efectiva al seu favor la quantitat de 5.695,87 euros per aquelles ocasionades des del mes de gener del 2007 fins el 31 d'abril del 2010, més altre import de 441,44 euros en aplicació de la norma d'orientació 13 en relació a les normes 17.2 i 12.1, més els honoraris de procurador per altre import de 47,16 euros i les taxes judicials pagades per l'import de 36 euros, anant afegint a l'anterior suma les despeses la meitat de les quals no pagués el Sr. Puig i que s'acreditarien amb la presentació del corresponent rebut, així com que es requerís al citat senyor per tal que complís la seva obligació de pagament dels conceptes abans esmentats, petició a la què es va oposar el Sr. Puig..