I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, Aute du 30 juin 2011 (ROJ ATSJAD 106/2011 ; ECLI:AD:TSJADAD:2011:106A)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, Aute du 30 juin 2011, ROJ ATSJAD 106/2011, ECLI:AD:TSJADAD:2011:106A, recours n° A097/11 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 5 novembre 2010, la requérante, M. Herrera, Mme Ropero et les sociétés andorranes Badía, SA et Bernat, SA sollicitent la réhabilitation de l'ensemble des débiteurs passifs d'une procédure concursale, dans laquelle ils avaient été déclarés en faillite. Par écrit du 30 novembre 2010, l'administration judiciaire de la faillite relève que les demandeurs n'établissent ni avoir satisfait à l'ensemble des obligations reconnues dans la procédure, ni l'existence d'un concordat ou d'un accord avec les créanciers.
Par un Aute du 27 janvier 2011, le Batlle ne donne pas suite à la demande. Les demandeurs interjettent appel et sollicitent la révocation de cette décision. L'administrateur judiciaire conclut à la confirmation, avec condamnation de la partie appelante aux dépens.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, composée du président Jean Louis Vuillemin et des magistrats Joan Manel Abril Campoy (rapporteur) et Eulàlia Amat Llari, est saisie de l'appel. La décision est classée dans la base comme un Aute de nature civile, et la matière est identifiée sous le titre « Fallida-rehabilitació del fallit ».
Les moyens d'appel sont au nombre de trois. Premièrement, les appelants soutiennent avoir remboursé totalement ou partiellement leurs créanciers, sans mauvaise foi, et invoquent la sécurité juridique. Deuxièmement, ils contestent l'interprétation de l'article 71 du Décret du 4 octobre 1969, qui n'exigerait selon eux qu'un paiement global des obligations et non de chaque créance. Troisièmement, ils invoquent l'article 27 de la Constitution andorrane (droit à la propriété privée), au motif que les mesures conservatoires ne prendraient jamais fin, et opposent la prescription triennale des créances commerciales à une absence de réhabilitation qu'ils qualifient d'indéfinie.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil est double. Il s'agit, d'une part, de déterminer les conditions de la réhabilitation du débiteur non frauduleux en matière concursale, et en particulier si l'article 71 du Décret du 4 octobre 1969 impose le paiement intégral de chaque créance reconnue ou seulement la satisfaction globale des obligations. D'autre part, il convient de savoir si le refus de réhabilitation méconnaît le principe de sécurité juridique, le droit de propriété garanti par l'article 27 de la Constitution, ou la prescription triennale des créances.
Le texte de l'article 71, reproduit par la juridiction, dispose :
« Els deutors no fraudulents podran éser rehabilitats, justificant el compliment íntegre del conveni aprovat pels seus creditors. A man
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 30 de juny del 2011 - ROJ: ATSJAD 106/2011 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 5-11-2010 la Sra. Cepeda, el Sr. Herrera i la Sra. Ropero i les mercantils andorranes Badía, SA i Bernat, SA sol·licitaven la rehabilitació de tots els subjectes passius del procediment concursal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 30 juin 2011 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-0097/11
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 30 de juny de 2011.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 5-11-2010 la Sra. Cepeda, el Sr. Herrera i la Sra. Ropero i les mercantils andorranes Badía, SA i Bernat, SA sol·licitaven la rehabilitació de tots els subjectes passius del procediment concursal.
L'administració judicial de la fallida, per escrit de data 30-11-2010, va informar que els sol·licitants de la rehabilitació no acreditaven haver procedit a la satisfacció de totes les obligacions reconegudes en el procediment concursal ni de l'existència de conveni o acord amb els creditors.
II.- L'Hble. Batlle va dictar Aute, de data 27-01- 2011, essent la seva part decisòria la que segueix: "DECIDEIX: No donar lloc a la sol·licitud formulada pel lletrat Sr. Sevillano, advocat dels Srs. Herrera, Cepeda i Ropero, i de les societats mercantils Badía, SA i Bernat, SA, en el seu escrit de data 5 de novembre del 2010, en el quin sol·licitava la rehabilitació dels seus representats".