ATSJAD ANDORRA, a 28 de febrer del 2012 - ROJ: ATSJAD 19/2012
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé28 février 2012
NuméroA291/11
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Juridiction andorrane, — (ROJ : ATSJAD 19/2012 ; ECLI:AD:TSJADAD:2012:19A)
> Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ROJ : ATSJAD 19/2012 ; ECLI:AD:TSJADAD:2012:19A) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
La présente décision émane de la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, statuant le 28 février 2012 sur le recours n° A291/11 formé contre un *Aute* du Batlle, rendu le 18 juillet 2011 dans le cadre d'une procédure d'exécution hypothécaire. Le titre exécutoire est une sentence ferme rendue par le Tribunal de Batlles le 24 octobre 2007 (texte fourni).
La société créancière, ORG_0, avait fait constater que trois ventes aux enchères publiques avaient été déclarées désertes. Elle sollicitait la tenue d'une quatrième adjudication. Par l'*Aute* attaqué, le Batlle a refusé de faire droit à cette demande. Il a en outre enjoint au créancier de manifester, dans un délai de quinze jours non prorogeable, sa volonté de se voir adjuger les unités immobilières pour une fraction du prix de sortie de la première vente, soit 191 665,22 euros, à défaut de quoi le bien serait restitué au débiteur saisi.
Le créancier a interjeté appel le 24 octobre 2011, en demandant la révocation de la décision et la production de preuves. Par *Aute* du 24 novembre 2011, la Sala a admis les documents produits et réservé la question des dépens.
## Question de droit
Le litige pose deux questions liées :
1. Le juge de l'exécution peut-il, sans disposition légale expresse, refuser une quatrième enchère et imposer un mode d'adjudication différent de celui pratiqué habituellement en matière hypothécaire ?
2. Dans quelle mesure le droit à la juridiction (article 10 de la Constitution andorrane, désigné « C.A. » dans le texte) permet-il d'interpréter la procédure existante, et où s'arrête cette interprétation ?
## Solution et dispositif
La Sala estime le recours. Elle retient que la décision de première instance a modifié la procédure d'exécution hypothécaire habituelle, telle qu'elle résulte de la pratique judiciaire et des preuves produites. Elle relève que le juge d'instance avait écarté une quatrième enchère avec une réduction de 20 % et fixé une adjudication au prix de la première vente, en contradiction avec cette pratique.
Le raisonnement s'appuie sur un précédent de la même Sala (rouleau 94/2011), qui avait censuré un mécanisme comparable : trois enchères au lieu de quatre ou cinq, une réduction de 10 % au lieu de 20 %, et une adjudication au prix de la première vente en cas de désertion. La Sala souligne que, si le juge chargé de l'exécution doit veiller à l'effectivité du droit à la juridiction et interpréter la pratique forense, il ne peut établir « un procediment específic i per ell dissenyat » pour l'exécution hypothécaire. Une telle démarche excéderait ses compétences, la réglementation de la procédure d'exécution relevant de la loi, et engendrerait une insécurité juridique, puisque chaque juridiction pourrait fixer des règles différentes.
La Sala précise toutefois que la procédure existante, fondée sur le Décret du 4 décembre 1986 relatif aux exécutions, doit être lue et interprétée conformément à l'article 10 C.A., dans le sens d'une protection du droit à une pleine juridiction et du droit de la défense. Elle rappelle également que l'exéc
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 28 de febrer del 2012 - ROJ: ATSJAD 19/2012
La présente décision émane de la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, statuant le 28 février 2012 sur le recours n° A291/11 formé contre un Aute du Batlle, rendu le 18 juillet 2011 dans le cadre d'une procédure d'exécution hypothécaire. Le titre exécutoire est une sentence ferme rendue par le Tribunal de Batlles le 24 octobre 2007 (texte fourni).
La société créancière, ORG_0, avait fait constater que trois ventes aux enchères publiques avaient été déclarées désertes. Elle sollicitait la tenue d'une quatrième adjudication. Par l'Aute attaqué, le Batlle a refusé de faire droit à cette demande. Il a en outre enjoint au créancier de manifester, dans un délai de quinze jours non prorogeable, sa volonté de se voir adjuger les unités immobilières pour une fraction du prix de sortie de la première vente, soit 191 665,22 euros, à défaut de quoi le bien serait restitué au débiteur saisi.
Le créancier a interjeté appel le 24 octobre 2011, en demandant la révocation de la décision et la production de preuves. Par Aute du 24 novembre 2011, la Sala a admis les documents produits et réservé la question des dépens.
Question de droit
Le litige pose deux questions liées :
Le juge de l'exécution peut-il, sans disposition légale expresse, refuser une quatrième enchère et imposer un mode d'adjudication différent de celui pratiqué habituellement en matière hypothécaire ?
Dans quelle mesure le droit à la juridiction (article 10 de la Constitution andorrane, désigné « C.A. » dans le texte) permet-il d'interpréter la procédure existante, et où s'arrête cette interprétation ?
Solution et dispositif
La Sala estime le recours. Elle retient que la décision de première instance a modifié la procédure d'exécution hypothécaire habituelle, telle qu'elle résulte de la pratique judiciaire et des preuves produites. Elle relève que le juge d'instance avait écarté une quatrième enchère avec une réduction de 20 % et fixé une adjudication au prix de la première vente, en contradiction avec cette pratique.
Le raisonnement s'appuie sur un précédent de la même Sala (rouleau 94/2011), qui avait censuré un mécanisme comparable : trois enchères au lieu de quatre ou cinq, une réduction de 10 % au lieu de 20 %, et une adjudication au prix de la première vente en cas de désertion. La Sala souligne que, si le juge chargé de l'exécution doit veiller à l'effectivité du droit à la juridiction et interpréter la pratique forense, il ne peut établir « un procediment específic i per ell dissenyat » pour l'exécution hypothécaire. Une telle démarche excéderait ses compétences, la réglementation de la procédure d'exécution relevant de la loi, et engendrerait une insécurité juridique, puisque chaque juridiction pourrait fixer des règles différentes.
La Sala précise toutefois que la procédure existante, fondée sur le Décret du 4 décembre 1986 relatif aux exécutions, doit être lue et interprétée conformément à l'article 10 C.A., dans le sens d'une protection du droit à une pleine juridiction et du droit de la défense. Elle rappelle également que l'exéc
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
AUTE
TSJC-291/11
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 28 de febrer de 2012.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En el marc del procediment d'execució de sentència ferma, dictada per l'Hble. Tribunal de Batlles en data 24-10-2007, la representació processal de la mercantil ORG_0 va posar de manifest que s'havien celebrat tres subhastes públiques, les quals havien estat declarades desertes. Per tant, sol·licitava que es volgués procedir a la celebració d'una quarta subhasta.
II.- Per Aute de data 18-07-2011, l'Hble. Batlle va acordar: "DECIDEIX: Primer.- No donar lloc a la pretensió formulada per la representació processal de l'entitat bancària ORG_0, part agent, en el sentit de procedir a la venda en quarta pública subhasta de les unitats immobiliàries: apartament planta primera, porta segona, escala X, de l'edifici X, situat al poble X, parròquia de La Massana, plaça d'aparcament assenyalada amb el número X i traster determinat amb el número X, situats a la planta soterrani número X de l'esmentat edifici.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A291/11 — Décision commentée
Segon.- Requerir a la representació processal de l'entitat bancària ORG_0, part agent, perquè en el termini de quinze (15) dies improrrogables, manifesti la seva voluntat d'adjudicar-se les unitats immobiliàries de constant referència per les ? parts del preu de sortida de la primera subhasta, a saber per un import de cent noranta un mil sis-cents seixanta-cinc euros amb vint-i-dos cèntims (191.665,22EUR), advertint-la que de no acceptar dita proposta, es procedirà al retorn del bé a l'executat.
Tercer.- Notificar la present resolució judicial a les parts interessades".
III.- La representació processal de l'entitat bancària executant ha interposat recurs contra l'Aute dictat a la instància i, en data 24-10-2011, ha articulat escrit de conclusions, en virtut del qual i pels motius continguts en el mateix, demana la revocació de la resolució dictada a la instància. També sol·licita que es procedeixi a la pràctica de prova en aquesta alçada.
IV.- Aquesta Sala, per Aute de data 24-11-2011, acorda: "DECIDEIX: Primer.- Donar lloc a les pretensions adduïdes per l'entitat bancària ORG_0, part apel·lant, en el seu escrit de conclusions, i procedir a incorporar en autes i a efectes probatoris els diversos documents acompanyant l'escrit ans ressenyat.
Segon.- Reservar la decisió sobre les eventuals costes judicials ocasionades a allò que prevegi la sentència que posi fi al recurs d'apel·lació que ens ocupa".
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy.
FONAMENTS DE DRET
I.- Els motius o greuges en els quals la part executant fonamenta el seu recurs són, en essència, els que segueixen. Així, entén que la negativa a la celebració d'una quarta subhasta i l'adjudicació per import de ? parts del preu de sortida de la primera subhasta esdevé perjudicial tant per la part executant com executada i que comporta una alteració o canvi del procediment d'execució fins ara seguit pels Tribunals andorrans, com acredita amb la prova documental que acompanya al seu escrit. Afegeix que l'ordenament jurídic andorrà no preveu un procediment específic d'execució hipotecària judicial, però l'ús forense sempre s'ha adequat al procés que s'ha explicitat.
II.- La lectura de la resolució d'instància evidencia que en la mateixa s'ha modificat el procediment d'execució hipotecària que se segueix habitualment, segons ressurt de la prova documental practicada en aquesta alçada, en les execucions immobiliàries. En efecte, el jutjador a quo no considera viable la celebració d'una quarta subhasta amb una rebaixa del tipus de sortida del 20%, com en les tres primeres, que han restat desertes, i assenyala que l'adjudicació dels béns per l'executant s'ha d'efectuar per l'import de les ? parts del preu de sortida de la primera subhasta.
Aquesta Sala ja ha tingut ocasió de considerar la mateixa problemàtica en la resolució del Rotlle 94/2011, en el qual es preveia, per part de l'òrgan judicial, també un mecanisme diferent de taxació, un nombre de 3 subhastes, quan normalment i d'acord amb la prova practicada en aquesta alçada, s'acredita que s'efectuen 4 o 5 i es determinava un preu de sortida de cadascuna d'elles inferior en un 10%, per comptes del 20%, a la vegada que l'adjudicació a favor de l'executant o d'un tercer solament es contempla, pel cas que quedin desertes les subhastes, pel preu de sortida de la primera subhasta.
Consegüentment, com aquesta Sala advertia en la resolució d'aquell recurs, si bé el Tribunal Superior ha de coincidir amb el jutjador a quo amb el fet que correspon a l'òrgan judicial que procedeix a l'execució hipotecària vetllar per la plena efectivitat del dret a la jurisdicció i interpretar el sistema seguit a la praxis forense per les execucions hipotecàries, no esdevé possible que l'òrgan judicial estableixi un procediment específic i per ell dissenyat per l'execució hipotecària, atès que no solament ultrapassa les seves competències, tota vegada que la regulació del procediment d'execució correspon a la llei, sinó que l'alteració i modificació que es podria portar a terme per cada òrgan judicial generaria una clara manca de seguretat jurídica en els operadors i destinataris del sistema d'execucions. I això és el que s'evidencia en el present cas, si el posem en relació amb el rotlle 94/2011, atès que diferents òrgans judicials encarregats de l'execució determinen diferents tipus de sortida, amb rebaixes de 10 o 20%, i adjudicacions en condicions diverses pels executants (preu de sortida de la primera subhasta o ? parts d'aquest).
Per consegüent, s'ha d'estimar el recurs interposat contra la resolució d'instància, tota vegada que si bé, en el marc del procediment existent i que deriva de la praxis forense, adequada als principis que determina el Decret de 4-12-1986 d'execucions, procedeix la seva lectura i interpretació conforme al dret a la jurisdicció contemplat a l'article 10 C.A., això no faculta al Tribunal d'instància, per anar més enllà i determinar un règim específic i diferent d'execució hipotecària, al marge del procediment que fins ara se segueix en les execucions hipotecàries. I tot el que s'afirma, sens perjudici de posar de relleu que el procediment existent ha de ser interpretat en consonància amb els dictats de la Carta Magna, tot afavorint el dret a una plena jurisdicció i dret a la defensa, però sense que els òrgans judicials puguin anar més enllà i no solament procedir a aquesta interpretació i, en alguns supòsits integració, sinó establir un règim d'execució amb un nombre de subhastes i de sistema d'adjudicació a l'executant o tercer diferent dels existents. Tot això que s'ha exposat, sens perjudici que l'execució d'un bé immoble ha d'assolir la necessària proporcionalitat entre el valor del bé i la finalitat cercada amb el procediment de restitució forçosa del valor del bé.
III.- L'èxit del recurs s'ha de traduir, en matèria de costes processals, en la no imposició de les costes d'aquesta alçada (arg. Novel·la 82, cap X).
Decisio
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas.-
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
DECIDEIX
ESTIMAR el recurs interposat per la representació processal de la mercantil ORG_0, contra l'Aute, de data 18-07-2011, dictat per l'Hble. Batlle i revocar la seva part decisòria, donant lloc a la petició esgrimida per la part executant i consistent en la celebració d'una quarta subhasta de les unitats immobiliàries objecte de la present execució, tot tenint en compte les consideracions efectuades en el Fonament Dret II in fine de la present resolució.
No s'escau efectuar imposició de les costes processals d'aquesta alçada.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.-