I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 9 octobre 2012 (ROJ : ATSJAD 77/2012)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 9 octobre 2012 (ROJ : ATSJAD 77/2012 – ECLI:AD:TSJADAD:2012:77A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision émane de la Sala Civil du Tribunal superior de justícia d'Andorre, statuant le 9 octobre 2012 sous la présidence de M. Jean Louis Vuillemin, avec les magistrats Joan Manel Abril Campoy et Eulàlia Amat Llari. Il s'agit d'un aute (décision interlocutoire), enregistré sous le numéro de recours A179/12 et sous la référence TSJC-179/12.
Les faits pertinents sont les suivants. Dans le cadre d'une procédure enregistrée sous le numéro B-1891-5/2011, Mme Bueno a obtenu une sentence du Batlle siégeant en juge unipersonnel de la Sección Civil, datée du 22 juin 2012. La société Girona, S.L. a interjeté appel, par écrit du 11 juillet 2012 ; le Tribunal superior a accepté le recours le 16 juillet 2012. L'appelant a déposé son mémoire de griefs le 6 septembre 2012, puis le défendeur a été invité à répondre le 11 septembre 2012.
Entre-temps, par aute du 14 septembre 2012, le Tribunal de batlles (section civile), dans la procédure F-0016-1/2012, a déclaré la société Girona, S.L. en état de cessation de paiements et en faillite, et a désigné deux administrateurs indistincts et solidaires, MM. Puga et Durán. Le Batlle rapporteur en a informé le Tribunal superior par un courrier du 24 septembre 2012.
Le 27 septembre 2012, le conseil de la société Girona a sollicité la suspension de la procédure d'appel, afin que l'administrateur désigné puisse déclarer s'il entendait poursuivre l'instance. Le 3 octobre 2012, copies certifiées de l'ensemble des actes ont été transmises à l'administratrice judiciaire, Mme Puga.
La décision ne précise pas la date exacte à laquelle l'administratrice a fait connaître sa position sur la poursuite de l'instance (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée est de savoir si l'ouverture d'une procédure de cessation de paiements et de faillite contre le débiteur impose la suspension d'une instance engagée par un créancier ordinaire contre celui-ci, et notamment si cette suspension s'applique lorsque le créancier ne poursuit pas l'exécution forcée, mais tend seulement à la reconnaissance judiciaire de sa créance.
Pour y répondre, le tribunal se fonde sur les dispositions du Décret de 4 octobre 1969 sur la cessation de paiements et la faillite, qu'il cite dans les termes suivants (traduction) :
« pel sol fet d'haver-se decretat qualsevol dels dos procediments d'arranjament judicial o de fallida, i una vegada nomenat l'administrador, els creditors no podran exigir l'efectivitat de llurs crèdits individuals »
L'article 14 du Décret est ainsi invoqué. Le tribunal cite également l'article 32, selon lequel la résolution constatant la cessation de paiements suspend
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent; »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 09 d'octubre del 2012 - ROJ: ATSJAD 77/2012 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« VIST que en el marc dels autes del procediment laboral registrat amb el número B-1891-5/2011, i instat per la Sra. Bueno contra la societat Girona, mitjançant escrit presentat en data 11-07-2012 la representació processal de la primera va interposar recurs d'apel·lació contra la sentència dictada per l'Honorable Batlle, actuant com a Tribunal Unipersonal de la Secció Civil, de data 22-06-2012. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Suspendre les presents actuacions registrades sota el núm. TSJC-179/12 iniciades per Sra. Bueno contra la societat Girona, S.L. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 09 octobre 2012 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-179/12
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el dia 9 d'octubre de 2012.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent;
Antecedents de fet
VIST que en el marc dels autes del procediment laboral registrat amb el número B-1891-5/2011, i instat per la Sra. Bueno contra la societat Girona, mitjançant escrit presentat en data 11-07-2012 la representació processal de la primera va interposar recurs d'apel·lació contra la sentència dictada per l'Honorable Batlle, actuant com a Tribunal Unipersonal de la Secció Civil, de data 22-06-2012.
VIST que en seguiment al recurs d'apel·lació ans referit, en data 16-07-2012 fou dictada providència, mitjançant la qual s'acceptava el recurs esmentat en nom del M.I. Tribunal Superior de Justícia, emplaçant ensems a la part recurrent a fi que en el termini de tretze dies hàbils comparegui per davant d'aquesta Sala per tal d'exposar els seus greuges contra la sentència apel·lada.