I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 96/2012 (ECLI:AD:TSJADAD:2012:96A)
Décision commentée : ATSJAD 96/2012 (ECLI:AD:TSJADAD:2012:96A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par jugement du 28 février 2011, le Tribunal unipersonnel (section civile) de la Principauté d'Andorre a partiellement fait droit à la demande en séparation de corps formée par Mme G. contre M. R. (désigné dans la décision tantôt « Sr. Araujo », tantôt « Sr. R. »). Il a prononcé la séparation, dissous le régime matrimonial, organisé l'exercice conjoint de l'autorité parentale et fixé la résidence des enfants mineurs chez la mère, avec un droit de visite au profit du père. La contribution alimentaire a été fixée à 250 euros par enfant, indexée sur l'IPC, et les dépenses extraordinaires ont été réparties à parts égales. Le jugement ne comportait aucune condamnation aux dépens.
Le débiteur n'ayant pas exécuté spontanément cette condamnation, la créancière a saisi le tribunal d'une demande d'exécution le 12 mai 2011. Par un aute du 13 mai 2011, le juge a enjoint au débiteur de payer 900 euros au titre des aliments, sans statuer sur les dépens.
Le 23 juin 2011, la créancière a présenté un incident d'exécution tendant à la condamnation du débiteur aux frais de l'exécution, soit 208,20 euros d'honoraires d'avocat, 30 euros de frais de procureur et 90,15 euros de taxes judiciaires, ainsi qu'aux dépens de l'incident. Le juge a rejeté cette demande par un aute du 9 septembre 2011, dont le recours est à l'origine de la présente décision.
La créancière a interjeté appel en soutenant que la condamnation aux dépens de la procédure d'exécution devait lui être accordée, dès lors qu'elle avait été contrainte de recourir à l'exécution forcée en raison de l'inexécution de la condamnation.
La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice d'Andorre, présidée par M. Jean Louis Vuillemin, avec les magistrats Joan Manel Abril Campoy et Eulàlia Amat Llari, a été saisie sous le numéro de recours A391/11 (TSJC-391/11). Le magistrat rapporteur était Mme Amat Llari. La décision est un aute rendu le 18 octobre 2012.
Question de droit
La question posée était de savoir si la créancière d'aliments pouvait obtenir, par la voie de l'incident d'exécution, la condamnation du débiteur aux frais exposés pour la procédure d'exécution, alors que le jugement initial n'avait pas statué sur les dépens. Corrélativement, il s'agissait de déterminer la voie de recours appropriée contre la décision du juge qui avait refusé de statuer sur ce point.
Le moyen unique du recours était tiré de l'erreur du premier juge à ne pas faire droit à la demande. La recourante distinguait deux situations : celle où le jugement à exécuter ne statue pas sur les dépens de la procédure principale, et celle où le déf
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 18 d'octubre del 2012 - ROJ: ATSJAD 96/2012 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 28 de febrer del 2011 l'Hble. Tribunal Unipersonal, Secció Civil, va dictar Sentència estimant parcialment la demanda interposada per la Sra. Galan contra el Sr. Araujo, declarant la separació dels esposos, deslliurant-los del deure de convivència, disposant la dissolució del règim econòmic matrimonial, establint que la pàtria potestat sobre els fills menors d'ambdós, Talavera i Gomila, seria exercida de manera compartida entre els dos progenitors, quedant aquests sota la guarda i custòdia de la seva mare amb un règim de visites a favor del pare que descrivia, f… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 18 octobre 2012 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC-391/11
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el dia 18 d'octubre del 2012.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 28 de febrer del 2011 l'Hble. Tribunal Unipersonal, Secció Civil, va dictar Sentència estimant parcialment la demanda interposada per la Sra. Galan contra el Sr. Araujo, declarant la separació dels esposos, deslliurant-los del deure de convivència, disposant la dissolució del règim econòmic matrimonial, establint que la pàtria potestat sobre els fills menors d'ambdós, Talavera i Gomila, seria exercida de manera compartida entre els dos progenitors, quedant aquests sota la guarda i custòdia de la seva mare amb un règim de visites a favor del pare que descrivia, fixant una pensió alimentària a favor dels menors a càrrec del Sr. R. de 250 euros per cada un dels nens, que seria augmentada anyalment d'acord amb l'IPC a partir del dia 1 de gener de cada any, havent-se de repartir els progenitors les despeses extraordinàries dels menors a raó del 50% cada un i no fent especial condemna en costes processals.