I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, Aute du 30 janvier 2014 (ROJ ATSJAD 10/2014)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, Aute du 30 janvier 2014, recours n° A0253/13 (TSJC-253/13), ROJ ATSJAD 10/2014, ECLI:AD:TSJADAD:2014:10A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société Esteban, SA a formé, le 29 janvier 2013, une demande en paiement de 1 356,48 euros, intérêts et dépens, à l'encontre des consorts Morales et Gutierrez. Par acte du 18 février 2013, les défendeurs ont appelé en garantie M. Palomo, par la voie de la « crida en garantia ».
Par Aute du 13 juin 2013, le Batlle a rejeté cette demande d'appel en garantie, en laissant les défendeurs exercer leurs actions récursoires contre qui ils l'estimeraient utile. Il a également mis à la charge du demandeur incident les dépens de l'incident, y compris les honoraires d'avocat et de procureur.
Les défendeurs ont interjeté appel le 10 octobre 2013. Par Aute du 21 novembre 2013, la Sala Civil a refusé une demande de preuve tendant à l'intégration de documents dans les actes, à la production par la société Esteban, SA des originaux des justificatifs de versements en espèces et du détail des crédits domiciliés sur un compte bancaire. Le 30 janvier 2014, la Sala a statué sur le fond de l'appel.
Selon l'argumentation de l'appelant, M. Palomo était le titulaire réel de l'appartement acquis par les défendeurs, qui n'en étaient que les titulaires fiduciaires. L'opération concernait trois appartements. Au titre de la jurisprudence de la Sala, le titulaire réel devait répondre solidairement avec les titulaires fiduciaires.
Les pièces examinées sont les suivantes :
- le contrat d'ouverture de compte bancaire, établi au nom de M. Gutierrez et de Mme Morales, en date du 13 janvier 2006 ;
- les justificatifs bancaires de versement, qui n'identifient pas le déposant, la signature étant illisible ;
- une lettre du cabinet ENTITY_8-M.T.B. du 17 décembre 2012, niant que M. Palomo ait jamais utilisé les défendeurs pour obtenir un prêt ou conclure une affaire ;
- une lettre du même cabinet du 5 avril 2013, réclamant aux défendeurs la liquidation d'un prêt contracté pour acquérir trois appartements en Andorre.
Question de droit
La Sala devait trancher deux points.
Premier point : la recevabilité du principe de l'appel en garantie. La décision relève que la crida en garantia, ou litisdenuntiatio, n'est pas prévue par la normative andorrane. Elle a néanmoins été admise par la doctrine de la Sala lorsque, selon les circonstances concrètes du litige et le lien existant entre les parties,
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 30 de gener del 2014 - ROJ: ATSJAD 10/2014 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal de la mercantil Esteban, SA, S.A. va interposar demanda, de data 29-01-2013, envers els Srs. Morales i Gutierrez, segons la qual sol·licitava la condemna dels defenents al pagament de la quantitat de 1.356,48 euros, amb més els interessos deutors i les costes processals. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 30 janvier 2014 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC-253/13
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 30 de gener de 2014.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal de la mercantil Esteban, SA, S.A. va interposar demanda, de data 29-01-2013, envers els Srs. Morales i Gutierrez, segons la qual sol·licitava la condemna dels defenents al pagament de la quantitat de 1.356,48 euros, amb més els interessos deutors i les costes processals.
En data 18-02-2013 la representació processal de la part defenent va formular crida en garantia del Sr. Palomo.
Per escrit de 1-03-2013 la representació processal de la part agent va demanar que es desestimés la crida en garantia i s'imposessin les costes processals de l'incident a la part que l'havia formulat.
II.- L'Hble. Batlle va dictar Aute, de data 13-06- 2013, amb la següent part decisòria: "DECIDEIX