I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 35/2014 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 15 avril 2014)
Décision commentée : ATSJAD 35/2014, ECLI:AD:TSJADAD:2014:35A (Lire sur source officielle)
La référence transmise (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte de la décision est retenue. Le texte original est rédigé en catalan ; les extraits sont traduits en français sous la responsabilité de la rédaction.
Faits et procédure
Le 20 septembre 2010, le ministère public (Ministeri Fiscal) demande la désignation d'un défenseur judiciaire ad hoc à M. Seco, en produisant un rapport pericial d'une médecin légiste concluant à une possible incapacité. Par un Aute du 18 octobre 2010, le tribunal désigne M. Elías, qui accepte la charge. Le 23 novembre 2010, le ministère public forme la demande d'incapacitation.
Le 14 juillet 2011, M. Seco comparaît devant le Batlle (juge de première instance), en présence du ministère public, pour son examen personal ou exploració judicial. Ni le défenseur judiciaire ni l'avocat qu'il avait désigné ne sont présents. Le 18 juillet 2011, le représentant de M. Elías informe la Batllia que M. Seco a désigné M. Vilar comme avocat défenseur, ce qui met fin au mandat du premier.
Un incident de nullité, fondé sur l'absence d'assistance lors de cet acte et sur l'article 10.2 de la Constitution, est rejeté par Aute du 11 octobre 2011. Par sentence du 2 novembre 2011, le tribunal unipersonnel de la section civile déclare l'incapacité de M. Seco, le soumet au régime de la tutelle sans internement forcé et ordonne l'inscription au Registre civil.
M. Seco interjette appel. Il demande l'annulation de la procédure à compter du 14 juillet 2011 et la réitération de l'examen personnel en présence de son avocat, au motif que son droit de défense et son droit à un procès équitable ont été méconnus. La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice rejette le recours.
Question de droit
La Cour devait déterminer si l'absence de l'avocat ou du défenseur judiciaire de la personne poursuivie pour incapacité, lors de son examen personnel devant le Batlle, emporte la nullité des actes de la procédure. Cette question se posait au regard :
- de l'article 97 de la Llei qualificada de la Justícia (LQJ), qui impose l'assistance lettrée devant toutes les juridictions et dans tous les procédures ;
- de l'article 10 de la Constitution andorrane, relatif au droit de défense et au droit à un procès équitable ;
- de l'article 4 de la Llei 15/2004 qualificada d'incapacitació i organismes tutelars, dans sa rédaction initiale, et de l'article 3 de la Llei 27/2013, qui modifie ce même article 4 en exigeant la présence du ministère public et de l'avocat
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 15 d'abril del 2014 - ROJ: ATSJAD 35/2014 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- El dia 20 de setembre del 2010 el Mgfc. Ministeri Fiscal va presentar un escrit sol·licitant que es nomenés un defensor judicial ad hoc al Sr. Seco adjuntant un informe pericial del presumpte incapaç elaborat per la metgessa forense Sra. Galván, tota vegada que es proposava instar un procediment d'incapacitació contra el mateix, i l'Aute de data 18 d'octubre del 2010 va nomenar per aquest càrrec al Sr. Elías, que el va acceptar. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 15 avril 2014 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC-343/13
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 15 d'abril de 2014.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència de la M I. Sra. Eulàlia Amat Llari, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- El dia 20 de setembre del 2010 el Mgfc. Ministeri Fiscal va presentar un escrit sol·licitant que es nomenés un defensor judicial ad hoc al Sr. Seco adjuntant un informe pericial del presumpte incapaç elaborat per la metgessa forense Sra. Galván, tota vegada que es proposava instar un procediment d'incapacitació contra el mateix, i l'Aute de data 18 d'octubre del 2010 va nomenar per aquest càrrec al Sr. Elías, que el va acceptar.
II.- En data 23 de novembre del 2010 el Mgfc. Ministeri Fiscal va formular demanda d'incapacitació contra el Sr. Seco, sol·licitant que es tingués per formulada la dita demanda a fi de determinar les capacitats volitives i cognitives del presumpte incapaç, així com el grau d'autogovern de la seva persona i béns i adoptar en conseqüència les mesures tuïtives de la seva persona més idònies.
III.- La representació processal del Sr. Elías, en la seva qualitat de defensor judicial del Sr. Seco, va contestar a la demanda sol·licitant la seva admissió a tràmit.