I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 51/2014 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 25 avril 2014)
Décision commentée : ATSJAD 51/2014, ECLI:AD:TSJADAD:2014:51A, recours IE-02/14 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 25 avril 2014) (Lire sur source officielle)
Note de référence : la référence canonique fournie dans la demande (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue est celle figurant dans le texte intégral (ROJ et ECLI).
Faits et procédure
Le Comú de Sant Julià de Lòria a présenté, le 30 janvier 2014, un incident d'exécution contre un aute rendu par le Tribunal de Batlles le 18 juillet 2013. Le litige porte sur le recouvrement d'une taxe sur l'octroi de licences urbanistiques, afférente à un changement d'affectation (passage d'un régime locatif à un régime de vente) d'un immeuble d'habitations plurifamiliales.
Les faits retenus par la juridiction sont les suivants :
- le 26 septembre 2005, le débiteur, M. Bernat, sollicite le changement de régime de l'immeuble ;
- par résolution n° 2510/2006 du 5 décembre 2006, l'autorisation de changement de destination est accordée ;
- une notification du 6 décembre 2006 invite l'intéressé à retirer la décision et mentionne une taxe de 34 084,98 euros ;
- une lettre du 14 décembre 2012 transmet l'original de la résolution et un reçu « sans effet » ;
- une notification du 8 avril 2013 fait courir le délai de contrainte pour acquitter la dette.
Le Comú soutient, d'une part, que la taxe est liée à la licence de modification d'usage visée à l'article 36.10 de l'Ordonnance fiscale communale, dont l'exigibilité naît au moment du retrait de la licence, et, d'autre part, que la carte du 6 décembre 2006 ne constitue pas une liquidation notifiée au redevable. Il en déduit que la dette n'est pas prescrite. Le défendeur oppose la prescription triennale, en faisant valoir que l'usage du bien est intervenu avec l'accord du Comú.
Le Tribunal de Batlles ayant rejeté la demande du Comú, celui-ci a interjeté appel. La formation administrative du Tribunal Superior de Justícia statue en appel sur l'incident d'exécution.
Question de droit
La question posée au juge était de déterminer à quelle date la créance de taxe est née, c'est-à-dire à partir de quel moment le délai de prescription de trois ans commence à courir, et si la réclamation formée en décembre 2012 était intervenue dans ce délai.
Cette question suppose de résoudre deux points :
-
Le point de départ de la prescription. L'article 40 de la Llei de bases de l'ordenament tributari dispose, au paragraphe 2 a), que le délai de prescription court « à compter de la date de réalisation du fait générateur ou de la naissance de l'obligation corrélative ». La solution dépend donc de l'identification du fait générateur de la taxe.
-
La nature du fait générateur. L'article 8 de l'Ordonnance fiscale communale prévoit que les dettes fiscales issues des taxes naissent « à la date de délivrance de l'autorisation » ou « à la date de début de la prestation du service ou de réalisation de l'activité ». L'article 34 définit la taxe sur l'octroi de licences urbanistiques comme ayant pour fait générateur « l'obtention de l'autorisation administrative » pour réaliser
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número E13-4170, havent estat observades les prescripcions legals. És ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 25 d'abril del 2014 - ROJ: ATSJAD 51/2014 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1r.- La representació de l'Hble. Comú de Sant Julià de Lòria ha presentat un incident d'execució en data 30 de gener del 2014 contra l'Aute dictat pel Tribunal de Batlles de data 18 de juliol de 2013. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramès testimoni al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, per al seu coneixement i execució, ho acordem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 25 avril 2014 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Protocol: E13-4170 Núm. de Rotlle: TSJA-IE-02/14
AUTE 09-2014
PARTS:
Apel·lant: Hble. COMÚ DE SANT JULIÀ DE LÒRIA
Representant: Sra. Pera
Advocat: Sra. Gaya
Apel·lat: Sr. Bernat
Representant: Sra. Catalá
Advocat: Sra. Manzanares
M. I Sr. Albert Andrés Pereira
Andorra la Vella, vint-i-cinc d'abril del dos mil catorze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número E13-4170, havent estat observades les prescripcions legals. És ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.