I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 177/2014 : Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala civil, 2 septembre 2014
Décision commentée : Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Sala civil), 2 septembre 2014, ROJ ATSJAD 177/2014, ECLI:AD:TSJADAD:2014:177A, recours A130/14 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une copropriété (la « Comunitat de Propietaris de l'Edifici R.I. ») réclame à une société (« ORG_1 SL ») le paiement de charges de copropriété d'un montant de 4 492,96 euros, afférentes à un appartement, un parking et des celliers appartenant à cette société. La demande est formée le 25 juin 2012, et la société reconnaît la dette devant le Batlle le 4 septembre 2012 (la date exacte de la comparution est ainsi indiquée dans les motifs, le déroulement de l'audience n'étant pas précisé).
Par un aute du 30 octobre 2012, le juge ordonne l'exécution de la somme, assortie des intérêts légaux. Un aute correctif modifie la décision pour désigner expressément la société comme débitrice. Le recours formé par la copropriété conduit l'aute de la Sala civil du 28 février 2013 à la condamner également au paiement des charges échues pendant le litige.
Dans la phase d'exécution, une providencia du 17 juillet 2013 réclame 5 556,04 euros, puis une providencia d'ampliation du 19 septembre 2013 réclame 7 903,39 euros. La société verse 1 300 euros jusqu'au 5 novembre 2013, et l'ensemble de ses biens et droits est saisi.
La société demande la levée de la saisie (8 novembre 2013). La copropriété propose en retour un paiement mensuel de 600 euros, condition à laquelle elle subordonne la levée. La société réitère sa demande d'un paiement mensuel de 100 euros.
Par un aute du 9 décembre 2013, le juge d'instance :
- accepte la proposition de paiement de 100 euros mensuels, « sans perjudici que la quantitat es pugui veure incrementada » en cas d'amélioration de la situation économique du débiteur ;
- lève la saisie portant sur les biens et droits de la société, « única i exclusivament respecte a les entitats bancàries », afin de lui permettre de fonctionner ;
- transmet à la partie adverse l'écrit de la société du 4 décembre 2013.
La copropriété interjette appel. Elle demande la révocation de la décision, le rejet de la proposition de 100 euros mensuels, le maintien de la saisie sur les comptes bancaires et la poursuite de l'exécution par la voie de la contrainte « si cal ».
Question de droit
La question posée à la Sala civil est la suivante : le juge de l'exécution peut-il, à la demande du débiteur et contre la volonté du créancier, accepter un paiement fractionné de la dette et lever partiellement la saisie, alors que le débiteur allègue une situation économique difficile ?
La décision se fonde implicitement sur deux interrogations. La première porte sur l'effet de la difficulté
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova i M.I. Sr. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 02 de setembre del 2014 - ROJ: ATSJAD 177/2014 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 25 de juny del 2012 la representació processal de la Comunitat de Propietaris de l'Edifici R.I. va formular demanda contra la societat "ORG_1 SL" sol·licitant que es dictés Sentència condemnant a la defenent a abonar a la seva mandant la suma de 4.492,96 euros, ròssec referit al 13 d'octubre del 2011 en relació a la derrama comunitària atribuïda a la unitat immobiliària propietat de la defenent, consistent en l'apartament 56, pàrquing 99 i trasters 142/159 de l'edifici "R.I.", radicat a la XXXX, pel restant de l'exercici 2009 i els exercicis 2010 i 2011, així co… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 02 septembre 2014 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC-130/14
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova i M.I. Sr. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 25 de juny del 2012 la representació processal de la Comunitat de Propietaris de l'Edifici R.I. va formular demanda contra la societat "ORG_1 SL" sol·licitant que es dictés Sentència condemnant a la defenent a abonar a la seva mandant la suma de 4.492,96 euros, ròssec referit al 13 d'octubre del 2011 en relació a la derrama comunitària atribuïda a la unitat immobiliària propietat de la defenent, consistent en l'apartament 56, pàrquing 99 i trasters 142/159 de l'edifici "R.I.", radicat a la XXXX, pel restant de l'exercici 2009 i els exercicis 2010 i 2011, així com tota despesa comunitària que vencés en el decurs del litigi, majorada dels interessos estatutaris, i fent expressa condemna a la demandada de la totalitat de les costes del procediment, inclosos els honoraris d'advocat i procuradora, així com les despeses prèvies extrajudicials ocasionades per raó de la notificació de la liquidació del deute.
II.- La societat "ORG_1 SL" va comparèixer davant de l'Hble. Batlle reconeixent el deute contret amb l'agent.