I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (ATSJAD 8/2015 ; ECLI:AD:TSJADAD:2015:8A)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD 8/2015 ; ECLI:AD:TSJADAD:2015:8A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une demande du 12 août 2014, formée dans le cadre des autes n° B-0740-7/2014, Mme Calderón sollicite le bénéfice de la justice gratuite afin qu'un avocat lui soit désigné d'office.
Par un aute du 24 septembre 2014, le batlle (juge de première instance) rejette cette demande. Il refuse de déclarer l'intéressée en situation de pauvreté ou d'insolvabilité et, en conséquence, de lui assurer une assistance juridique d'office.
Mme Calderón interjette appel le 30 septembre 2014. Elle demande la révocation de l'aute et la reconnaissance de son insolvabilité. L'affaire, enregistrée sous le numéro de recours A329/14 (NIG 7000740/2014), est portée devant la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, le magistrat Vincent Anière étant rapporteur.
Au soutien de son appel, la requérante fait valoir plusieurs éléments : le non-paiement, par son ex-époux, d'une pension de 1 000 euros fixée en février 2014 ; les frais liés à l'usage et à l'entretien d'un véhicule qui lui est prêté ; l'obligation de conserver le logement où elle réside ; le recours nécessaire à l'aide de sa mère ; les besoins psychologiques de ses enfants ; le coût élevé de la téléphonie, nécessaire pour joindre ses enfants lors des visites paternelles ; et les dépenses extrascolaires, qu'elle présente comme indispensables au suivi de ses fils.
Le texte fait apparaître une incohérence d'identification : la requérante est désignée par son nom dans l'en-tête et le résumé, mais par l'initiale « M. » dans la motivation. Le texte fourni ne permet pas de trancher ce point, qui n'affecte pas l'analyse juridique.
Question de droit
La question posée est de savoir si une personne qui allègue une situation économique précaire peut bénéficier de l'assistance juridique gratuite, c'est-à-dire si elle est en situation de « pauvreté ou d'insolvabilité » au sens des dispositions applicables, lorsqu'elle est en mesure de faire face aux dépenses liées à la défense et à l'assistance technique d'un avocat.
Le cadre normatif est double. D'une part, l'article 99 de la Loi qualifiée de la justice du 3 septembre 1993 garantit le droit à la défense et à l'assistance d'office à quiconque la sollicite ; la défense d'office est gratuite pour ceux qui établissent leur situation de pauvreté ou d'insolvabilité déclarée par un batlle, et elle est à la charge de l'État. D'autre part, l'article 100 de la Loi transitoire de procédures judiciaires du 21 décembre 1993 précise que cette situation est constatée par résolution du batlle ou du rapporteur de la section du Tribunal des batlles, qui peut ordon
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova i M.I. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 13 de gener del 2015 - ROJ: ATSJAD 8/2015 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 12-08-2014, en el marc dels Autes núm. B-0740-7/2014, la Sra. Calderón va presentar una sol·licitud de benefici de justícia gratuïta, per tal que se li designés un lletrat d'ofici. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 13 janvier 2015 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000329/2014 ORIGEN: 7000740/2014
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 13 de gener del 2015.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Pere Pastor Vilanova i M.I. Vincent Anière, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 12-08-2014, en el marc dels Autes núm. B-0740-7/2014, la Sra. Calderón va presentar una sol·licitud de benefici de justícia gratuïta, per tal que se li designés un lletrat d'ofici.
II.- En data 24-09-2014, l'Hble. Batlle va dictar Aute, decidint: "no donar lloc a la petició efectuada per la Sra. Calderón en el sentit de que se la declari en situació de pobresa o insolvència i se li asseguri en conseqüència assistència lletrada d'ofici."
III.- En data 30-09-2014, la Sra. Calderón va interposar un recurs d'apel·lació. Demana la revocació de l'Aute i que s'estimi la seva petició d'insolvència.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Vincent Anière.
FONAMENTS DE DRET
I.- La recurrent manifesta substancialment que: 1) el seu ex-marit no paga la pensió de 1.000.-euros fixada per aute el mes de febrer del 2014; 2) ha de sufragar les despeses per l'ús i manteniment del cotxe que li és indispensable i que li deixa una amiga; 3) encara que no pagui lloguer, ha de mantenir el pis on viu; 4) ha de sol·licitar l'ajuda de la seva mare; 5) els seus fills necessiten un tractament psicològic; 6) les despeses de telèfon són elevades perquè ha de poder localitzar els seus fills, en particular els dies de visites del pare i 7) les despeses extra-escolars no corresponen a un caprici sinó a la necessitat de fer recollir i controlar els seus fils.
II.- Són d'aplicació al present cas les disposicions anteriors a la Llei 28/2014 del 24 de juliol. L'article 99 de la Llei Qualificada de la Justícia dels 2 i 3-09-1993 disposa que "per tal de garantir a tothom el dret a la defensa i assistència d'ofici a qui ho sol·liciti o, en el procés penal, es negui a designar-lo. La defensa d'ofici, que tindrà caràcter gratuït per aquells que acreditin la seva situació de pobresa o insolvència declarada per un Batlle, anirà a càrrec de l'Estat." i l'article 100 de la Llei transitòria de procediments judicials del 21-12-1993 quin precisa que "l'acreditació de pobresa o insolvència serà declarada per resolució dictada pel batlle o el ponent de la secció de Tribunal de Batlles que conegui l'afer, el qual podrà ordenar la pràctica de proves d'ofici destinades a aclarir la situació econòmica del sol·licitant."
Altrament, no existeix cap criteri legal per a determinar la situació d'insolvència citada en els esmentats articles.
Pertoca doncs als tribunals determinar si la sol·licitant es troba en una situació econòmica que no li permet pagar els honoraris d'un lletrat.
Al respecte, s'han de prendre en consideració primerament els ingressos i les despeses, i el que cal tenir en compte són les despeses de lloguer, llum i telèfon i també les generals de menjar i roba, així com els elements de patrimoni.
En un altre ordre d'idees, sense perjudici de la possibilitat pel Batlle d'ordenar la pràctica de proves d'ofici per aclarir la situació econòmica del sol·licitant, pertoca al que sol·licita el benefici de justícia gratuïta de justificar la realitat dels elements que declara en la seva sol·licitud i d'exposar la seva situació de manera exhaustiva.
III.- Aplicant aquestes consideracions al cas d'autes, hem de constatar amb la Sra. Hble. Batlle que no es pot considerar que la Sra. M. no pot fer front a les despeses que ha d'assumir.
En efecte, l'examen de la seva sol·licitud fa aparèixer que ha declarat uns ingressos anuals de 16.800.-euros per un total de despeses estrictament necessàries per un import de 15.137,70EUR.
Més precisament, pel que fa al patrimoni de la sol·licitant, apareix que no en té cap. Treballa com a secretaria i rep un salari mensual de 1.400.-euros, és a dir un 40% superior al salari mínim. És separada i té dos fills de 10 i 13 anys que conviuen amb ella, essent precisat que cobra una beca d'estudi que no havia mencionat en la sol·licitud, i l'import actual de la qual no queda justificat; que pel que sembla, el pare rep els fills en el marc d'un dret de visita.
Pel que fa a les despeses essencials, ha declarat que havia de fer front als imports mensuals de 125.-euros en concepte de despesa de telèfon, i malgrat la situació de separació i la necessitat de poder localitzar i parlar amb els seus fills, no es pot considerar que una despesa mensual de telèfon de 125.-euros és estrictament necessària.
També ha declarat a l'Hble. Batlle els imports de 345.-euros en concepte de despesa d'electricitat i calefacció, 500.-euros en concepte de despeses d'alimentació, 25.-euros en concepte d'assegurances i 8.-euros per l'aigua. Afegeix 108.-euros per l'ús i manteniment del cotxe que li deixa una amiga. No ha de pagar cap lloguer ja que el pis on viu a XXXX és propietat de la mare del seu ex-cònjuge, però que ha d'assumir el manteniment del mateix.
Finalment, per tot l'exposat s'ha de confirmar la resolució d'instància ja que no s'ha acreditat que la Sra. M. no té uns ingressos suficients per fer front a les despeses derivades de la defensa i l'assistència tècnica lletrades.
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas.-
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
Decisio
DECIDEIX
DESESTIMAR el recurs interposat per la Sra. Calderón contra l'Aute de data 24-09-2014 que CONFIRMEM íntegrament.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.
Subir
Diccionario RAE