I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Penal, 22 de gener del 2016 (ROJ : ATSJAD 1/2016 – ECLI:AD:TSJADAD:2016:1A)
Décision commentée : ATSJAD, Penal, 22 de gener del 2016 (ROJ : ATSJAD 1/2016 – ECLI:AD:TSJADAD:2016:1A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 12 août 2011, le Batlle de garde a condamné M. Soriano, en qualité d'auteur d'un délit mineur d'introduction de cocaïne destinée à sa consommation personnelle, à trois mois de prison conditionnelle qualifiée, assortis d'un suivi de traitement de désintoxication auprès de l'UCA, d'un délai de suspension de quatre ans, d'une amende de 200 euros et de la confiscation de la drogue. Cette ordonnance est devenue ferme et exécutoire faute d'opposition des parties. Elle a été communiquée au Registre des antécédents pénaux.
Le 31 août 2015, le condamné a sollicité devant le Tribunal de Corts la cancellation de son antécédent pénal. Le Ministère public s'y est opposé par un rapport du 10 septembre 2015. Le même jour, le Tribunal de Corts, dans le cadre de l'exécution de l'ordonnance, a fait droit à la demande et ordonné la cancellation, avec l'annotation correspondante au registre.
Le ministère public a interjeté appel. Il invoquait, à titre principal, une erreur matérielle, l'aute ayant retenu qu'il ne s'était pas opposé à la cancellation alors qu'il l'avait fait. Il reprochait en outre à la décision de se borner à constater, de manière générique, la réunion des conditions des articles 87 et 88 du Code pénal, sans examiner les circonstances de l'exécution, et soutenait que le délai légal n'était pas échu à compter de l'extinction de la peine. À titre subsidiaire, il formait un incident de nullité d'actuacions, fondé sur l'absence de motivation en droit et sur des faits inexistants, et invoquant une atteinte au droit fondamental à la juridiction.
La défense du condamné concluait à l'irrecevabilité de l'appel, l'aute n'étant pas susceptible de recours, et, subsidiairement, à l'écoulement effectif du délai légal, l'ordonnance ayant été intégralement exécutée.
Question de droit
La Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia devait trancher deux questions.
La première est de nature procédurale : un aute rendu en exécution d'une condamnation, et statuant sur la cancellation d'un antécédent pénal, est-il susceptible d'appel ? Le Tribunal relève que l'article 196 du Code de procédure pénale ouvre l'appel contre les autes qui, en exécution de sentence, tranchent un incident quelconque. Il retient une interprétation large, au nom du principe pro actione, selon laquelle
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 10 de setembre del 2015 dictat pel M.I. Tribunal de Corts en el marc de l'execució de l'Ordenança Penal dictada en la causa de referència, seguida pel delicte menor d'introducció de droga tòxica cocaïna per al consum propi de droga, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent la M.I. Sra. Fátima Ramírez Souto. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 22 de gener del 2016 - ROJ: ATSJAD 1/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que l'Hble. Batlle en funcions de guàrdia va dictar Ordenança Penal en data 12 d'agost del 2011, en la causa de referència, condemnant a Soriano com a autor responsable d'un delicte menor d'introducció de droga tòxica cocaïna per al consum propi de droga, a la pena de 3 mesos de presó condicional qualificada al seguiment d'un tractament de deshabituació als tòxics prop de l'UCA, amb termini de suspensió de la condemna de 4 anys, i 200 euros de multa, així com el comís de la droga.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 22 janvier 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Causa: 5870150/2011 (OPG-150-2/11)
Núm. de Rotlle: TSJP-0000055/15
SENTÈNCIA 3-2016
PARTS:
Recorrent: Mgfc. Ministeri Fiscal
Recorregut: Sr. Soriano
Advocat: Sr. Tamarit
M. I. Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, vint-i-dos de gener del dos mil setze.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 10 de setembre del 2015 dictat pel M.I. Tribunal de Corts en el marc de l'execució de l'Ordenança Penal dictada en la causa de referència, seguida pel delicte menor d'introducció de droga tòxica cocaïna per al consum propi de droga, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent la M.I. Sra. Fátima Ramírez Souto.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que l'Hble. Batlle en funcions de guàrdia va dictar Ordenança Penal en data 12 d'agost del 2011, en la causa de referència, condemnant a Soriano com a autor responsable d'un delicte menor d'introducció de droga tòxica cocaïna per al consum propi de droga, a la pena de 3 mesos de presó condicional qualificada al seguiment d'un tractament de deshabituació als tòxics prop de l'UCA, amb termini de suspensió de la condemna de 4 anys, i 200 euros de multa, així com el comís de la droga.