I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 11/2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:11A)
Décision commentée : ATSJAD 11/2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:11A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une requête du 13 juillet 2015, Mme Téllez sollicitait le bénéfice de la défense et de l'assistance technique gratuites d'un avocat (justícia gratuïta) dans le cadre d'une procédure de divorce et de mesures relatives à son fils mineur, âgé de moins de trois ans. Elle faisait valoir qu'elle avait été licenciée peu après la séparation, le 13 mai 2015, qu'elle avait dû assumer seule les charges du ménage (loyer, crédit à la consommation, pension de son enfant, le père refusant de verser la pension alimentaire) et qu'elle avait désormais un nouvel emploi rémunéré 1 100 euros par mois, auxquels s'ajoutait une commission.
Par un aute du 15 juillet 2015, le juge de première instance (Batlle) a refusé de la déclarer en situation économique défavorable ou d'insolvabilité et, en conséquence, de lui assurer la défense et l'assistance gratuites. L'intéressée a interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal superior de justícia d'Andorre (TSJA), composée de MM. Abril Campoy (ponent), Cruz Moratones et Anière, a statué le 26 janvier 2016 (dossier A381/15).
Selon les éléments retenus par la décision, le premier juge avait considéré que la cellule familiale comprenait la requérante et un enfant mineur de moins de quatorze ans, qu'elle ne disposait d'aucun patrimoine, mais que ses revenus de 2015 s'élevaient à 10 903,18 euros, auxquels s'ajoutait une somme de 4 900,26 euros perçue en mai, et que des retraits de 2 850 euros, effectués en mai et juin, n'avaient pas été justifiés. Il avait fixé le seuil économique à 9 812,40 euros, jugé dépassé.
Question de droit
La question posée est celle de la détermination du seuil économique ouvrant droit à la justice gratuite, au regard de l'article 99 de la Llei qualificada de la justícia du 3 septembre 1993, modifié par la Llei 28/2014 du 24 juillet 2014, et des articles 19 et 20 du Reglament regulador del dret a la defensa i assistència tècnica lletrada du 17 décembre 2014. Plus précisément, il s'agissait de sav
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els M.I. Srs Magistrats Vincent Anière i Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 26 de gener del 2016 - ROJ: ATSJAD 11/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La Sra. Téllez va instar, en data 13 de juliol de 2015, una sol·licitud de benefici de defensa i assistència tècnica lletrades gratuïtes. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 26 janvier 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000381/2015 ORIGEN: 7000340/2015
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 26 de gener del 2016.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els M.I. Srs Magistrats Vincent Anière i Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La Sra. Téllez va instar, en data 13 de juliol de 2015, una sol·licitud de benefici de defensa i assistència tècnica lletrades gratuïtes.
II.- Per Aute, de data 15-07-2015, l'Hble. Batlle va decidir: "Primer.- No donar lloc a la petició efectuada per la Sra. Téllez, en el sentit de que se la declari en situació econòmica desfavorable o d'insolvència i se li asseguri en conseqüència defensa i assistència tècnica lletrades gratuïtes".
III. -La part sol·licitant del benefici de justícia gratuïta va interposar recurs contra la resolució d'instància i va exposar els arguments pels quals demanava que li fos concedida la justícia gratuïta.