ATSJAD 29/2016 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 17 mars 2016)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ROJ ATSJAD 29/2016 ; ECLI:AD:TSJADAD:2016:29A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) a formé, le 17 février 2016, un incident de nullité d'actions (incident de nul·litat d'actuacions) contre la sentence n° 1-2016 rendue par la Sala Administrativa du Tribunal superior de justícia le 28 janvier 2016. Le litige au fond portait sur la qualification des conditions de survenance d'un accident du travail. Il s'agissait de déterminer si ces conditions constituaient une faute inexcusable (falta inexcusable) de l'employeur au sens de l'article 91 de la Llei 17/2008, du 3 octobre, de la seguretat social.
Selon la décision, l'appréciation des faits avait été effectuée en première et en seconde instance, sur la base des éléments du dossier. Elle avait conclu que l'accident résultait d'une négligence individuelle, non assimilable à une faute inexcusable de l'entreprise.
Dans son écrit, la CASS soutenait « en substance » que la sentence présentait un défaut de motivation. La société Águila a répondu le 2 mars 2016. La formation de jugement, composée de MM. Albert Andrés Pereira (président), Bernard Plagnet (magistrat rapporteur) et Mme Marie Conte, a statué par un aute (décision de forme incidentelle), qualifié de ferme et exécutoire.
La décision est référencée sous le numéro de rouleau TSJA-0000069/2015 et le numéro de protocole 2000011/2015 (NIG). Les éléments de fond sont également rapportés dans la décision : le recours fondé sur l'article 10 de la Constitution ne saurait être traité comme une troisième instance.
Question de droit
La question posée était double.
En premier lieu, il fallait déterminer si l'incident de nullité prévu par l'article 18 bis de la Llei transitòria de procediments judicials pouvait être mobilisé pour contester une sentence au motif d'un défaut de motivation, lequel est présenté comme une atteinte au droit à la juridiction garanti par l'article 10 de la Constitution andorrane.
En second lieu, il fallait apprécier si une telle atteinte était établie en l'espèce, ce qui impliquait de préciser le contenu du droit à la juridiction. Le juge devait notamment dire si ce droit emporte, au titre de la « décision fondée en droit », une exigence de motivation dont la méconnaissance serait constitutive d'une nullité.
Solution et dispositif
Le Tribunal rejette l'incident. Il pose d'abord la nature de la voie procédurale. Selon ses termes, l'incident de nullité « no constitueix una nova instància processal » mais « un remei extraordinari encaminat a esmenar les vulneracions del dret fonamental a la jurisdicció » survenues dans un procès clos par une décision passée en force de chose jugée.
Il énumère ensuite les composantes du droit à la juridiction, présenté comme le « dret matriu » dont dérivent les droits énoncés aux paragraphes 1 et 2 de l'article 10 : tribunal impartial, égalité des parties, bilatéralité, contradictoire, durée raisonnable, présomption d'innocence en matière répressive, assistance d'un avocat, décision fondée en droit, juge
Aute
Núm. de Protocol: 2000011/2015 Núm. de Rotlle: TSJA-0000069/2015
AUTE 6-2016
PARTS :
Apel·lant : CAIXA ANDORRANA DE SEGURETAT SOCIAL (CASS)
Representant : Sra. Barberá
Advocat: Sr. Gomila
Apel·lat : Águila
Representant: Sra. Manzano
Advocat: Sr. Tejada
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, disset de març de dos mil setze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist l'incident de nul·litat d'actuacions en la causa número 2000011/2015, havent estat observades les prescripcions legals. És ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.