I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 62/2016
Décision commentée : ATSJAD 62/2016, Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Civil, 29 avril 2016, ECLI:AD:TSJADAD:2016:62A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 17 février 2016, M. Olmo a saisi directement le Tribunal Superior de Justícia (TSJC) d'une demande de bénéfice de la justice gratuite, afin qu'un avocat d'office lui soit désigné dans le cadre des autes civils TSJC-207/2015 pendantes devant la Sala Civil. La décision est un auto, rendu sous la présidence de M. Joan Manel Abril Campoy, le magistrat rapporteur étant M. Vincent Anière, avec la participation de M. Carles Cruz Moratones (dossier TSJC 053/2016, recours A053/16).
Le requérant déclare percevoir 1 300 euros par mois au titre de « revenus de salaires ». Le dossier comporte plusieurs éléments patrimoniaux et financiers :
- un extrait d'acte notarié de 2010 par lequel sa mère, Mme Pombo, s'est engagée à affecter les sommes encaissées sur un compte déterminé à la couverture de ses besoins, incluant les dépenses liées à une carte d'achat auprès d'un magasin, le loyer et les charges du logement, ainsi qu'une somme de 500 euros mensuels d'argent de poche ;
- un extrait d'acte de 2001, portant sur une vente ou la constitution d'une rente viagère, par lequel la même personne a interdit expressément aux cocontractants de remettre du numéraire au requérant ;
- des éléments établissant que la société X., SA, cotise pour lui sur une base mensuelle d'environ 2 042,54 euros, sous le régime de « compte propre ».
La juridiction relève que le requérant n'a produit aucun élément relatif aux autres procédures qu'il invoquait. Elle constate qu'il est propriétaire de véhicules anciens dépourvus de valeur économique, qu'il ne dispose d'aucune activité commerciale, d'aucune action ou participation sociale, ni d'aucun compte bancaire dans la Principauté, et qu'il n'a aucune personne à charge, de sorte qu'il n'appartient à aucune unité familiale au sens du Règlement.
Question de droit
La question posée était de savoir si le requérant se trouvait dans une situation économique défavorable justifiant l'octroi du bénéfice de la justice gratuite et de l'assistance technique d'un avocat, au regard des dispositions combinées de l'article 99 de la Loi qualifiée de la justice du 3 septembre 1993, dans sa version modifiée par la Loi 28/2014, et de l'article 100 de la Loi transitoire de procédures judiciaires du 21 décembre 1993, modifié par la Loi 16/2014.
Plus précisément, le juge devait déterminer comment apprécier les ressources d'un justiciable dont les revenus déclarés transitent par des mécanismes de paiement affectés, et si le seuil de revenus fixé par le Règlement du 17 décembre 2014 (art. 18.1 et 19.1.a) était atteint, voire si une exception pouvait être admise au titre de l'article 21.
La décision rappelle en premier lieu que le droit antérieur ne fixait aucun critère légal de détermination de l'insolvabilité, cette appréciation étant laissée à la seule discrétion des juridictions. La loi qualifiée impose désormais au Gouvernement de fixer réglementairement les conditions d'obtention du bénéfice, ce qui a conduit à l'adoption du Règlement du 17 décembre 2014, en vigueur depuis le 1er mars 2015.
Le raisonnement suit trois étapes. Il pose d'abord le critère cardinal, à savoir un critère objectif combinant la réalité des revenus, calculés selon l'article 19 du Règlement, et celle du patrimoine, évalué selon l'article 20. Il examine
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 29 d'abril del 2016 - ROJ: ATSJAD 62/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, ho pronunciem, manem i signem.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 29 avril 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000053/2016
ORIGEN: 0000207/2015 - 00
NIG: 5300542120150004669
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 29 d'abril del 2016.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats
M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
ÚNIC.- En data 17-02-2016, el Sr. Olmo va presentar una sol·licitud de benefici de justícia gratuïta, per tal que se li designés un lletrat d'ofici en el marc dels autes civils TSJC-207/2015 seguits davant d'aquesta Sala.