I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (ATSJAD 106/2016)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD 106/2016, ECLI:AD:TSJADAD:2016:106A) (Lire sur source officielle)
Juridiction : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil Date : 30 juin 2016 Numéro de recours : A060/16 (TSJC 060/2016) Magistrat rapporteur : Joan Manel Abril Campoy Nature : aute (ordonnance interlocutoire), non définitive
Faits et procédure
Par un aute du 18 mai 2015, le juge de la Batllia a enjoint à Mme Galan de s'acquitter, dans un délai de quinze jours, de la somme de 777 599,87 euros en principal et intérêts, et de désigner des biens susceptibles de saisie. La décision indique que cet acte a été notifié le « 26 de maig de 2016 », date manifestement erronée au regard de la chronologie (le texte le situe en réalité en 2015, ce qui n'est pas explicitement rectifié).
Mme Galan a formé, le 11 juin 2015, un recours d'appel contre cet aute, puis, le 15 juin 2015, un écrit d'opposition à l'exécution. Par un aute du 1er octobre 2015, la Sala a déclaré irrecevable le recours d'appel, au motif que les décisions rendues au cours de la procédure d'exécution ne sont pas susceptibles d'appel, sauf prévision expresse. Par un aute du 17 novembre 2015, le juge de la Batllia a inadmis l'opposition pour tardiveté, en précisant que la provision du 16 juin 2015 était laissée sans effet, et ordonné la poursuite de l'exécution.
Mme Galan a interjeté appel contre ce dernier aute. Dans ses conclusions du 18 avril 2016, elle sollicite la révocation de la décision de première instance. Le créancier poursuivant, dans ses conclusions en réponse du 5 mai 2016, demande le rejet du recours avec condamnation aux dépens.
La formation de la Sala Civil, composée de MM. Abril Campoy et Anière et de Mme Amat Llari, est saisie du seul point de savoir si l'opposition, déclarée tardive, peut néanmoins être admise.
Question de droit
La question posée est la suivante : une opposition à l'exécution formée au-delà du délai légal peut-elle être admise lorsque le débiteur a, dans ce délai, manifesté sa volonté de contester l'aute d'exécution par la voie d'un recours d'appel qui s'est révélé irrecevable ?
Deux moyens sont soulevés par l'appelante. Le premier tient à la chronologie : le recours d'appel, formé dans le délai de treize jours ouvrables, aurait ouvert le délai de l'opposition, dont le dépôt, bien que tardif de quelques jours, serait intervenu dans le délai de quinze jours accordé pour le paiement. Le second invoque une interprétation « peu rigoriste » des règles de procédure, en référence à l'article 10 de la Constitution andorrane (CA), dont la décision ne reproduit pas
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i el M.I. Sr. Vincent Anière i la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 30 de juny del 2016 - ROJ: ATSJAD 106/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per Aute de l'Hble. Batlle, de data 17-11-2015, es va dictar la següent part decisòria: "DECIDEIX: Primer.- No admetre a tràmit l'oposició formulada per la representació processal de la Sra. Galan mitjançant escrit de data 15 de juny de 2015 per extemporània, deixant sense efecte la providència de data 16 de juny de 2015. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 30 juin 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000060/2016 ORIGEN: 2001395/1998 - 00
NIG: 5300542120150003382
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 30 de juny del 2016.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i el M.I. Sr. Vincent Anière i la M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per Aute de l'Hble. Batlle, de data 17-11-2015, es va dictar la següent part decisòria: "DECIDEIX: Primer.- No admetre a tràmit l'oposició formulada per la representació processal de la Sra. Galan mitjançant escrit de data 15 de juny de 2015 per extemporània, deixant sense efecte la providència de data 16 de juny de 2015.
Segon.- Continuar amb l'execució dels present autes.
Tercer.- Notificar la present resolució a les parts interessades"
II.- Contra el referit Aute, la part que va instar l'oposició contra l'execució i que fou inadmesa per extemporània, va interposar recurs. En data de registre 18-04-2016, va articular el seu escrit de conclusions, en mèrits del qual i pels motius continguts en el mateix, sol·licita la revocació de la resolució d'instància.
Pel contrari, la representació processal de la part executant, per escrit de contesta a les conclusions, de data 5-05-2016, en consonància amb els arguments exposats, va demanar la desestimació del recurs amb imposició de les costes processals.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy.
FONAMENTS DE DRET
I.- Els greuges que la part que va instar l'oposició a l'execució enumera per a fonamentar el seu recurs són els següents. En primer terme, entén, d'acord amb la cronologia dels fets, que va interposar en el termini de tretze dies hàbils recurs d'apel·lació, el qual no fou admès per la Sala, es va concedir el termini de 15 dies per efectuar el pagament i dins d'aquest va manifestar que no estava d'acord, i va obrir l'incident sense considerar-ho inicialment extemporani. En segon terme, considera que s'ha d'imposar una interpretació poc rigorista de les normes de procediment (cfr. art. 10 CA).
II.- Els dos motius o greuges precedents poden ésser analitzats conjuntament.
Consta a les actuacions que per Aute de 18-05-2015 es va requerir a la Sra. Galan per tal que fes efectiva la quantitat de 777.599,87 euros, de principal i interessos, en el termini de quinze dies i que assenyalés béns per a la seva eventual realització. Aquest Aute fou notificat el dia 26 de maig de 2016 i, en data de registre, 11-06-2015 va interposar recurs d'apel·lació contra el mateix per considerar-ho lesiu pels seus interessos. Així mateix, amb data de registre 15-06-2015 es va presentar un escrit en el que es formulava oposició a l'Aute d'execució. Per Aute d'aquesta Sala, de data 1- 10-2015, es va inadmetre a tràmit el recurs d'apel·lació atès que, segons la doctrina del Tribunal, es va assenyalar que, sense perjudici de l'incident d'execució que es pot plantejar front al despatx de l'execució i que clou per un Aute recurrible, el criteri general és l'admissió limitada dels recursos als casos en els que s'ha previst la tramitació d'un recurs d'apel·lació, mentre que les resolucions que es dictin durant el procediment no són susceptibles de recurs.
En el cas que ara ens ocupa, la Sala considera que no procedeix aplicar la preclusió dels terminis per a formular l'incident d'execució, tota vegada que ha restat acreditada la voluntat de la recurrent d'oposar-se al contingut de l'Aute que despatxa execució. El que succeeix és que la recurrent va interposar en temps recurs d'apel·lació contra l'Aute, quan aquest no era apel·lable, el dia 11 de juny i no fou fins el 15 de juny, quan s'havia escolat per un dia el termini que va plantejar l'oposició a l'execució i que va donar lloc a l'apertura de l'incident d'execució.
Consegüentment, atesa la voluntat de la recurrent d'oposar-se a l'Aute d'execució, exterioritzada per la interposició en termini d'un recurs d'apel·lació, hem d'entendre que presentada l'oposició a l'execució, la seva voluntat era clara i manifestada abans dels tretze dies, encara que per un canal processal inidoni, de voler oposar-se a l'execució despatxada en la seva contra, de manera que cal revocar l'Aute dictat i ordenar la continuació de l'incident d'execució interposat.
III.- L'estimació del recurs s'ha de traduir, en matèria de costes processals, en la no imposició de les costes d'aquesta alçada (arg. Novel·la 82, cap. X).
Decisio
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas.-
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
DECIDEIX
ESTIMAR el recurs interposat per la representació processal de la Sra. Galan contra l'Aute de data 17-11-2015 i revoquem la seva part decisòria en el sentit d'admetre a tràmit l'oposició formulada per la recurrent per escrit de 15-06-2015 i ordenar la continuació de l'incident d'execució. No procedeix efectuar imposició de les costes d'aquesta alçada.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.
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