I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 21 octobre 2016 (ROJ : ATSJAD 134/2016 ; ECLI:AD:TSJADAD:2016:134A)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 21 octobre 2016, ROJ : ATSJAD 134/2016 ; ECLI:AD:TSJADAD:2016:134A (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, recours A152/15, TSJC 152/2015) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision porte sur une mesure de tutelle concernant Mme Pla, déclarée incapable par un Aute du 5 juin 2013. Le litige relatif à la désignation de son tuteur a donné lieu à plusieurs décisions successives.
Un Aute du 10 septembre 2013 a désigné la fille de l'intéressée, Mme Palomo, comme tutrice. M. Ramirez, fils de la personne protégée, a soulevé un incident de nullité d'actuacions, au motif qu'il n'avait pas été informé de la demande d'incapacitation ni cité ni entendu. Cet incident a été accueilli par un Aute du 16 mai 2014, qui a remis la procédure au moment antérieur à la décision du 10 septembre 2013.
Un nouvel Aute du 12 février 2015 a de nouveau désigné Mme Palomo. Les deux parties ont interjeté appel. Après l'instruction en appel (conclusions, intervention du ministère public, rejet d'une demande de preuves nouvelles le 27 juin 2016, audience fixée au 14 juillet 2016), la Sala Civil a rendu, le 19 juillet 2016, un Aute qui a estimé l'appel de M. Ramirez, révoqué intégralement la décision de première instance et désigné M. Ramirez comme tuteur. Le recours de Mmes Campillo et Ferreras a été rejeté sur le point des dépens.
Ces dernières ont alors formé un incident de nullité d'actuacions contre l'Aute du 19 juillet 2016. Elles soutenaient, en substance, que la durée excessive de la procédure (plus de trois ans entre la mesure d'incapacitation et la désignation du tuteur) avait porté atteinte à leur droit à un procès dans un délai raisonnable, que l'appréciation des preuves était erronée et qu'il existait une cause de récusation d'un magistrat, sans que celle-ci soit précisée.
Question de droit
La Sala Civil devait déterminer si l'incident de nullité d'actuacions, tel qu'ouvert par le troisième alinéa de l'article 18 bis de la Llei de modificació de la Llei transitòria de procediments judicials du 22 avril 1999, pouvait être utilisé contre une résolution ferme pour contester :
- la durée de la procédure, au regard du droit à la jurisdicción garanti par l'article 10 de la Constitution andorrane ;
- l'appréciation des preuves par la juridiction d'appel ;
- l'éventuelle partialité d'un magistrat, invoquée pour la première fois devant la Sala.
L'incident est ici présenté comme une voie de recours extraordinaire, dont l'ouverture est subordonnée à la démonstration d'une violation d'un droit fond
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Carles Cruz Moratones i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 21 d'octubre del 2016 - ROJ: ATSJAD 134/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- L'Aute de 19 de juliol del 2016 va decidir: ESTIMAR el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal del Sr. Ramirez contra l'Aute dictat per l'Hble. Batlle en data 12 de febrer del 2015 , que REVOQUEM íntegrament, acordant: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 21 octobre 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000152/2015 ORIGEN: 5400230/2013 - 00
NIG: 5300542120140000752
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 21 d'octubre del 2016.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Carles Cruz Moratones i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- L'Aute de 19 de juliol del 2016 va decidir: ESTIMAR el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal del Sr. Ramirez contra l'Aute dictat per l'Hble. Batlle en data 12 de febrer del 2015 , que REVOQUEM íntegrament, acordant:
1r.- Nomenar al Sr. Ramirez tutor de la seva mare, la Sra. Pla. 2n.- Donar possessió del càrrec de tutor al Sr. Ramirez.
3.- Lliurar còpia legalitzada del present Aute al Registre Civil a efectes d'inscripció.