I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 63/2017 (ROJ ATSJAD 63/2017 ; ECLI:AD:TSJADAD:2017:63A)
Décision commentée : ATSJAD 63/2017, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, Aute du 23 mars 2017, recours n° A037/16 (ROJ ATSJAD 63/2017 ; ECLI:AD:TSJADAD:2017:63A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une sentence n° 68-2016 du 21 octobre 2016, la Sala Administrativa du Tribunal Superior de Justícia a rejeté le recours d'appel formé par la Commune d'Andorre-la-Vieille (Comú d'Andorra la Vella). Elle a confirmé le jugement du Tribunal de Batlles, section administrative, du 10 février 2016, et déclaré non conforme au droit la résolution du 12 juillet 2012 qui infligeait à M. Catalá une sanction consistant en son transfert vers un autre poste de travail. La résolution a en conséquence été annulée.
La sentence du 21 octobre 2016 a été notifiée au représentant processuel de la partie appelante le 25 octobre 2016. Le 2 mars 2017, cette même partie a sollicité un aclariment, c'est-à-dire une clarification de la décision, afin de déterminer si l'annulation prononcée relevait d'une cause de nullité de plein droit au sens de l'article 48 du Codi de l'Administració, numerus clausus, ou d'un motif d'annulabilité produisant des effets ex nunc. Elle demandait également que soient précisées les conséquences de l'annulation, en particulier au regard de l'absence de toute demande indemnitaire formulée par l'intéressé, faute pour lui d'avoir chiffré les rémunérations non perçues ou fixé le point de départ de son droit.
M. Catalá s'est opposé à la demande. Il soutenait, d'une part, que la requête était tardive au regard de la date de notification de la sentence et, d'autre part, qu'il résultait clairement des deux décisions rendues dans la procédure que l'acte avait été déclaré nul, c'est-à-dire avec effets ex tunc. Il faisait en outre observer que les rémunérations dues depuis la date de l'acte annulé n'avaient pas encore été versées, l'exécution volontaire de la sentence étant en cours.
Le Gouvernement d'Andorre figurait également à la cause, mais la décision ne fait état d'aucune prise de position de sa part sur la demande d'aclariment (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question centrale était de savoir si une demande d'aclariment peut être accueillie lorsqu'elle est présentée plusieurs mois après le prononcé de la décision dont la clarification est sollicitée, alors que la loi ne fixe pas de délai spécifique pour ce type de demande.
Une question subsidiaire, que la juridiction n'a pas tranchée sur le fond, portait sur la nature des effets de l'annulation (nullité de plein droit ou annulabilité) et sur la détermination des conséquences pécuniaires de celle-ci.
Le fondement invoqué était l'article 111 de la Llei de la jurisdicció administrativa i fiscal, aux termes duquel le Tribunal de Batlles et le Tribunal
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist la sol·licitud d'aclariment de sentència formulada per la part agent, en el recurs d'apel·lació número 5000036/2013, havent estat observades les prescripcions legals. És ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 23 de març del 2017 - ROJ: ATSJAD 63/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1.- La sentència d'aquesta Sala núm. 68-2016, de 21 d'octubre, va desestimar el recurs d'apel·lació presentat pel COMÚ D'ANDORRA LA VELLA i va confirmar la sentència del 10 de febrer de 2016 dictada pel Tribunal de Batlles, secció administrativa, tot declarant que la resolució del 12 de juliol de 2012 que imposa una sanció consistent en el trasllat a altre lloc de treball del Sr. Catalá no és ajustada a dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa i que per tant procedeix anul·lar-la.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramès testimoni al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa, per al seu coneixement i execució, ho acordem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 23 mars 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Administrativa
Núm. de Protocol: 5000036/2013 Núm. de Rotlle: TSJA-0000037/2016
AUTE 10-2017
PARTS:
Apel·lant: COMÚ D'ANDORRA LA VELLA
Representant: Sra. Marcos
Advocat: ídem
Apel·lat: Sr. Catalá
Representant: ídem
Advocat: Sra. Gomila
Apel·lat: GOVERN D'ANDORRA
Representant: Sr. Marti
Advocat: Sra. Mena
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, vint-i-tres de març de dos mil disset.