I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 144/2017 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 20 juillet 2017)
Décision commentée : ATSJAD 144/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:144A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Dans le cadre d'un procès civil enregistré sous le numéro 9000776/2016, le Batlle de la Sección Civil a rendu, le 16 septembre 2016, un aute d'exécution. Par une résolution du 25 avril 2017, ce magistrat a modifié cet aute en ce qui concerne le montant des honoraires d'avocat dus par la partie exécutée. La décision énonce un principal de 31 552,50 EUR, des intérêts légaux du 9 octobre 2014 au 16 septembre 2016 de 1 070,41 EUR, et un total de 41 904,04 EUR. Elle rappelle en outre que le saig est chargé de l'exécution forcée et ouvre un incident d'exécution dans un délai de treize jours ouvrables, tramité selon l'article 4 du décret du 4 février 1986.
M. Bueno a interjeté appel contre cette résolution. Le recours a été enregistré devant le Tribunal Superior de Justícia sous la référence A218/16 (TSJC 218/2016), et le dossier a été attribué au juge rapporteur Joan Manel Abril Campoy. Le texte est un aute, c'est-à-dire une décision non juridictionnelle au sens strict, rendue par le président de la Sala dans le cadre du contrôle préalable de recevabilité.
La décision fait référence à l'article 70 de la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993, dont elle rappelle la substance : une fois le recours attribué à la Sala et le ponent désigné, le président de la Sala vérifie les conditions de recevabilité formelle, au vu de la proposition du ponent, et déclare le recours irrecevable si tel est le cas.
Le texte présente plusieurs imprécisions matérielles. Il désigne tantôt la société ORG_1, tantôt la société ORG_0 comme partie adverse. Il mentionne un aute du « 16-12-2016 » alors que l'aute initial est daté du 16 septembre 2016. Enfin, le total de 41 904,04 EUR ne correspond pas à la somme des deux postes détaillés (32 622,91 EUR). Ces éléments n'affectent pas le raisonnement d'irrecevabilité, mais ils doivent être signalés au lecteur qui cite la décision.
Question de droit
La question posée à la Sala était de savoir si un recours d'appel peut être admis contre un aute correctif d'exécution, lorsque la décision rectifie uniquement des erreurs matérielles sans modifier les pronostics initiaux.
Le raisonnement de la Sala procède en deux temps. Elle qualifie d'abord la décision attaquée : il s'agit d'une résolution « qui simplement rectifica els errors purament materials » (qui rectifie simplement des erreurs purement matérielles), sans altérer les pronunciaments de l'aute originel. Elle constate ensuite que « la legislació vigent no preveu cap recurs d'apel·lació davant del Tribunal Superior respecte aquest tipus de decisions ». La combinaison de ces deux constats fonde l'irrecevabilité.
La décision ne précise pas la disposition légale qui exclut l'appel. Elle se borne à invoquer « la législation en vigueur ». Le fondement exact de l'exclusion
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST que en el marc dels autes del judici civil registrat amb el número 9000776/2016 la representació processal del Sr. Bueno va interposar en recurs d'apel·lació contra l'aute dictat en data 25-04-2017 per l'Honorable Batlle de la Secció Civil essent part apel·lada la societat ORG_1. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 20 de juliol del 2017 - ROJ: ATSJAD 144/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« VIST que la representació processal del Sr. Bueno procedí a formalitzar el seu recurs d'apel·lació en temps i forma deguts. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquest aute ho acorda, mana i signa el M.I. President del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, de tot el què jo l'infrascrit Secretari en dono fe.- »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 20 juillet 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000218/2017 ORIGEN: 9000776/2016 - 00
NIG: 5300542120150000598
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 20 de juliol del 2017
VIST que en el marc dels autes del judici civil registrat amb el número 9000776/2016 la representació processal del Sr. Bueno va interposar en recurs d'apel·lació contra l'aute dictat en data 25-04-2017 per l'Honorable Batlle de la Secció Civil essent part apel·lada la societat ORG_1.
VIST que la representació processal del Sr. Bueno procedí a formalitzar el seu recurs d'apel·lació en temps i forma deguts.
Antecedents de fet
ATÈS que l'article 70 de la Llei Transitòria de Procediments Judicials, de data 21 de desembre de 1.993, disposa entre altres extrems que, una vegada assignat el recurs a la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia i nomenat el ponent, el president de la Sala verificarà les condicions d'admissibilitat formal del recurs a la vista de la proposta del ponent, i que si el recurs no és admissible ho declararà.