ATSJAD ANDORRA, a 18 de setembre del 2017 - ROJ: ATSJAD 151/2017
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé18 septembre 2017
Numéro33/17
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD 151/2017, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 18 septembre 2017
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), aute du 18 septembre 2017, ROJ ATSJAD 151/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:151A ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note de méthode : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est reconstituée à partir des mentions figurant dans le texte intégral. La décision étant rédigée en catalan, les passages cités sont une traduction française fidèle.*
## Faits et procédure
Un accident de la circulation survient le 22 octobre 2014 entre un véhicule conduit par Mme Ferreras et une motocyclette conduite par M. Puga. Le véhicule de Mme Ferreras, arrêté sur la chaussée pour accéder à des immeubles, s'engage dans la voie d'en face alors qu'une motocyclette approche. Le motocycliste freine et chute.
Par ordonnance pénale du 12 avril 2016, Mme Ferreras est condamnée comme auteur responsable d'un délit mineur d'imprudence grave avec résultat de lésions. Les peines prononcées sont un mois d'arrêt nocturne avec sursis, assorti d'un délai d'épreuve de deux ans, et la privation du permis de conduire pendant six mois. L'ordonnance réserve la détermination de la responsabilité civile *ex delicto* et des frais de procédure, conformément à l'article 238 du Code de procédure pénale. Elle devient définitive faute d'opposition des parties.
Dans le cadre de l'exécution, le juge d'instruction (*Batlle*) rend un aute le 23 janvier 2017. Il retient une concurrence de fautes à hauteur de 50 % pour chacun des intervenants, condamne solidairement Mme Ferreras et la compagnie d'assurances A, SA à indemniser la Caisse andorrane de sécurité sociale (CASS) et M. Puga, ce dernier à hauteur de 5 678,86 euros.
M. Puga interjette appel. Il conteste l'existence d'une faute de sa part, qui exclurait toute réduction de son droit à indemnisation. Il sollicite également l'indemnisation de frais de lunettes (363 euros) et de frais liés à des infiltrations, déplacements inclus (242,35 euros). Mme Ferreras et son assureur concluent à la confirmation. Le ministère public ne s'oppose pas à la responsabilité exclusive de la conductrice mais laisse à l'appréciation de la Cour certains postes indemnitaires. La CASS n'interjette pas appel.
## Question de droit
La Cour devait résoudre deux questions.
La première porte sur la **concurrence de fautes** : la faute reprochée à la conductrice du véhicule est-elle la seule cause de l'accident, ou le conducteur de la motocyclette a-t-il lui-même commis une faute ayant contribué à la réalisation de son propre dommage, de nature à justifier un partage de responsabilité ? La Cour formule ce questionnement en ces termes : il s'agit de déterminer « si le conducteur de la motocyclette a commis une faute en contribuant à la réalisation de son propre dommage ».
La seconde porte sur l'**étendue du préjudice indemnisable**, plus précisément sur le sort des frais de lunettes et des frais médicaux et de déplacement.
## Solution et dispositif
Sur le premier point, la Cour écarte la concurrence de fautes. Elle relève que la vitesse de la motocyclette, estimée entre 36,98 et 42,73 km/h selon les traces de freinage, est inférieure à la limitation de 40 km/h, marge d'erreur de 10 % comprise. Elle juge qu'un défaut de maîtrise n'est pas établi. Elle considère enfin que le caractère soudain de la mise en marche du véhicule, à une distance de 14 mètres, rendait impossible toute anticipation de la part du motocycliste. La seule manœuvre prévisible était le freinage.
Sur le second
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 18 de setembre del 2017 - ROJ: ATSJAD 151/2017
ATSJAD 151/2017, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 18 septembre 2017
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), aute du 18 septembre 2017, ROJ ATSJAD 151/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:151A (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus est reconstituée à partir des mentions figurant dans le texte intégral. La décision étant rédigée en catalan, les passages cités sont une traduction française fidèle.
Faits et procédure
Un accident de la circulation survient le 22 octobre 2014 entre un véhicule conduit par Mme Ferreras et une motocyclette conduite par M. Puga. Le véhicule de Mme Ferreras, arrêté sur la chaussée pour accéder à des immeubles, s'engage dans la voie d'en face alors qu'une motocyclette approche. Le motocycliste freine et chute.
Par ordonnance pénale du 12 avril 2016, Mme Ferreras est condamnée comme auteur responsable d'un délit mineur d'imprudence grave avec résultat de lésions. Les peines prononcées sont un mois d'arrêt nocturne avec sursis, assorti d'un délai d'épreuve de deux ans, et la privation du permis de conduire pendant six mois. L'ordonnance réserve la détermination de la responsabilité civile ex delicto et des frais de procédure, conformément à l'article 238 du Code de procédure pénale. Elle devient définitive faute d'opposition des parties.
Dans le cadre de l'exécution, le juge d'instruction (Batlle) rend un aute le 23 janvier 2017. Il retient une concurrence de fautes à hauteur de 50 % pour chacun des intervenants, condamne solidairement Mme Ferreras et la compagnie d'assurances A, SA à indemniser la Caisse andorrane de sécurité sociale (CASS) et M. Puga, ce dernier à hauteur de 5 678,86 euros.
M. Puga interjette appel. Il conteste l'existence d'une faute de sa part, qui exclurait toute réduction de son droit à indemnisation. Il sollicite également l'indemnisation de frais de lunettes (363 euros) et de frais liés à des infiltrations, déplacements inclus (242,35 euros). Mme Ferreras et son assureur concluent à la confirmation. Le ministère public ne s'oppose pas à la responsabilité exclusive de la conductrice mais laisse à l'appréciation de la Cour certains postes indemnitaires. La CASS n'interjette pas appel.
Question de droit
La Cour devait résoudre deux questions.
La première porte sur la concurrence de fautes : la faute reprochée à la conductrice du véhicule est-elle la seule cause de l'accident, ou le conducteur de la motocyclette a-t-il lui-même commis une faute ayant contribué à la réalisation de son propre dommage, de nature à justifier un partage de responsabilité ? La Cour formule ce questionnement en ces termes : il s'agit de déterminer « si le conducteur de la motocyclette a commis une faute en contribuant à la réalisation de son propre dommage ».
La seconde porte sur l'étendue du préjudice indemnisable, plus précisément sur le sort des frais de lunettes et des frais médicaux et de déplacement.
Solution et dispositif
Sur le premier point, la Cour écarte la concurrence de fautes. Elle relève que la vitesse de la motocyclette, estimée entre 36,98 et 42,73 km/h selon les traces de freinage, est inférieure à la limitation de 40 km/h, marge d'erreur de 10 % comprise. Elle juge qu'un défaut de maîtrise n'est pas établi. Elle considère enfin que le caractère soudain de la mise en marche du véhicule, à une distance de 14 mètres, rendait impossible toute anticipation de la part du motocycliste. La seule manœuvre prévisible était le freinage.
Sur le second
Aute
Núm. de Causa: 5000209/2015 Núm. de Rotlle: TSJP-0000033/2017
Andorra la Vella, divuit de setembre de dos mil disset.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 23 de gener de 2017, dictat per l'Hble. Batlle instructora en el marc de l'execució de l'ordenança penal dictada en la causa de referència, seguida pel delicte menor d'imprudència greu amb resultat de lesions, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent la M. I. Sra. Marie Conte.
I.- RESULTANT: que per ordenança penal dictada per l'Hble. Batlle instructora el 12 d'abril de 2016, es va condemnar a la Sra. Ferreras com autora responsable d'un delicte menor d'imprudència greu amb resultat de lesions, a la pena d'un mes d'arrest nocturn condicional, amb un termini de suspensió de la condemna per un període de dos anys, i a la pena de privació del permís de conduir per un període de sis mesos, deixant pel període d'execució la determinació de la responsabilitat civil ex delicto i de les costes processals, en mèrits de l'article 238 del Codi de Procediment Penal.
Dita ordenança penal va esdevenir ferma i executòria en no formular les parts oposició a la mateixa.
II.- RESULTANT: que en el marc de l'execució de la present causa, l'Hble. Batlle instructora, per aute de 23 de gener de 2017, decidí:
"Primer.- Donar lloc a la concurrència de culpes que ha estat interessada per la representació lletrada de la condemnada i de la companyia d'assegurances "A, S.A.", establint-se aquesta en un 50% per cadascun dels intervinents, és a dir, per Ferreras i Puga.
Segon.- Fixar la indemnització a satisfer per Ferreras solidàriament amb la companyia d'assegurances "A, S.A.", a favor de:
*) A la Caixa Andorrana de Seguretat Social, el 50% de la suma total reclamada tres-mil cent seixanta-cinc euros amb catorze cèntims (3.165,14.- EUR) corresponent a les prestacions de reembossament, prestacions econòmiques per incapacitat temporal i cotització part empresarial assumida per la Caixa Andorrana de Seguretat Social.
*) A Puga, el 50% de la suma total de cinc mil sis-cents setanta-vuit euros amb vuitanta-sis cèntims (5.678,86.- EUR) i el 50% de la suma que es determini en execució de la present resolució en concepte d'honoraris d'advocat, I.G.I., còpies i taxes."
III.- RESULTANT: que per escrit de data 28 de febrer de 2017, la defensa i representació del Sr. Puga ha formulat recurs d'apel·lació contra el precitat aute de la Batllia, el qual es fonamenta, en síntesi, en les següents al·legacions:
S'oposa a la concurrència de culpes entre els conductors dels dos vehicles implicats en l'accident apreciada en la instància: la responsabilitat és exclusiva de la Sra. Ferreras atès que la causa eficient de la producció de l'accident fou la conducta negligent de la condemnada al iniciar un canvi sobtat de direcció quan s'aproximava un vehicle en sentit contrari.
Procedeix donar lloc a la indemnització de les despeses relacionades amb les infiltracions efectuades al seu defensat, els desplaçaments que les mateixes van donar lloc i el cost de les ulleres que es van trencar el dia de l'accident, en l'import de 6.284,66 euros, per existir un nexe causal entre aquests perjudicis i l'accident d'autes.
IV.- RESULTANT: que per escrit de data 29 de maig de 2017, la representació lletrada de la Sra. Ferreras i de la companyia d'assegurances A, SA s'ha oposat al recurs formulat de contrari, sol·licitant la confirmació de l'aute recorregut i sol·licitant, a l'ensems, la condemna de l'adversa al pagament de les costes processals.
V.- RESULTANT: que per escrit de data 31 de maig de 2017 el Ministeri Fiscal, d'una banda, no s'oposa a la petició del recurrent de fixar la responsabilitat exclusiva de la condemnada i solidàriament de la seva companyia asseguradora, i d'altra banda, deixa al criteri d'aquesta Sala la reclamació de certs conceptes indemnitzatoris realitzada per la mateixa part.
FONAMENTS DE DRET
I.- CONSIDERANT: pel que fa al primer motiu de recurs, relatiu a la concurrència de culpes recollit per l'aute recorregut, a l'alçada d'un 50% per la Sra. Ferreras i d'un 50% pel Sr. Puga, no s'ha impugnat que Ferreras - condemnada per ordenança penal de data 12 d'abril de 2016 com a autora responsable d'un delicte menor d'imprudència greu amb resultat de lesions- va cometre una falta que va contribuir en la realització de l'accident, consistint en la invasió per part del vehicle conduit per la condemnada de part del carril de circulació per on circulava la motocicleta conduïda pel perjudicat.
Per tant, s'ha de buscar si el conductor de la motocicleta va cometre una falta per haver contribuït a la realització del seu propi dany.
L'aute recorregut, per donar lloc a la concurrència de culpes, connecta, a càrrec del perjudicat, una velocitat excessiva, un defecte en el control del seu vehicle, manifestat per una frenada brutal, malgrat disposar d'un espai suficient per passar sense que s'hagués produït la col·lisió.
De les manifestacions contingudes de l'atestat de l'accident de circulació establert pel Servei de Policia en ressurt que, al lloc de l'accident, la limitació de la velocitat és de 40 km/h, senyalitzada de forma específica, i segons les estimacions realitzades pels investigadors a partir de les marques de frenada la motocicleta circulava a una velocitat d'entre 36,98 i 42,73 km/h, tenint en compte un marge d'error d'un 10%, en conseqüència, no s'ha demostrat que el perjudicat circulés a una velocitat excessiva.
D'altra banda, pel que fa l'error d'actuació en quan aprecia el perill del vehicle conduit per Ferreras imputat a l'avui recurrent, aquesta darrera va declarar que, en un primer moment, es va aturar per tal de cedir el pas als possibles vehicles que circulen en sentit contrari, però no hi circulava cap; va iniciar la marxa, moment en el qual va veure que s'aproximava pel carril de circulació contrari una motocicleta i, en veure això, va frenar. Quan s'adonà de la presència de la motocicleta, aquesta es trobava a 14 metres respecte la seva posició.
Aquestes declaracions coincideixen amb les declaracions del perjudicat, que va indicar haver vist un turisme aturat al carril de circulació contrari per tal d'accedir als immobles situats a la seva esquerra, el qual el va portar a reduir la seva velocitat, i quan va arribar a una distància d'una desena de metres respecte a la posició del turisme, aquest va iniciar la marxa i s'interposà a la seva trajectòria, motiu pel qual va accionar el sistema de frens.
Aquesta Sala considera que, compte tingut el caràcter sobtat de la posada en marxa del vehicle conduit per Ferreras i la feble distància (14 metres) existent entre aquest vehicle i la motocicleta quan el primer va iniciar la marxa, era impossible per a Puga preveure que la conductora del vehicle havia percebut la seva presència, que ella s'aturaria i que la motocicleta tenia la possibilitat de seguir el seu camí sense colpejar-lo. Es dedueix que l'única maniobra previsible pel conductor de la motocicleta era intentar aturar el seu vehicle i frenar, acció que va provocar la seva caiguda a terra.
No establint-se cap falta en la conducció de la motocicleta imputable al recurrent, tota la responsabilitat en la realització de l'accident recau sobre Ferreras. En conseqüència, l'aute recorregut ha de ser confirmat pel que fa a la concurrència de culpes i cal condemnar Ferreras i la companyia d'assegurances A, SA, solidàriament, a indemnitzar la totalitat del perjudici.
II.- CONSIDERANT: pel que fa el quantum indemnitzatori establert per l'aute de 23 de gener de 2017, l'avui recurrent només ha impugnat la desestimació de la seva demanda de reemborsament del cost de les ulleres trencades (363 euros) i les despeses (desplaçaments inclosos) en relació a les infiltracions efectuades a Puga (242,35 euros).
El trencament de les ulleres és compatible amb les circumstàncies de l'accident, res permet posar en dubte les declaracions del perjudicat respecte a la pèrdua de les seves ulleres.
Les infiltracions patides podien ser practicades al Principat i, per tant, el seu cost serà reemborsat per import de 180 euros (foli 86), excloent les despeses de desplaçament.
Ferreras i la companyia A han de ser condemnades, solidàriament, a abonar a Puga la quantitat de 6.221,86 euros.
La CASS no ha interposat recurs d'apel·lació contra l'aute de data 23 de gener de 2017, això implica que aquest és definitiu en les seves disposicions relatives a les demandes de l'organisme social que la Sala Penal, no havent-les jutjat, no les pot modificar.
Decisio
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
DECISIÓ
La Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
1.- Estimar el recurs d'apel·lació interposat per la representació lletrada del Sr. Puga.
2.- Revocar parcialment l'aute dictat per l'Hble. Batlle instructora en data 23 de gener de 2017 en l'execució de la causa de referència, en el sentit de:
Declarar la Sra. Ferreras responsable única de l'accident ocorregut el 22 d'octubre de 2014 i del qual fou víctima el Sr. Puga.
Condemnar la Sra. Ferreras, solidàriament amb la companyia d'assegurances A, SA, a abonar al Sr. Puga la suma de 6.221,86 euros en reparació del seu perjudici i la totalitat de la suma que es determini en execució de la present decisió en concepte d'honoraris d'advocat, IGI, còpies i taxes.
3.- Condemnar la Sra. Ferreras i la companyia d'assegurances A, SA al pagament de les despeses processals causades en aquesta segona instància, inclosos els honoraris d'advocat de la part apel·lant.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que, una vegada notificada la present sentència a totes les parts, es retorni la causa a la Batllia, amb certificació de la present sentència, per al seu compliment i execució.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.