I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 158/2017 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 14 septembre 2017)
Décision commentée : ATSJAD 158/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:158A, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, recours A200/17 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 24 octobre 2016, M. Esteban a demandé à être déclaré héritier ab intestat de sa mère, Mme Escudero. La date exacte du décès de celle-ci est masquée dans la version consultée (« XX-XX-2016 »), mais la décision retient qu'il est survenu en 2016 (non précisé dans la décision pour le jour et le mois).
Par un Aute du 24 avril 2017, le Batlle a rejeté la demande. Le dispositif de cette première décision est ainsi rédigé : « DECIDEIX : Únic.- No donar lloc a la petició de declaració d'hereu ab intestat promoguda pel Sr. Esteban en data 24 d'octubre del 2016 ».
M. Esteban a interjeté appel. Il soutenait que les capitulations matrimoniales conclues en 1975 (date masquée : « XX-XX-1975 ») ne pouvaient plus produire d'effets en raison du divorce des époux, et reprochait au premier juge de ne citer aucune disposition légale ni aucune jurisprudence à l'appui de sa décision.
Les capitulations contenaient cinq pactes successoraux. Le cinquième permettait au conjoint survivant, tant qu'il restait veuf, de désigner l'héritier parmi les enfants communs, en portant sur les biens propres comme sur ceux du prédécédé. À défaut de désignation, les biens devaient être partagés à parts égales entre les enfants. Les époux se sont divorcés en 2015 (date masquée : « XX-XX-2015 »). Aucune désignation d'héritier par les époux n'apparaît dans les actes.
La Sala Civil a relevé que la décision de première instance appliquait expressément la Llei 46/2014 de la successió per causa de mort et se référait à son article 80. Le moyen tiré de l'absence de motivation légale a donc été écarté. Le moyen relatif à l'inefficacité des capitulations a en revanche été accueilli.
Question de droit
La question posée était double. Il fallait d'abord déterminer si le divorce survenu entre la conclusion des capitulations et l'ouverture de la succession rendait inefficaces les pactes successoraux en faveur du conjoint, au sens de l'article 80 de la Llei 46/2014. Il fallait ensuite apprécier si cette inefficacité atteignait tous les pactes ou seulement ceux qui sont expressément visés par le texte, c'est-à-dire ceux qui bénéficient au conjoint.
Le tribunal de première instance avait retenu une solution médiane : les pactes troisième et quatrième avaient perdu leur efficacité, mais le cinquième, qui conférait au survivant un pouvoir de désignation, la conservait. La Sala Civil a écarté cette lecture.
L'article 80 de la Llei 46/2014 est ainsi rédigé dans la décision : « Els pactes a favor del cònjuge o del convivent en unió estable de parella, o dels parents d'aquests, esdevenen ineficaços si, amb posterioritat al seu atorgament, els cònjuges o convivents se separen de fet o judicialment, es divorcien o el seu matrimoni és declarat nul, o bé s'extingeix la unió estable de parella, i també si en el moment de la mort hi ha pendent una demanda de
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 14 de setembre del 2017 - ROJ: ATSJAD 158/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 14 septembre 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC.- 0000200/2017 ORIGEN: 5000410/2016 - 00
NIG: 5300542120160003133
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 14 de setembre del 2017.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats
M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 24-10-2016 el Sr. Esteban va sol·licitar la seva declaració com a hereu ab intestat de la seva mare Sra. Escudero.
II.- L'Hble. Batlle va dictar Aute, de data 24-04-2017, amb la següent part decisòria: "DECIDEIX: Únic.- No donar lloc a la petició de declaració d'hereu ab intestat promoguda pel Sr. Esteban en data 24 d'octubre del 2016".
III.- La representació processal de la part agent va interposar recurs contra la resolució d'instància i, en data de registre 4-07-2017, va articular escrit de conclusions, segons el qual i en mèrits dels arguments exposats, demana la revocació de l'Aute d'instància.