ATSJAD ANDORRA, a 30 de novembre del 2017 - ROJ: ATSJAD 224/2017
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé30 novembre 2017
NuméroA163/17
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Juridiction andorrane, — (ROJ : ATSJAD 224/2017)
> Décision commentée : Juridiction andorrane, — ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
**Identification :** Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, *Aute* du 30 novembre 2017, recours n° A163/17, origine 7000051/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:224A. Rapporteur : Joan Manel Abril Campoy. Matière : jurisdicció voluntària (procédure gracieuse).
## Faits et procédure
Les Sres Ricart i Calatayud, filles de la défunte Sra Gibert, ont saisi le juge par écrit du 31 janvier 2017. Elles se déclaraient légitimaires de leur mère décédée et indiquaient avoir accepté la succession le 26 septembre 2003, représentées alors par leur mère, la Sra Sanz. Cette dernière est légataire de l'usufruit universel de la succession. Les parties étaient engagées dans un litige successoral portant sur l'administration de la succession et sur l'étendue objective de l'usufruit (décision, antécédent I et II).
Dans leur requête, les demanderesses sollicitaient : la déclaration de leur droit à la légitime ; le droit de choisir les biens sur lesquels elle serait prélevée ; l'attribution de la légitime sur un inventaire de biens ; la notification de la décision à la légataire ; et la publication par édits de cette attribution (fonaments, I, §§ 10-14).
La Sra Sanz, par l'intermédiaire de son représentant, a comparu le 16 février 2017. Elle a relevé l'existence de questions contentieuses : la communauté héréditaire, la détermination des biens exclus de l'usufruit et la valeur des biens (antécédent I, § 3).
Par *Aute* du 6 mars 2017, le juge d'instance (l'Hble Batlle) a déclaré irrecevable la demande de tramitation par la voie de la jurisdicció voluntària et a ordonné l'archivage du dossier. Les demanderesses ont interjeté appel. La Sra Sanz a conclu au rejet, avec demande de condamnation aux dépens.
Le tribunal supérieur a admis les preuves documentaires le 7 septembre 2017. La décision commentée tranche l'appel.
## Question de droit
La question posée était double. Il fallait d'abord déterminer si la jurisdicció voluntària est l'instrument approprié pour obtenir la déclaration du droit à la légitime et le paiement de celle-ci lorsque les demanderesses sont à la fois héritières et légitimaires. Il fallait ensuite apprécier si la procédure gracieuse requiert la notification de l'usufruitière universelle et une publication par édits.
Le tribunal rappelle que la jurisdicció voluntària est adéquate lorsque l'intervention de l'autorité judiciaire ou du notaire est nécessaire et qu'il n'existe aucune controverse entre les parties. Cette procédure se justifie, selon la décision, lorsque la loi limite l'autonomie de la volonté, lorsque les volontés nécessaires à la constitution ou à l'efficacité d'un droit font défaut, ou en raison de l'importance de la matière et de ses effets sur les intéressés (fonaments, II, § 8).
## Solution et dispositif
Le tribunal rejette le recours, mais pour des motifs différents de ceux retenus en première instance. Il considère que le juge d'instance avait fondé sa décision sur l'existence d'une controverse judiciarisée, alors que la véritable raison tient à l'absence d'objet gracieux justifiant l'intervention du juge.
Le raisonnement peut être résumé en trois temps :
1. **Le droit à la légitime existe.** Les demanderesses sont légitimaires en vertu du droit successoral du Principat et, en tant qu'héritières de la défunte, elles doivent payer les légitimes. Le tribunal relève que la légitime a déjà été attribuée par la clause seconde du testament et que les demanderesses agissent par droit de représentation de leur père (fonaments, II, § 16). Il ne s'agit donc pas d'une attribution à effectuer, mais d'un paiement.
2. **Le paiement en biens hérités est possible.** Selon le tribunal, les héritiers peuvent s'acquitter de la légitime en argent, même en l'absence de liquidités dans la succession, ou en biens héréditaires. Une controverse sur la qualité et la valeur des biens pourrait alors justifier une procédure gracieuse. Or, en l'espèce, les héritières sont les mêmes personnes que les légitimaires et sont d'accord sur les biens à attribuer. Il n'existe donc pas de conflit d'intérêts à trancher (fon
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 30 de novembre del 2017 - ROJ: ATSJAD 224/2017
Identification : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, Aute du 30 novembre 2017, recours n° A163/17, origine 7000051/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:224A. Rapporteur : Joan Manel Abril Campoy. Matière : jurisdicció voluntària (procédure gracieuse).
Faits et procédure
Les Sres Ricart i Calatayud, filles de la défunte Sra Gibert, ont saisi le juge par écrit du 31 janvier 2017. Elles se déclaraient légitimaires de leur mère décédée et indiquaient avoir accepté la succession le 26 septembre 2003, représentées alors par leur mère, la Sra Sanz. Cette dernière est légataire de l'usufruit universel de la succession. Les parties étaient engagées dans un litige successoral portant sur l'administration de la succession et sur l'étendue objective de l'usufruit (décision, antécédent I et II).
Dans leur requête, les demanderesses sollicitaient : la déclaration de leur droit à la légitime ; le droit de choisir les biens sur lesquels elle serait prélevée ; l'attribution de la légitime sur un inventaire de biens ; la notification de la décision à la légataire ; et la publication par édits de cette attribution (fonaments, I, §§ 10-14).
La Sra Sanz, par l'intermédiaire de son représentant, a comparu le 16 février 2017. Elle a relevé l'existence de questions contentieuses : la communauté héréditaire, la détermination des biens exclus de l'usufruit et la valeur des biens (antécédent I, § 3).
Par Aute du 6 mars 2017, le juge d'instance (l'Hble Batlle) a déclaré irrecevable la demande de tramitation par la voie de la jurisdicció voluntària et a ordonné l'archivage du dossier. Les demanderesses ont interjeté appel. La Sra Sanz a conclu au rejet, avec demande de condamnation aux dépens.
Le tribunal supérieur a admis les preuves documentaires le 7 septembre 2017. La décision commentée tranche l'appel.
Question de droit
La question posée était double. Il fallait d'abord déterminer si la jurisdicció voluntària est l'instrument approprié pour obtenir la déclaration du droit à la légitime et le paiement de celle-ci lorsque les demanderesses sont à la fois héritières et légitimaires. Il fallait ensuite apprécier si la procédure gracieuse requiert la notification de l'usufruitière universelle et une publication par édits.
Le tribunal rappelle que la jurisdicció voluntària est adéquate lorsque l'intervention de l'autorité judiciaire ou du notaire est nécessaire et qu'il n'existe aucune controverse entre les parties. Cette procédure se justifie, selon la décision, lorsque la loi limite l'autonomie de la volonté, lorsque les volontés nécessaires à la constitution ou à l'efficacité d'un droit font défaut, ou en raison de l'importance de la matière et de ses effets sur les intéressés (fonaments, II, § 8).
Solution et dispositif
Le tribunal rejette le recours, mais pour des motifs différents de ceux retenus en première instance. Il considère que le juge d'instance avait fondé sa décision sur l'existence d'une controverse judiciarisée, alors que la véritable raison tient à l'absence d'objet gracieux justifiant l'intervention du juge.
Le raisonnement peut être résumé en trois temps :
Le droit à la légitime existe. Les demanderesses sont légitimaires en vertu du droit successoral du Principat et, en tant qu'héritières de la défunte, elles doivent payer les légitimes. Le tribunal relève que la légitime a déjà été attribuée par la clause seconde du testament et que les demanderesses agissent par droit de représentation de leur père (fonaments, II, § 16). Il ne s'agit donc pas d'une attribution à effectuer, mais d'un paiement.
Le paiement en biens hérités est possible. Selon le tribunal, les héritiers peuvent s'acquitter de la légitime en argent, même en l'absence de liquidités dans la succession, ou en biens héréditaires. Une controverse sur la qualité et la valeur des biens pourrait alors justifier une procédure gracieuse. Or, en l'espèce, les héritières sont les mêmes personnes que les légitimaires et sont d'accord sur les biens à attribuer. Il n'existe donc pas de conflit d'intérêts à trancher (fon
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000163/2017 ORIGEN: 7000051/2017 - 00
NIG: 5300542120170000276
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 30 de novembre del 2017
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els Magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Les Sres. Ricart i Calatayud van presentar un escrit, de data 31-01-2017, en el que afirmaven ser legitimàries de la Sra. Gibert, alhora que en data 26-09-2003 van acceptar l'herència de la Sra. Gibert, representades per la seva mare, la Sra. Sanz.
Així mateix, exposen que tenen un litigi de tipus hereditari amb la seva mare, que és legatària de l'usdefruit de l'herència de la Sra. Gibert, en relació a l'administració de l'herència i a l'abast objectiu de l'usdefruit de la mare.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A163/17 — Décision commentée
Per escrit, de data 16-02-2017, la representació processal de la Sra. Sanz va comparèixer i, després d'indicar que havia tingut coneixement de la pendència d'aquest procediment, manifestava que existien diverses qüestions controvertides amb la part agent : existència de comunitat hereditària, a qui correspon la decisió de quins béns resten exclosos de l'àmbit objectiu de l'usdefruit i el valor dels béns.
II.- L'Hble. Batlle va dictar Aute, de data 6-03-2017, amb la següent part decisòria:
"Declarar la improcedència de tramitar la petició continguda en l'escrit presentat per les Sres. Ricart i Calatayud en data 31 de gener de 2017 pel present procediment de jurisdicció voluntària, i procedir a l'arxiu de les presents actuacions sense altre tràmit."
III.- La representació processal de les Sres. Calatayud i Ricart va interposar recurs contra l'Aute dictat a la instància. En data de registre 29-06-2017, va articular el seu escrit de conclusions, en mèrits del qual i en consonància amb els arguments exposats, demanava la revocació de la resolució d'instància.
Pel contrari, la part recorreguda, per escrit de contesta a les conclusions, de data 11-07-2017, va sol·licitar la desestimació del recurs, amb imposició a la part recurrent de les costes processals.
IV.- Per Aute, de 7-09-2017, es van admetre les proves documentals de les parts recurrent i recorreguda.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy.
FONAMENTS DE DRET
I.- Els motius o greuges contra l'Aute d'instància són els següents.
En primer terme, entén que les legitimàries que, a la vegada són hereves, es poden atribuir la llegítima i el gravamen usufructuari no limita el dret a la llegítima ni a escollir els béns que la conformen.
Així, es poden atribuir la llegítima pel procediment de jurisdicció voluntària perquè són hereves i legitimàries, de manera que han de lliurar i rebre la llegítima respectivament.
En segon terme, manifesta que el procés 4000368/2015 no té per objecte la determinació de la llegítima sinó el lliurament de la possessió, inclòs el control i el domini, de tot el patrimoni per manca de gravamen de l'usdefruit, així com el passament de comptes amb la mare i la nul·litat de l'acceptació. Afirma que aquest procés no té les mateixes parts ja que les hereves i legitimàries són les úniques facultades per decidir l'atribució de la llegítima.
En darrer terme, considera que si aquest no és el procés o que cal finalitzar l'anterior procés ordinari pendent, es sol·licita que el Tribunal exposi la forma o solució per tal que les recurrents puguin gaudir del dret a la llegítima.
II.- El present recurs no pot prosperar, encara que per un seguit de raons diferents als exposats per la resolució d'instància.
L'Aute d'instància entén que concorre controvèrsia entre les parts i una causa judicialitzada, per la qual cosa falta un dels elements constitutius de la jurisdicció voluntària.
La jurisdicció voluntària esdevé adequada quan cal la intervenció de l'autoritat judicial o del Notari i no existeix controvèrsia entre les parts. El procediment de jurisdicció voluntària es justifica en aquells supòsits en els que es requereix la intervenció d'una autoritat per les limitacions a l'autonomia de la voluntat, per la manca de les voluntats per a la constitució o eficàcia d'un dret o per la importància de la matèria o com aquesta es projecta sobre els interessats.
En el cas present, s'han d'examinar les pretensions que articula la part promotora de l'expedient de jurisdicció voluntària. Així, en el seu escrit de 31-01- 2017, demana:
La declaració del dret a la llegítima de les Sres. Ricart i Calatayud.
A escollir com a hereves els béns sobre els quals detraure la llegítima.
A atribuir la llegítima sobre una relació de béns que exposava (foli 5 de l'escrit).
La notificació d'aquesta decisió a la legatària.
La publicació per edictes de la present atribució de llegítima.
Atès que les promotores del procediment de jurisdicció voluntària acumulen la doble qualitat d'hereves i de legitimàries, i que la llegítima constitueix una atribució legal que el causant ha d'efectuar a favor de determinats parents per diferents mitjans, el present procediment no solament esdevé absolutament innecessari sinó que tampoc es precisa en aquest la intervenció de la mare com a usufructuària universal de l'herència.
En efecte, les promotores del present procés tenen dret a la llegítima, de conformitat amb el dret successori del Principat, i com a hereves, que alhora són en la successió de la Sra. Gibert, han de procedir a pagar les llegítimes. No es tracta d'atribució com indiquen les agents, per quant la llegítima ja fou atribuïda (clàusula segona del testament) i aquestes són legitimàries per dret de representació del seu pare.
Del que es tracta ara és de procedir al pagament de la llegítima. Tant a Catalunya com a Andorra, des de la Constitució de Felip II de 1585 a les corts de Montsó, els hereus, com a obligats a lliurar les llegítimes, poden pagar aquesta en diners, encara que no n'hi hagi a l'herència, o amb béns hereditaris. I arribats a aquest punt, és quan poden sorgir controvèrsies entre el legitimari que no es conforma amb els béns triats per l'hereu i és el procediment de jurisdicció voluntària l'idoni per a resoldre les qüestions referents a la qualitat i valor dels béns que es pretenen adjudicar al legitimari.
No obstant, en aquest cas aquest conflicte d'interessos, a resoldre per la jurisdicció voluntària, no es pot produir, tota vegada que són les mateixes hereves les que estan d'acord en adjudicar-se un seguit de béns en pagament de la seva llegítima. Per tant, és obvi que no s'escau tampoc des d'aquesta òptica iniciar cap procediment de jurisdicció voluntària.
Aleshores, la determinació i concreció dels béns es pot portar a terme per les pròpies hereves i legitimàries, sense perjudici que serà en el procés ordinari que s'està tramitant, en el que s'haurà de resoldre l'àmbit objectiu de l'usdefruit de la mare; és a dir, si grava la totalitat de l'herència o només el 75% i, en conseqüència si els béns adjudicats es troben lliures o no de gravamen. Així mateix, també podrà discutir en un procediment contenciós l'usufructuària si l'adjudicació dels béns correspon a la quota legitimària o excedeix aquesta, la qual cosa també tindrà a veure amb la valoració que s'hagi realitzat del cabal hereditari.
Però el pagament de béns a les legitimàries per part de les hereves no perjudica a l'usufructuària universal i no precisa la intervenció judicial ni, en conseqüència, la notificació a l'usufructuària ni cap proclama edictal.
III.- La desestimació del recurs no s'ha de traduir en la imposició de les costes processals, no solament perquè l'argumentari de la Sala esdevé divers del emprat a la instància, sinó també perquè ens troben en un procediment de jurisdicció voluntària,
Decisio
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas.-
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
DECIDEIX
DESESTIMAR el recurs interposat per la representació processal de les Sres. Calatayud i Ricart contra l'Aute, de data 6-03-2017, dictat per l'Hble. Batlle, que confirmem en la seva part decisòria. Sense efectuar imposició de les costes processals.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.