ATSJAD ANDORRA, a 22 de desembre del 2017 - ROJ: ATSJAD 264/2017
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé22 décembre 2017
NuméroA409/17
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD Civil, 22 décembre 2017, ROJ ATSJAD 264/2017 (ECLI:AD:TSJADAD:2017:264A)
> Décision commentée : ATSJAD 264/2017, Tribunal Superior de Justicia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2017, recours A409/17 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Le requérant, M. Carnero, a sollicité le 29 juillet 2016 d'être déclaré héritier *ab intestat* de ses parents, MM. Águila et Garzón, et de sa sœur, Mme Caro. Le juge de première instance (Batlle) a, par un *Aute* du 19 septembre 2017, rejeté la demande relative à la succession de ses parents « pour raison de la consolidation du *ius successionis* », mais l'a déclaré héritier *ab intestat* et légitime de sa sœur.
L'intéressé a interjeté appel. Il soutient, en substance, que les contrats de mariage de ses parents contiennent une clause de confiance permettant à l'un des époux, ou à deux parents proches, de désigner un héritier. Selon lui, cette désignation ne peut porter que sur un descendant, et ce descendant ne peut être que lui-même, y compris par voie judiciaire en application du principe *iura novit curia*.
Les faits pertinents, tels que rapportés dans la décision, sont les suivants : les capitulations matrimoniales ont été conclues le 13 juillet 1924 ; le père est décédé en 1953 et la mère en 1975. La clause applicable établit un « heretament » au profit des enfants des contractants, le conjoint survivant étant habilité à désigner l'enfant de son choix, et, à défaut, deux parents plus proches, un par branche, étant investis de ce pouvoir.
La décision ne précise pas l'âge exact des autres parties ni l'état de la procédure devant le juge de première instance au-delà de la date de l'*Aute*.
## Question de droit
La question posée à la Sala Civil peut être formulée ainsi : un juge peut-il déclarer héritier *ab intestat* un descendant lorsque les parents d'un défunt ont, par contrat de mariage, institué une clause de désignation d'héritier qui n'a pas été mise en œuvre, et dont l'efficacité n'a pas été contestée ou constatée ?
Subsidiairement, la décision pose la question de savoir si le seul écoulement du temps depuis l'ouverture des successions (1953 et 1975) suffit à écarter la volonté successorale contractuelle au profit d'une dévolution légale.
## Solution et dispositif
La Sala Civil rejette le recours et confirme intégralement l'*Aute* de première instance. Elle motive sa décision par les considérations suivantes :
- l'objet de la procédure de jurisdicció voluntària est la désignation d'héritiers lorsqu'il n'existe ni délation volontaire, contractuelle ou testamentaire ; en l'absence d'une telle délation, il appartient aux tribunaux de déterminer les appelés, selon l'ordre légal, à défaut d'héritier réservataire, de conjoint ou de concubin habilité à succéder ;
- en l'espèce, les contrats de mariage de 1924 établissent une disposition successorale contractuelle distributive, fondée sur une clause de confiance, qui n'est pas une disposition à caractère strictement personnel et qui couvre la désignation de l'héritier parmi les descendants ;
- depuis 1975, les parents proches peuvent procéder à cette désignation, dans le délai fixé par le disposant
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 22 de desembre del 2017 - ROJ: ATSJAD 264/2017
ATSJAD Civil, 22 décembre 2017, ROJ ATSJAD 264/2017 (ECLI:AD:TSJADAD:2017:264A)
Reproduction verbatim
Décision commentée : ATSJAD 264/2017, Tribunal Superior de Justicia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2017, recours A409/17 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le requérant, M. Carnero, a sollicité le 29 juillet 2016 d'être déclaré héritier ab intestat de ses parents, MM. Águila et Garzón, et de sa sœur, Mme Caro. Le juge de première instance (Batlle) a, par un Aute du 19 septembre 2017, rejeté la demande relative à la succession de ses parents « pour raison de la consolidation du ius successionis », mais l'a déclaré héritier ab intestat et légitime de sa sœur.
L'intéressé a interjeté appel. Il soutient, en substance, que les contrats de mariage de ses parents contiennent une clause de confiance permettant à l'un des époux, ou à deux parents proches, de désigner un héritier. Selon lui, cette désignation ne peut porter que sur un descendant, et ce descendant ne peut être que lui-même, y compris par voie judiciaire en application du principe iura novit curia.
Les faits pertinents, tels que rapportés dans la décision, sont les suivants : les capitulations matrimoniales ont été conclues le 13 juillet 1924 ; le père est décédé en 1953 et la mère en 1975. La clause applicable établit un « heretament » au profit des enfants des contractants, le conjoint survivant étant habilité à désigner l'enfant de son choix, et, à défaut, deux parents plus proches, un par branche, étant investis de ce pouvoir.
La décision ne précise pas l'âge exact des autres parties ni l'état de la procédure devant le juge de première instance au-delà de la date de l'Aute.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil peut être formulée ainsi : un juge peut-il déclarer héritier ab intestat un descendant lorsque les parents d'un défunt ont, par contrat de mariage, institué une clause de désignation d'héritier qui n'a pas été mise en œuvre, et dont l'efficacité n'a pas été contestée ou constatée ?
Subsidiairement, la décision pose la question de savoir si le seul écoulement du temps depuis l'ouverture des successions (1953 et 1975) suffit à écarter la volonté successorale contractuelle au profit d'une dévolution légale.
Solution et dispositif
La Sala Civil rejette le recours et confirme intégralement l'Aute de première instance. Elle motive sa décision par les considérations suivantes :
l'objet de la procédure de jurisdicció voluntària est la désignation d'héritiers lorsqu'il n'existe ni délation volontaire, contractuelle ou testamentaire ; en l'absence d'une telle délation, il appartient aux tribunaux de déterminer les appelés, selon l'ordre légal, à défaut d'héritier réservataire, de conjoint ou de concubin habilité à succéder ;
en l'espèce, les contrats de mariage de 1924 établissent une disposition successorale contractuelle distributive, fondée sur une clause de confiance, qui n'est pas une disposition à caractère strictement personnel et qui couvre la désignation de l'héritier parmi les descendants ;
depuis 1975, les parents proches peuvent procéder à cette désignation, dans le délai fixé par le disposant
Aute
TSJC.- 0000409/2017 ORIGEN: 6000362/2016 - 00
NIG: 5300542120160002408
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 22 de desembre del 2017
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 29-07-2016 el Sr. Carnero va sol·licitar la seva declaració com a hereu ab intestat dels seus difunts pares i germana, Srs. Águila, Garzón i Caro, respectivament.
II.- L'Hble. Batlle va dictar Aute, de data 19-09-2017, amb la següent part decisòria:
"Primer.- No donar lloc a la petició efectuada pel Sr. Carnero, mitjançant escrit de data 29 de juliol del 2.016, i consistent en què per raó de la consolidació del ius successionis, se'l declari hereu ab intestat dels seus pares, Srs. Águila i Garzón.
Segon.- Declarar hereu ab intestat i legítim de la difunta Sra. Caro al seu germà, Sr. Carnero.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A409/17 — Décision commentée
Tercer.- Notificar la present resolució judicial a les parts interessades."
III.- La representació processal de la part agent va interposar recurs contra la resolució d'instància i, en data de registre 05-12-2017, va articular escrit de conclusions, segons el qual i en mèrits dels arguments exposats, demana la revocació de l'Aute d'instància.
Ha actuat com a magistrat ponent el M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy.
FONAMENTS DE DRET
I.- Els motius o greuges en els quals fonamenta el seu recurs són, en essència, els que segueixen.
En primer terme, entén que l'Aute el va declarar hereu ab intestat de la seva germana Caro, però va refusar la seva pretensió de ser declarat hereu "per consolidació del ius successionis" dels seus pares. Exposa que l'agent, de 89 anys d'edat, interpreta com una mena d'acte caritatiu haver de recórrer a familiars no sempre propers per tal que el designin hereu dels seus pares. Assenyala que morta la seva germana, ell és l'hereu necessari dels seus pares.
En segon terme, afirma que en els capítols matrimonials dels seus pares es va establir una clàusula de confiança per tal que qualsevol dels progenitors designessin hereu i, si no ho feien, ho poguessin efectuar els dos prop parents. Manté que la declaració d'hereus ha de recaure en un descendent i només pot ésser ell, encara que ho sigui via judicial i en mèrits del principi iura novit curia. Els capítols determinen que l'elecció serà per dos prop parents, però no impedeixen que sigui per declaració judicial. Afegeix que si es porta a terme la declaració d'hereus no es vulnerarà cap dret ni es deixarà de respectar cap garantia processal.
II.- El present recurs no pot prosperar en funció de les següents consideracions. L'objecte del present procediment de jurisdicció voluntària rau en el nomenament dels hereus quan no existeix delació voluntària, ja sigui contractual o testamentària. I en aquests supòsits correspon als Tribunals, i en altres ordenaments jurídics als Notaris i/o Tribunals de justícia, la designació, en absència d'una crida voluntària a succeir al causant, determinar quins són els cridats, alhora que s'estableix -en aquest sentit- que quan els parents o el consort/convivent, repudien l'herència, no gaudeixen de capacitat successòria o no existeixen, es crida un hereu necessari (el qual no pot repudiar), l'Estat, per a evitar que els béns i drets hereditaris restin vacants i es compleixin amb el pagament dels deutes del causant.
En canvi, aquí no es tracta de nomenament de l'agent com a hereu ab intestat de la seva germana, sinó que sol·licita que, com que la seva germana ha mort, i ell és l'únic descendent viu que poden escollir els prop parents se'l nomeni com a hereu per tal d'evitar que els dos parents propers, si és que n'hi ha, hagin de procedir al seu nomenament com a hereu i, si aquests parents no existeixen o refusen acceptar el seu comès, s'hauria de recórrer de nou a la jurisdicció per a obtenir un nomenament judicial.
En aquest supòsit, els capítols matrimonials es van atorgar el 13-07- 1924, el pare de l'agent va morir el 1953 i la seva mare l'any 1975. Segons la clàusula aplicable al present litigi es va establir un heretament a favor dels fills dels contraents, amb la previsió que havien de nomenar hereu aquell fill que millor consideressin i facultaven al sobrevivent per a fer-ho i, pel cas de no fer-la en vida, donaven facultat a dos parents més pròxims, un per cada branca, per elegir el fill que consideressin més apte. Es tracta d'un supòsit d'herència distributària, mitjançant una clàusula de confiança, que exceptua el caire personalíssim del negocis mortis causa.
Des de l'any 1975, els parents més propers podien procedir a la designació de qui fos l'hereu entre els descendents. L'elecció per part dels parents s'ha d'efectuar en el termini que determini el causant i, en el seu defecte, en el termini que s'estimi raonable per tal de poder realitzar llur comesa, consistent en la tria del descendent que entenguin més idoni. També resta clar que correspon als descendents demanar als parents que portin a terme el seu càrrec, tot entenent que els parents ho són per referència als descendents.
S'haurà de sol·licitar l'acceptació del càrrec i el seu exercici entre els parents existents, segons els criteris de preferència, i solament quan s'acrediti que no existeixen parents propers de les different branques o que refusen el càrrec, caldrà promoure la ineficàcia de la designació distributària i procedir, aleshores, a l'obertura de la successió intestada.
Però, en tot cas, el que no procedeix és després del temps transcorregut des de l'any 1975, que no s'hagi intentat el nomenament dels parents i l'elecció d'hereu, i que s'intenti obviar de nou aquesta exigència dels causants de l'herència. Com que existeix una voluntat successòria a la qual encara és possible donar-li compliment i, si no, cal acreditar la seva manca d'eficàcia, no pot la Sala, i per tant ha de confirmar la resolució d'instància, efectuar un nomenament d'hereu ab intestat vigent una disposició successòria contractual, que contempla la designació de l'hereu. Solament, quan no sigui possible, i s'acrediti la ineficàcia de la clàusula en procediment declaratiu, es podrà portar a terme el nomenament d'hereu ab intestat que pretén la part agent.
En conseqüència i en funció de les consideracions anteriors, el present recurs ha de ser desestimat.
III.- Atès que es tracta d'un procediment de jurisdicció voluntària, la desestimació del recurs no es tradueix en la imposició de les costes processals d'aquesta alçada.
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas.-
La Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra,
Decisio
DECIDEIX
DESESTIMAR el recurs interposat per la representació processal del Sr. Carnero contra l'Aute de data 19-09-2017, dictat per l'Hble. Batlle que confirmem íntegrament. No procedeix efectuar imposició de les costes processals.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.