I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 30 janvier 2018 (ROJ : ATSJAD 8/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:8A)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 30 janvier 2018, recours n° A244/17 (ROJ : ATSJAD 8/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:8A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un bien immobilier, situé au troisième étage d'un immeuble d'Andorre-la-Vieille, fait l'objet d'une procédure d'exécution forcée dans le cadre de la dossier d'origine n° 9000002/2016. Le tipus de sortida (mise à prix) de la première vente aux enchères publiques est fixé à 1 635 803 euros.
Une offre d'achat portant sur 1 750 000 euros est présentée, par écrit du 30 mars 2017, à l'organe chargé de l'exécution. Ce document demande l'autorisation de l'organe et du créancier. Le texte ne précise pas que cette demande ait reçu une réponse. Le 6 avril 2017, le représentant de M. Ricart, débiteur, sollicite la suspension de la première vente et l'autorisation de la vendre pour 1 750 000 euros.
Par Aute du 12 avril 2017, le Batlle (juge de première instance) rejette la demande, transmet l'écrit à la société créancière et notifie la décision. Selon le recours, la vente a été adjugée, à la mise à prix, à l'intermédiaire de l'acquéreur intéressé, soit 114 196,06 euros de moins que l'offre. Le requérant soutient que cette issue lui a causé un préjudice économique grave et l'a placé en état d'indéfense, faute de transmission de son écrit à l'organe d'exécution. Il invoque l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article 10 de la Constitution andorrane, ainsi que la disposition transitoire de la loi 44/2014 relative à la saisie.
Le recours est formé le 22 septembre 2017. Les conclusions tendent à la révocation de l'Aute et à la déclaration selon laquelle la vente aurait dû être autorisée pour 1 750 000 euros. La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice, présidée par M. le magistrat Joan Manel Abril Campoy (pon
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els Magistrats »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 30 de gener del 2018 - ROJ: ATSJAD 8/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. Presidenta de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 30 janvier 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC.- 0000244/2017 ORIGEN: 9000002/2016 - 00
NIG: 5300542120140001563
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 30 de gener del 2018.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els Magistrats
M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal del Sr. Ricart va presentar escrit, de data 6-04-2017, pel que sol·licitava l'atur de la venda en primera subhasta del bé immoble situat a la tercera planta de l'edifici A 2 i que s'autoritzi la seva venda per l'import de 1.750.000 euros en els termes exposats.
II.- L'Hble. Batlle va dictar Aute, de data 12-04-2017, pel que desestimava la pretensió exercitada i resolia en els següents termes:
"Primer.- Desestimar la sol·licitud realitzada en data 6 d'abril de 2017 per la representació processal del Sr. Ricart, per la quina sol·licitava suspensió de la primera pública subhasta de la unitat immobiliària corresponent a la tercera planta de l'Edifici A 2, situat a Andorra la Vella, Avinguda Consell d'Europa i Carrer Pau Casals.