I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD n° 32/2018, 27 février 2018 (ECLI:AD:TSJADAD:2018:32A)
Décision commentée : ATSJAD n° 32/2018, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, recours n° A255/17, 27 février 2018 (ECLI:AD:TSJADAD:2018:32A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un Aute d'exécution du 5 avril 2017, la Batlle (juge de la Batllia) a ordonné à M. Vendrell de libérer, dans un délai de quinze jours, un immeuble à usage d'hôtel-restaurant situé à La Massana, connu sous le nom de « R del Pas de la Casa », faute de quoi il serait procédé à son expulsion. La date exacte de la résolution du contrat de bail n'est pas précisée dans les éléments de la décision ; l'arrêt indique seulement qu'elle a été prononcée dans la procédure déclarative principale, à l'issue de laquelle une sentence ferme a condamné l'occupant au paiement d'une indemnité mensuelle de 3 000 euros pour occupation indue à compter du 1er juillet 2015. Le résumé de la décision qualifie le bien de « local commercial », tandis que le corps du texte retient la qualification d'« édifice - Hôtel Restaurant » ; la décision ne tranche pas cette divergence, qui n'affecte pas le raisonnement.
Le 17 mai 2017, M. Vendrell a formé un incident d'exécution de sentence. Par Aute du 19 mai 2017, la Batlle a déclaré cet incident irrecevable (« inadmissió a tràmit »), sans statuer sur les dépens, et a enjoint à l'intéressé de libérer les lieux dans un délai de dix jours.
M. Vendrell a interjeté appel. Il demandait la révocation de l'Aute d'exécution, son classement, et, subsidiairement, la reprise de la procédure avec une nouvelle ordonnance. La partie adverse, représentée par M. Ribes, a conclu au rejet du recours avec condamnation aux dépens.
Le Tribunal supérieur de justice, Sala Civil, composé de MM. Joan Manel Abril Campoy (président), Vincent Anière et Jaume Tor Porta (rapporteur), a statué le 27 février 2018.
Question de droit
La Cour devait trancher quatre griefs. Le premier portait sur la recevabilité de l'incident d'exécution au stade de l'expulsion. Le deuxième concernait la nullité alléguée de l'Aute pour omission des sommes dues au titre de la sentence. Le troisième visait la validité de la notification de l'ordonnance à la procuratrice de l'appelant plutôt qu'à la personne même de la partie condamnée. Le quatrième, transversal, invoquait le droit à une tutelle judiciaire effective et le principe pro actione.
Le texte pose ainsi une question de procédure d'exécution spéciale en matière de bail : l'expulsion ordonnée par le juge de la Batllia peut-elle être contestée par la voie de l'incident d'exécution de droit commun, et quelles sont les conditions de validité de
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Jaume Tor Porta, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 27 de febrer del 2018 - ROJ: ATSJAD 32/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per Aute d'execució de 5-4-2017 l'Hble. Sra. Batlle ordenava al Sr. Vendrell que procedís, en el termini de 15 dies, a deixar lliure i vacu l'edifici - Hotel Restaurant- ubicat al XXXX conegut com a R del Pas de la Casa fent entrega de la possessió del mateix tot i advertint-lo que en cas de no desocupar-lo en el termini indicat es procediria al seu desnonament. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 février 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000255/2017 ORIGEN: 2000222/2017 - 00
NIG: 5300542120150005454
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 27 de febrer del 2018
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Jaume Tor Porta, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per Aute d'execució de 5-4-2017 l'Hble. Sra. Batlle ordenava al Sr. Vendrell que procedís, en el termini de 15 dies, a deixar lliure i vacu l'edifici - Hotel Restaurant- ubicat al XXXX conegut com a R del Pas de la Casa fent entrega de la possessió del mateix tot i advertint-lo que en cas de no desocupar-lo en el termini indicat es procediria al seu desnonament.
II.- Per escrit de 17-5-2017, el Sr. Vendrell formulava incident d'execució de Sentència. Per Aute de data 19-5-2017 l'Hble. Sra. Batlle decidia la seva inadmissió a tràmit, sense fer pronunciament en costes, donant trasllat del mateix a la representació processal del Sr. Ribes, tot i requerint-se el Sr. Vendrell per tal de que en el termini improrrogable de 10 dies deixés l'edifici ans indicat a disposició de la contrapart.