I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 39/2018 (ECLI:AD:TSJADAD:2018:39A)
Décision commentée : ATSJAD 39/2018, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 8 mars 2018 (ECLI:AD:TSJADAD:2018:39A) (Lire sur source officielle)
Note liminaire : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ROJ et l'ECLI figurant dans le texte de la décision ont été retenus. L'en-tête de la décision mentionne « AUTE 31-2018 », tandis que le titre et les métadonnées indiquent « ATSJAD 39/2018 » ; cette divergence de numérotation est relevée sans être tranchée.
Faits et procédure
Par une sentence rendue le 21 septembre 2017 dans la cause n° 6000159/2016, le Tribunal de Corts a condamné MM. Alvarado et Seco. Ceux-ci ayant été condamnés en situation de rebelión processal (défaut), leurs avocats ont interjeté appel contre cette sentence.
Par un aute n° 14-2018 du 25 janvier 2018, la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia a décidé de ne pas admettre à la procédure ce recours d'appel, au motif que les recourants se trouvaient en situation de rebelión. La décision ne précise pas la nature exacte de la voie de recours que cet aute ouvrait.
La défense a alors formé un incident de nullité d'actuacions. Elle soutenait qu'il avait été porté atteinte au droit à la juridiction, consacré à l'article 10 de la Constitution dans sa composante de droit à un procès équitable, ainsi qu'aux principes d'égalité des armes et d'égalité des recours. Elle demandait l'annulation de l'aute et la reprise de la procédure afin que l'appel soit admis. À l'appui de sa demande, elle invoquait la sentence du Tribunal Constitucional rendue dans la cause 2016-7-RE, et faisait valoir que le ministère public peut appeler d'une condamnation par défaut pour la protection de son droit d'accusation, ce qui devait valoir également pour la défense.
Le Ministère public, par un rapport du 26 février 2018, s'est opposé à l'incident, estimant qu'aucune des violations alléguées n'était caractérisée.
Question de droit
La question posée à la Sala Penal était la suivante : le refus d'admettre un appel formé au nom d'une personne condamnée par défaut, fondé sur les articles 196.1 et 247 du Code de procédure pénale, méconnaît-il le droit à la juridiction et le droit au recours, ainsi que les principes du procès équitable et de l'égalité des armes et des recours ?
Une seconde question, préalable, se posait : la juridiction pénale
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En l'incident de nul·litat d'actuacions interposat per la representació lletrada dels Srs. Alvarado i Seco contra l'aute núm. 14-2018 de 25 de gener de 2018, dictat per la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia, és ponent la magistrada M. I. Sra. Fátima Ramírez Souto, la qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 08 de març del 2018 - ROJ: ATSJAD 39/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que l'aute d'aquesta Sala núm. 14-2018 de 25 de gener, va acordar no admetre a tràmit el recurs d'apel·lació interposat per la representació lletrada dels Srs. Alvarado i Seco contra la sentència del Tribunal de Corts, dictada en data 21 de setembre de 2017 en la causa 6000159/2016, per trobar-se els recurrents en situació de rebel·lia processal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramesa certificació al Tribunal de Corts, per al seu compliment i execució, ho acordem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 08 mars 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Penal
Núm. de Causa: 6000159/2016 Núm. de Rotlle: TSJP-0000075/2017
AUTE 31-2018
PARTS:
Demandants incidentals: Sr. Alvarado
Sr. Seco
Advocat: Sr. Castillo
Demandat incidental: MINISTERI FISCAL
M. I. Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, vuit de març de dos mil divuit.
En l'incident de nul·litat d'actuacions interposat per la representació lletrada dels Srs. Alvarado i Seco contra l'aute núm. 14-2018 de 25 de gener de 2018, dictat per la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia, és ponent la magistrada M. I. Sra. Fátima Ramírez Souto, la qual expressa el parer del Tribunal.