I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 162/2018 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, 20 septembre 2018)
Décision commentée : ATSJAD 162/2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:162A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une ordonnance pénale du 14 juin 2015, M. Palmer a été reconnu auteur responsable de deux infractions : un délit mineur de mauvais traitements dans le cadre domestique (article 114.1 du Code pénal), avec la circonstance aggravante de récidive (article 30.7), et un délit mineur de bris de condamnation (article 428.6). La peine prononcée pour le premier délit était de quatre mois d'emprisonnement conditionnel, assortis d'une obligation de justification d'un emploi régulier pendant deux ans et d'un délai de suspension de quatre ans. Pour le second, une peine d'un mois d'arrêts partiels journaliers conditionnels a été prononcée, avec un délai de suspension de deux ans.
Par un aute du 12 avril 2017, la suspension avait été partiellement révoquée : deux mois d'emprisonnement devaient être exécutés ferme, la peine étant convertie en quatre mois d'arrêts partiels journaliers fermes. Les autres obligations ont été maintenues.
Par une ordonnance pénale du 5 décembre 2017 (affaire n° 5000815/2016), l'intéressé a été condamné pour des faits commis le 18 juin 2016 : un délit majeur de lésions dolosives (article 113.2), à quatre mois d'emprisonnement ferme, ainsi qu'au paiement de dommages-intérêts et des frais. Le ministère public a alors sollicité, sur le fondement des articles 62 et 64.3 du Code pénal, la révocation de la peine privative de liberté assortie du sursis.
Après audition de l'intéressé, le Tribunal de Corts a rendu, le 28 mai 2018, un aute révoquant intégralement la suspension des deux mois d'emprisonnement et du mois d'arrêts partiels, sans substitution de la peine d'emprisonnement par une peine d'arrêts. La défense a interjeté appel, en demandant une révocation partielle limitée à un mois d'emprisonnement et quinze jours d'arrêts partiels journaliers. Le ministère public a conclu à la confirmation intégrale.
Le recours est porté devant le Tribunal Superior de Justícia, sous le numéro A051/18. L'intéressé se trouve en détention provisoire dans une autre affaire (n° 8000130/2017) pour une infraction présumée contre la santé publique, ce que la décision relève à titre de constat.
Question de droit
La décision pose deux questions. La première porte sur les conditions dans les
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 28 de maig de 2018 dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència seguida pels presumptes delictes menors de maltractaments en l'àmbit domèstic i de crebantament de pena, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent el M. I. Sr. Palomo. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 20 de setembre del 2018 - ROJ: ATSJAD 162/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que, per Ordenança Penal de data 14 de juny de 2015 recaiguda en la present causa, i registrada sota el número 4000565/2015, es va condemnar, entre altres, a Palmer com autor responsable del delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic i del delicte menor de crebantament de pena, tipificats i penats, respectivament, als articles 114.1 i 428.6 del Codi Penal, concorrent l'agreujant de reincidència de l'article 30.7 del Codi Penal pel que fa al delicte de l'article 114.1 del citat Codi, a una pena, pel primer delicte, de 4 mesos de presó condicional qual… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 20 septembre 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
AUTE 95-2018
M. I. Sr. Arcos
Andorra la Vella, vint de setembre de dos mil divuit.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 28 de maig de 2018 dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència seguida pels presumptes delictes menors de maltractaments en l'àmbit domèstic i de crebantament de pena, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent el M. I. Sr. Palomo.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que, per Ordenança Penal de data 14 de juny de 2015 recaiguda en la present causa, i registrada sota el número 4000565/2015, es va condemnar, entre altres, a Palmer com autor responsable del delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic i del delicte menor de crebantament de pena, tipificats i penats, respectivament, als articles 114.1 i 428.6 del Codi Penal, concorrent l'agreujant de reincidència de l'article 30.7 del Codi Penal pel que fa al delicte de l'article 114.1 del citat Codi, a una pena, pel primer delicte, de 4 mesos de presó condicional qualificada a la justificació d'ocupació laboral regular durant un període de dos anys i amb un termini de suspensió de la condemna de quatre anys, i pel que fa al segon delicte, a una pena d'un mes d'arrest parcial diari condicional, amb un termini de suspensió de dos anys.
Que aquest resolució va ser notificada personalment a l'inculpat el mateix dia del seu pronunciament, la qual va esdevenir ferma i executiva en haver donat les parts conformitat a la mateixa sense fer-hi oposició.