I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 6/2019 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 1er février 2019)
Décision commentée : ATSJAD, Penal, 1er février 2019, ROJ ATSJAD 6/2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:6A, recours A014/19 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le Tribunal de Corts d'Andorre a rendu, le 28 septembre 2018, une sentence à l'encontre de M. Manso. Il l'a acquitté du délit majeur de trafic d'influences, mais l'a déclaré responsable, en qualité d'auteur, d'un délit majeur aggravé de corruption. La peine retenue est de douze mois de prison conditionnelle, assortis d'un délai de suspension de quatre ans. Il a été condamné aux dépens, sans responsabilité civile.
Le ministère public et la défense ont interjeté appel, par écrits des 5 et 19 octobre 2018. Par un aute du 17 janvier 2019, la Sala Penal du Tribunal supérieur a admis les deux appels et fixé l'audience de vista oral au 1er février 2019 à 11 h 45.
Le 28 janvier 2019, la défense de M. Manso a formé un incident de nullité contre cet aute. Elle invoquait la violation de son droit à un procès équitable et demandait que l'incident soit admis avec effet suspensif. Deux moyens étaient avancés :
- une recusation formée le 24 décembre 2018 contre les magistrats Daza et Pombo, non encore résolue, qui, selon la défense, leur interdisait de connaître de la procédure et d'y procéder à l'audience ;
- la signature de l'aute d'admission par le seul magistrat Daza, alors qu'il aurait dû être signé par tous les magistrats qui l'ont décidé.
(Le texte mentionne deux fois le nom « Daza » dans l'énoncé des moyens ; la composition exacte de la formation de jugement n'est pas davantage précisée dans la décision.)
Question de droit
La question posée à la Sala Penal est de nature procédurale : un incident de nullité des actes de procédure peut-il être dirigé contre un aute de la juridiction d'appel qui admet un recours et fixe la date de l'audience ?
Le tribunal rappelle que le régime applicable est celui résultant de la réforme du Code de procédure civile, loi 24/2018 du 18 octobre 2018, entrée en vigueur le 15 novembre 2018, dont les dispositions
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« I.- RESULTANT: que el Tribunal de Corts va dictar sentència en data 28 de setembre de 2018, en la causa de referència, amb la següent part dispositiva: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 01 de febrer del 2019 - ROJ: ATSJAD 6/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (irrecevabilite), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« "DEDICIM: Absoldre Manso del delicte major de tràfic d'influències del que venia acusat. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 01 février 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
AUTE 14-2019
A la vila d'Andorra la Vella, ú de febrer de dos mil dinou.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que el Tribunal de Corts va dictar sentència en data 28 de setembre de 2018, en la causa de referència, amb la següent part dispositiva:
"DEDICIM: Absoldre Manso del delicte major de tràfic d'influències del que venia acusat.
Condemnar Manso, com a responsable penalment en concepte d'autor d'un delicte major agreujat de corrupció, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat criminal, a la pena de DOTZE MESOS DE PRESÓ CONDICIONAL, amb un termini de suspensió de la condemna de quatre anys i al pagament de les despeses processals causades, no havent-hi lloc a exigir responsabilitat civil".
Una vegada notificada a les parts, el Ministeri Fiscal i la representació lletrada del Sr. Manso, i per sengles escrits de dates 5 i 19 d'octubre de 2018 respectivament, van interposar recurs d'apel·lació contra l'esmentada sentència del Tribunal de Corts.
II.- RESULTANT: aquesta Sala va dictar Aute en data 17-01-2019, pel qual es declaraven admesos els recursos d'apel·lació interposats per la representació lletrada del Sr. Manso i pel Ministeri Fiscal, i es fixava la vista oral pel dia 1-2-2019 a les 11:45 hores.
III.- RESULTANT: Contra el referit Aute de 17-01-2019, la representació lletrada del Sr. Manso va formular incident de nul·litat en data 28-01-2019, perquè considerava que es vulnerava el seu dret a un procés degut i sol·licitant que s'admetés el mateix amb efectes suspensius.