I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 18/2019 (ROJ : ATSJAD 18/2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:18A)
Décision commentée : ATSJAD 18/2019, Tribunal Superior de Justicia d'Andorra, Sala Civil, 24 janvier 2019, recours A365/18 (ROJ : ATSJAD 18/2019 ; ECLI:AD:TSJADAD:2019:18A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les parties sont les père et la mère d'un enfant commun, étudiant. Par une sentence du tribunal unipersonnel du Batlle du 7 avril 2016, confirmée par un arrêt de la Sala Civil du 26 avril 2017 (rouleau TSJC-388/2016), le père a été condamné à verser une pension alimentaire de 503 euros mensuels, révisable annuellement selon l'indice des prix à la consommation. Les deux parents ont en outre été chargés des dépenses extraordinaires et des frais d'inscription universitaire, dans la proportion de 70 % pour le père et 30 % pour la mère. Ce partage vise notamment les études suivies à l'École d'études supérieures et universitaires F. B., sous réserve de résultats satisfaisants.
Le 22 mai 2017, le Batlle a rendu un aute d'exécution qui a fixé à 13 903,58 euros la somme due par le père. Le 13 juin 2017, celui-ci a formé un incident d'exécution tendant à déduire de cette somme deux postes : un loyer d'appartement à Barcelone (5 366,59 euros) et des honoraires d'intermédiation d'agence immobilière (1 016,40 euros). Par aute du 3 septembre 2018, le Batlle a accueilli partiellement l'incident : il a exclu le loyer barcelonais de l'obligation du père, mais a maintenu les honoraires d'agence. Il n'a prononcé aucune condamnation aux dépens.
La mère a interjeté appel. Elle demandait la réformation de l'aute en ce qu'il ne mettait pas à la charge du père les honoraires d'agence, ainsi que sa condamnation aux dépens, y compris les honoraires d'avocat, de procureur et les taxes judiciaires, au motif d'une mauvaise foi et d'une témérité prouvées. Elle soutenait en substance que les frais d'hébergement de l'enfant à l'étranger relevaient des dépenses académiques mises à la charge du père à hauteur de 70 %. Le père a conclu à la confirmation de la décision de première instance et à la condamnation de l'appelante aux dépens.
La Sala Civil, composée des magistrats Jaume Tor Porta (rapporteur), Joan Manel Abril Campoy et Eulàlia Amat Llari, a statué le 24 janvier 2019.
Question de droit
La décision soulève deux questions principales.
La première porte sur la qualification des frais d'hébergement d'un enfant à l'étranger, pendant ses études, au regard de la sentence de 2016. Ces frais relèvent-ils des « dépenses extraordinaires » et des « dépen
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats Sr. Jaume Tor Porta i Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 24 de gener del 2019 - ROJ: ATSJAD 18/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En data 22-5-2017 es va dictar Aute a través del qual, es donava lloc substancialment als pediments efectuats per la Sra. Sanç mitjançant escrit del dia 18 anterior, fixant que el Sr. Mercader havia de satisfer la quantitat de 13.903,58.- EUR pels conceptes que en el cos de la Resolució es detallaven. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 24 janvier 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC.- 0000365/2018 ORIGEN: 6000289/2017 - 00
NIG: 5300542120150001314
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 24 de gener del 2019
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats Sr. Jaume Tor Porta i Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En data 22-5-2017 es va dictar Aute a través del qual, es donava lloc substancialment als pediments efectuats per la Sra. Sanç mitjançant escrit del dia 18 anterior, fixant que el Sr. Mercader havia de satisfer la quantitat de 13.903,58.- EUR pels conceptes que en el cos de la Resolució es detallaven.
II.- Per escrit de data 13-6-2017, la representació processal del Sr. Mercader formulava incident d'execució contra l'Aute de 22-5-2017 sol·licitant es dictés nova resolució deduint de la suma a satisfer pel seu representat a la Sra. O. les quantitats de 5.366,59.- EUR i 1.016,40.- EUR de tal manera que la suma a satisfer es fixés en 7.520,58.- EUR. Sense costes.
III.- Per escrit de 29-6-2017, la representació processal de la Sra. Sanç contestava l'incident d'execució plantejat oposant-se a les pretensions articulades de contrari tot i sol·licitant es dictés Resolució desestimant-lo tot i imposant a l'adversa el pagament de les costes ocasionades.