I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 155/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:155A)
Décision commentée : ATSJAD 155/2019, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 24 septembre 2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:155A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 7 mai 2018, M. Plana a été déclaré coupable, en qualité d'auteur, d'un délit mineur d'injures à agents de l'autorité, d'un délit mineur de menaces non conditionnelles, la circonstance aggravante tenant à la qualité d'agent de l'autorité de la victime dans l'exercice de ses fonctions étant retenue, et d'une contravention pénale de résistance légère. Il a été condamné notamment à trois mois d'arrêt nocturne conditionnel, qualifié de manière à justifier une occupation professionnelle, assortis d'un délai de suspension de deux ans. La décision est devenue ferme le jour même, faute d'opposition des parties.
Sur requête du Ministère public du 2 août 2018, le juge d'instruction (Batlle d'Instrucció) a, par aute, révoqué la suspension de la peine. Il a ordonné l'exécution de l'arrêt nocturne ferme, à raison de dix heures par jour, en unité séparée, au Centre pénitentiaire d'Andorre. La date de cet aute est indiquée comme le 29 octobre 2018 dans l'exposé des antécédents, et comme le 29 octobre 2019 dans l'en-tête de la décision ; la première date paraît correcte au regard de la chronologie, mais la divergence n'est pas levée par le texte (non précisé dans la décision pour une rectification formelle).
La défense a interjeté appel. Elle ne contestait pas le principe de la révocation, mais soutenait que celle-ci devait être partielle : les faits ayant motivé la nouvelle condamnation n'avaient, selon elle, aucun lien avec ceux ayant fondé la condamnation initiale, et une révocation intégrale serait disproportionnée. À titre subsidiaire, elle demandait le report de l'exécution de la peine au mois de juillet. Le Ministère public a conclu à la confirmation, relevant une « attitude de mépris absolu » envers les normes de la part du condamné.
Il ressort de l'ordonnance pénale du 23 juin 2018 que, le même jour, l'intéressé a commis un délit mineur d'injures à agents de l'autorité et un délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 g/l de sang. Le texte ne précise pas la date exacte de la suspension, mais indique que ces faits ont été commis « un peu moins de deux mois » après sa concession.
Question de droit
La question posée à la Sala Penal était double.
En premier lieu, la révocation de la suspension de l'exécution d'une peine, prévue à l'article 64.3 du Code pénal (Llei 9/2005, qualificada, du 21 février 2005), doit-elle être totale ou peut-elle être partielle lorsque les infractions commises pendant le délai d'épreuve ne sont pas toutes en lien avec les faits ayant fondé la condamn
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 29 d'octubre del 2019 dictat per la Batlle instructora, en el marc de l'execució de l'Ordenança penal dictada en la causa de referència, seguida per un delicte menor d'injúries als agents de l'autoritat, d'un delicte menor d'amenaces no condicionals, concorrent la circumstància agreujant d'esser el subjecte passiu agent de l'autoritat en l'exercici del seu càrrec i d'una contravenció penal de resistència lleu als agents de l'autoritat. Els components del Tr… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 24 de setembre del 2019 - ROJ: ATSJAD 155/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança penal de data 7 de maig del 2018 es condemnà a Plana, com autor responsable d'un delicte menor d'injúries als agents de l'autoritat, d'un delicte menor d'amenaces no condicionals, concorrent la circumstància agreujant d'esser el subjecte passiu agent de l'autoritat en l'exercici del seu càrrec i d'una contravenció penal de resistència lleu als agents de l'autoritat, a una pena, entre altres, de 3 mesos d'arrest nocturn condicional i qualificat a justificar ocupació laboral, amb un termini de suspensió de la condemna de 2 anys.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 24 septembre 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle TSJP 0000021/2019
Núm. de Causa: Execució OP - 5080079/2018
AUTE 73-2019
PARTS:
Apel·lant: Sr. Plana
Advocat: Sr. Ramirez
Apel·lat: MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, vint-i-quatre de setembre de dos mil dinou.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 29 d'octubre del 2019 dictat per la Batlle instructora, en el marc de l'execució de l'Ordenança penal dictada en la causa de referència, seguida per un delicte menor d'injúries als agents de l'autoritat, d'un delicte menor d'amenaces no condicionals, concorrent la circumstància agreujant d'esser el subjecte passiu agent de l'autoritat en l'exercici del seu càrrec i d'una contravenció penal de resistència lleu als agents de l'autoritat. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Fátima Ramírez Souto.