ATSJAD ANDORRA, a 09 d'octubre del 2019 - ROJ: ATSJAD 184/2019
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé9 octobre 2019
NuméroA070/19
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD, Penal, 9 octobre 2019 (ROJ : ATSJAD 184/2019)
> Décision commentée : ATSJAD 184/2019, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 9 octobre 2019 (ROJ : ATSJAD 184/2019 ; ECLI:AD:TSJADAD:2019:184A) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Par un aute du 1er octobre 2018, le Tribunal de Corts a rejeté les recours d'appel formés par le Sr Salas et par la société C., SL contre un aute de la Batlle instructrice du 22 décembre 2017. Cet aute ordonnait le blocage et la saisie de la société C., SL et de l'ensemble de son patrimoine, ainsi que la désignation d'un administrateur judiciaire.
Par un aute du 22 mai 2019, le Tribunal de Corts a rejeté les incidents de nullité d'actuations formés contre l'aute du 1er octobre 2018, sans condamnation aux dépens.
Le Sr Salas a interjeté appel de cette décision. Il soutenait, d'une part, que la résolution attaquée méconnaissait la présomption d'innocence en affirmant des faits non avérés. Il soutenait, d'autre part, qu'elle n'était pas suffisamment motivée et portait atteinte au droit à un procès équitable. Le ministère public a conclu au rejet du recours, relevant que l'aute attaqué n'affirme jamais que les faits sont prouvés et que le grief de défaut de motivation se réduit à une désapprobation de la décision. Plusieurs autres parties se sont associées au recours, tandis que d'autres ont demandé la confirmation de l'aute attaqué.
La formation de jugement était composée du président Yves Picod, de la magistrate rapporteure Marie Conte et de la magistrate Fátima Ramírez Souto. La décision a été rendue à Andorre-la-Vieille le 9 octobre 2019. Son intitulé porte la mention « Recurs Incident Nul·litat (6000041/2019) » et la référence de rouleau TSJP-0000070/2019.
## Question de droit
La Cour devait trancher deux questions.
En premier lieu, des mesures cautelaires réelles, à savoir le blocage, la saisie et la désignation d'un administrateur judiciaire, et des mesures personnelles, peuvent-elles porter atteinte à la présomption d'innocence lorsque la décision qui les ordonne exprime les faits en termes affirmatifs plutôt qu'au conditionnel ?
En second lieu, une décision qui rejette un incident de nullité sans accueillir la prétention de la partie satisfait-elle à l'exigence de motivation et au droit à la juridiction ?
## Solution et dispositif
La Cour rejette le moyen tiré de la présomption d'innocence. Elle retient que les mesures cautelaires « no tenen per objecte ni per efecte qüestionar la presumpció d'innocència » des personnes qu'elles visent (FD I). Elle relève qu'elles reposent non sur des preuves, mais sur des « indicis racionals de criminalitat », et qu'elles relèvent du régime du Code de procédure pénale, sans constituer une déclaration de culpabilité (FD I, § 2). Elle ajoute que l'emploi de l'indicatif plutôt que du conditionnel dans le récit des faits justifiant l'embargo est sans incidence, dès lors que seule une sentence ferme peut établir le caractère prouvé des faits (F
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 09 d'octubre del 2019 - ROJ: ATSJAD 184/2019
ATSJAD, Penal, 9 octobre 2019 (ROJ : ATSJAD 184/2019)
Reproduction verbatim
Décision commentée : ATSJAD 184/2019, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 9 octobre 2019 (ROJ : ATSJAD 184/2019 ; ECLI:AD:TSJADAD:2019:184A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un aute du 1er octobre 2018, le Tribunal de Corts a rejeté les recours d'appel formés par le Sr Salas et par la société C., SL contre un aute de la Batlle instructrice du 22 décembre 2017. Cet aute ordonnait le blocage et la saisie de la société C., SL et de l'ensemble de son patrimoine, ainsi que la désignation d'un administrateur judiciaire.
Par un aute du 22 mai 2019, le Tribunal de Corts a rejeté les incidents de nullité d'actuations formés contre l'aute du 1er octobre 2018, sans condamnation aux dépens.
Le Sr Salas a interjeté appel de cette décision. Il soutenait, d'une part, que la résolution attaquée méconnaissait la présomption d'innocence en affirmant des faits non avérés. Il soutenait, d'autre part, qu'elle n'était pas suffisamment motivée et portait atteinte au droit à un procès équitable. Le ministère public a conclu au rejet du recours, relevant que l'aute attaqué n'affirme jamais que les faits sont prouvés et que le grief de défaut de motivation se réduit à une désapprobation de la décision. Plusieurs autres parties se sont associées au recours, tandis que d'autres ont demandé la confirmation de l'aute attaqué.
La formation de jugement était composée du président Yves Picod, de la magistrate rapporteure Marie Conte et de la magistrate Fátima Ramírez Souto. La décision a été rendue à Andorre-la-Vieille le 9 octobre 2019. Son intitulé porte la mention « Recurs Incident Nul·litat (6000041/2019) » et la référence de rouleau TSJP-0000070/2019.
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions.
En premier lieu, des mesures cautelaires réelles, à savoir le blocage, la saisie et la désignation d'un administrateur judiciaire, et des mesures personnelles, peuvent-elles porter atteinte à la présomption d'innocence lorsque la décision qui les ordonne exprime les faits en termes affirmatifs plutôt qu'au conditionnel ?
En second lieu, une décision qui rejette un incident de nullité sans accueillir la prétention de la partie satisfait-elle à l'exigence de motivation et au droit à la juridiction ?
Solution et dispositif
La Cour rejette le moyen tiré de la présomption d'innocence. Elle retient que les mesures cautelaires « no tenen per objecte ni per efecte qüestionar la presumpció d'innocència » des personnes qu'elles visent (FD I). Elle relève qu'elles reposent non sur des preuves, mais sur des « indicis racionals de criminalitat », et qu'elles relèvent du régime du Code de procédure pénale, sans constituer une déclaration de culpabilité (FD I, § 2). Elle ajoute que l'emploi de l'indicatif plutôt que du conditionnel dans le récit des faits justifiant l'embargo est sans incidence, dès lors que seule une sentence ferme peut établir le caractère prouvé des faits (F
Aute
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Penal
Núm. de Causa: TC 6000041/2019 Núm. de Rotlle: TSJP-0000070/2019
AUTE 92-2019
PARTS:
Apel·lant : Sr. Salas
Advocat: Sr. Castilla
Apel·lats: Sres. Sandoval
Advocat: Sr. Villalba
Srs. Téllez
Advocada: Sra. Morell
Srs. Pulido
Advocada: Sra. Salcedo
Srs. Canals
Advocat: Sr. Amorós
Izquierdo
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° A070/19 — Décision commentée
Andorra la Vella, nou d'octubre del dos mil dinou.
En el recurs interposat per la representació lletrada del Sr. Salas contra l'Aute de 22 de maig de 2019, dictat pel Tribunal de Corts, és ponent la magistrada Sra. Marie Conte, la qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que per Aute dictat en data 1 d'octubre de 2018, el Tribunal de Corts desestima els recursos d'apel·lació presentats per la representació lletrada de Salas, i la societat C.SL, contra l'Aute de la Batlle instructora de data 22 de desembre de 2017, que acorda el bloqueig i embargament de la societat C., SL, i de tot el seu patrimoni, així com el nomenament d'un administrador judicial per a la mateixa.
II.- RESULTANT: que per Aute de data 22 de maig de 2019, el Tribunal de Corts decideix desestimar els incidents de nul·litat d'actuacions formulats contra l'aute de data 1 d'octubre de 2018 per les defenses de Salas i de la Societat C., SL, sense cap pronunciament especial en matèria de despeses processals.
III.- RESULTANT: que contra l'esmentat aute interposa recurs d'apel·lació la representació processal de Salas en considerar que d'una part, la resolució ha vulnerat la presumpció d'innocència, afirmant fets que no són certs, i d'altra part que la mateixa no està suficientment motivada i vulnera el dret a un procés degut.
IV.- RESULTANT: que el Ministeri Fiscal interessa la desestimació del recurs.
Manifesta que no s'ha produït la vulneració al·legada de la presumpció d'innocència, ja que l'aute impugnat mai afirma que els fets en el quals es fonamenta són provats i que, pel que fa a l'al·legada vulneració del dret a una decisió fonamentada en dret, només s'invoca per la part apel·lant la seva disconformitat amb l'aute impugnat.
V.- RESULTANT: que la representació lletrada de la societat Calam, SL s'adhereix als arguments desenvolupats pel recurrent.
VI.- RESULTANT: que també s'adhereixen als raonaments exposats en l'escrit de recurs les representacions processals d'Galan, d'Cañellas i de C. M.P., president de P.H. SA.
VII.- RESULTANT: que les representacions processals de l'entitat ORG_0, de F.M.A. F., R. M.F., J.B.C. i la C.A.S.S. sol·liciten la confirmació de l'aute impugnat.
FONAMENTS DE DRET
I.- CONSIDERANT: en quant a la vulneració al·legada del dret a la presumpció d'innocència, convé en primer lloc recordar que per definició, les mesures cautelars de naturalesa real com les de naturalesa personal exposades per la Batlle instructora, no tenen per objecte ni per efecte qüestionar la presumpció d'innocència de les persones afectades per aquelles mesures.
Com l'ha exposat, amb bon criteri, el Tribunal de Corts en l'aute recorregut, les mesures cautelars es fonamenten en l'existència no de proves sinó d'indicis racionals de criminalitat, i són sotmesos al règim del Codi de procediment penal, i no suposen doncs una declaració de culpabilitat.
El simple fet de no utilitzar el condicional en el relat de fets emprat per la Batlle instructora per fonamentar la seva decisió d'embargament, no té cap incidència sobre la naturalesa d'aquesta mesura o el caràcter provat dels fets, relatats que només té poder d'afirmar la sentència ferma susceptible de succeir.
II. CONSIDERANT: pel que fa a l'al·legada vulneració del dret a la jurisdicció i a obtenir una resolució motivada, es desprèn de l'escrit de recurs que l'incident de nul·litat presentat per la representació lletrada de Salas, es fonamentava en la disconformitat de la part instant de la nul·litat amb la motivació i el relat de fets exposat en l'aute impugnat.
El Tribunal de Corts en la seva decisió de desistiment de l'incident de nul·litat ha remarcat a bon dret, que l'aute de la Batlle instructora i l'aute de Tribunal de Corts de data 1-10-2018, exposen de manera precisa les raons justificant la mesura cautelar ordenada i que, qui exercita una acció davant els tribunals no té el dret a que sigui acollida, sinó a un pronunciament motivat, ja sigui estimant-la, ja sigui rebutjant-la totalment o parcialment.
No s'ha produït en conseqüència, cap greuge amb rellevància constitucional en forma de vulneració del dret a la jurisdicció, essent una qüestió valorativa pròpia de la jurisdicció.
III.- CONSIDERANT: que convé per tant desestimar el recurs d'apel·lació interposat.
DECISIÓ
La Sala competent del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Desestimar el recurs d'apel·lació interposat per la representació lletrada de Salas, contra l'Aute de data 22 de maig de 2019 dictat pel Tribunal de Corts en la causa 0000018/2018.
Segon.- Confirmar íntegrament dit aute.
Tercer.- No fer especial pronunciament en matèria de despeses processals.
Aquest aute és ferm i executiu.
Així per aquesta nostra resolució, ho acordem, manem i signem.