I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 211/2019 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil)
Décision commentée : ATSJAD 211/2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:211A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un litige de nature sociale oppose un salarié à la société S, SAU. Le salarié a mis fin à son contrat en invoquant trois causes de désistement (desistiment), dont l'une repose sur un harcèlement moral (assetjament laboral). Le dossier, qui porte le numéro B-0515-3/2014 (origine 4000299/2016 selon l'en-tête), a fait l'objet d'une expertise psychologique judiciaire.
Par une première décision du 17 mai 2018, le tribunal de première instance a fait droit aux prétentions du salarié. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a confirmé intégralement ce jugement par une sentence du 25 juillet 2019, en rejetant le recours de la société et en mettant les dépens de l'appel à sa charge.
La société a ensuite formé, le 17 septembre 2019, un incident de nullité (incident de nul·litat) contre cette sentence. Elle soutenait que celle-ci portait atteinte à son droit fondamental à la juridiction, à la défense et à un procès équitable. Elle reprochait notamment à la cour :
- de ne pas avoir tenu compte de certains aspects de la personnalité du salarié, qui auraient permis d'écarter le harcèlement ;
- de refuser de procéder à une nouvelle expertise ;
- d'avoir ainsi été privée de l'accès au second degré de juridiction.
La date de la résolution n'est pas identique selon les éléments du dossier. Les métadonnées indiquent le 4 octobre 2019, tandis que l'en-tête de la décision mentionne « le 31 octobre 2019 » (non précisé dans la décision quant à la date retenue). Le magistrat rapporteur était M. Vincent Anière. La formation était composée de MM. Albert Andrés Pereira (président), Vincent Anière et Jaume Tor Porta.
Question de droit
La question posée est double. Il s'agit d'abord de savoir si l'incident de nullité introduit par l'article 18quater de la loi relative à la justice peut être admis lorsque la partie invoque une violation de droits fondamentaux qui résulterait d'une appréciation contestée des preuves et d'un refus de mesure d'instruction complémentaire. Il s'agit ensuite de déterminer les conditions dans lesquelles le juge peut écarter l'incident in limine.
Le cadre normatif est issu de la disposition finale vingt-neuvième de la loi 24/2018 du 18 octobre, portant Code de procédure civile, qui a modifié la loi qualifiée de la justice (LTPJ) et introduit les articles 18ter et 18quater. Le Tribunal relève que ces dispositions sont entrées en vigueur le 15 novembre 2018. L'article 18quater, alinéa 1, énonce que :
« Les personnes qui ont été parties à une sentence ou à une résolution fermes, ou qui s'y trouvent affectées, peuvent demander
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, qui ho és d'aquest Tribunal, i els magistrats Sr. Vincent Anière i Sr. Jaume Tor Porta, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 04 d'octubre del 2019 - ROJ: ATSJAD 211/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- En el procediment laboral número B-0515-3/2014 esdevingut 4000299/2016, aquesta Sala va dictar Sentència, en data 25 de juliol del 2019, amb la següent part dispositiva: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 04 octobre 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
TSJC.- 0000063/2019 ORIGEN: 4000299/2016 - 00
NIG: 5300542120150000405
AUTE
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 31 d'octubre del 2019
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, qui ho és d'aquest Tribunal, i els magistrats Sr. Vincent Anière i Sr. Jaume Tor Porta, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- En el procediment laboral número B-0515-3/2014 esdevingut 4000299/2016, aquesta Sala va dictar Sentència, en data 25 de juliol del 2019, amb la següent part dispositiva:
"DESESTIMAR el recurs presentat per la representació processal de la societat S, SAU, en contra de la Sentència del 17-05-2018 que confirmem íntegrament, tot i imposant al recurrent les costes d'aquesta alçada."
II.- Contra la referida resolució, la representació processal de la societat S, SAU formula incident de nul·litat, en data 17 de setembre del 2019.
Ha actuat com a magistrat ponent el Sr. Vincent Anière.