I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, —
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ROJ ATSJAD 229/2019 ; ECLI:AD:TSJADAD:2019:229A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnances pénales du 9 janvier 2018, rendues dans la procédure enregistrée sous le numéro 5080012/2018, deux personnes ont été condamnées. M. Pla a été reconnu auteur responsable d'un délit majeur de menaces non conditionnelles commises avec arme, et condamné à sept mois d'emprisonnement avec sursis, le délai de suspension étant fixé à quatre ans. Mme Plana a été reconnue auteure responsable d'une contravention pénale de lésions dolosives, et condamnée à quinze jours d'arrêts nocturnes avec sursis. Le juge a par ailleurs déclaré la responsabilité civile de Mme Plana, en renvoyant la fixation de l'indemnisation à la phase d'exécution, ainsi que les dépens, y compris les honoraires d'avocat des parties, sur le fondement de l'article 238 du Code de procédure pénale. Pour M. Pla, la responsabilité civile n'a pas été tranchée et les dépens, incluant les honoraires d'avocat de l'office, ont été mis à sa charge.
Pendant la phase d'exécution, un aute du 7 mai 2018 a laissé en suspens la fixation des honoraires d'avocat et des taxes judiciaires, à acquitter solidairement par MM. Pla et Mme Plana jusqu'à la fermeté de la décision.
Par aute du 22 février 2019, le Batlle a fixé ces honoraires à la somme de 906,28 euros (honoraires, IGI et taxes), au profit de l'avocat de la partie civile, M. Escudero.
La représentation de Mme Plana a interjeté appel. Elle sollicitait la révocation de cette décision et la fixation des honoraires à 292,60 euros, somme qui, selon elle, devait être supportée par les parties civiles identifiées dans la décision (Mme U. et M. M.). Elle faisait valoir :
- que le montant de 1 000 euros alloué au titre de la responsabilité civile à un autre intervenant devait être pris en compte ;
- que la norme n° 13 était applicable ;
- que l'intervention de l'avocat se limitait à sa comparution à l'audience de l'ordonnance pénale, sans demande indemnitaire formulée à cette occasion ;
- que la réclamation chiffrée avait été présentée par écrit le 9 février 2018 ;
- qu'il n'était pas raisonnable que les honoraires soient pratiquement égaux au montant alloué au titre de la responsabilité civile.
Le ministère public s'en est remis à la sagesse de la Sala penal. L'avocat de la partie civile s'est opposé à l'appel et a invoqué les normes orientatives du Collège des avocats d'Andorre, notamment les normes 21.2.a), 21.1, 21.7, 21.14 et 13.1.
Question de droit
La question posée à la Sala penal du Tribunal supérieur de justice d'Andorre était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si le juge chargé de l'exécution pouvait fixer les honoraires d'avocat de la partie civile en tenant compte non seulement du montant alloué au titre de la responsabilité civile, mais aussi des actes accomplis par l'avocat dans la procédure. D'autre part
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra el aute de data 22 de febrer de 2019 dictat per la Batlle instructora en la causa de referència. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 29 de novembre del 2019 - ROJ: ATSJAD 229/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.-RESULTANT: que en el marc del procediment registrat sota el número 5080012/2018, van recaure sengles Ordenances penals en data 9-1- 2018 condemnant a Pla i a ENTITY_4; »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 29 novembre 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 00000038/2019 Núm. de Causa: 5080012/2018
AUTE 124-2019
PARTS:
Apel·lant : Sr. Plana
Advocada: Sra. Arcos
Apel·lats: Sr. Escudero
Advocat: Sr. Briones
Sr. Pla
Advocat: Sr. Marti
MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, a vint-i-nou de novembre de dos mil dinou.
En el recurs d'apel·lació interposat contra el aute de data 22 de febrer de 2019 dictat per la Batlle instructora en la causa de referència. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte.