ATSJAD ANDORRA, a 17 de gener del 2020 - ROJ: ATSJAD 29/2020
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé17 janvier 2020
NuméroA084/19
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# ATSJAD 29/2020 (Tribunal superior de justice d'Andorre, Sala penal, 17 janvier 2020)
> Décision commentée : ATSJAD 29/2020 (ROJ : ATSJAD 29/2020 ; ECLI:AD:TSJADAD:2020:29A) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Par un aute du 17 février 2017, le batlle instructeur a ordonné aux établissements bancaires de la Principauté le blocage préventif et immédiat des comptes de plusieurs personnes, dont Mme Montenegro, à hauteur de 48 000 euros. La mesure s'inscrivait dans une procédure pénale (affaire n° 8000176/2015) portant sur un présumé délit de blanchiment d'argent, les sommes litigieuses ayant été versées sur le compte de Mme Montenegro depuis le compte courant de la société ORG_0. L'intéressée était, à la date de la mesure, « investiguée » selon les indications données par le batlle instructeur.
Le recours d'appel formé contre cet aute a été rejeté par un aute du Tribunal de Corts du 18 février 2019. La défense a alors soulevé un incident de nullité d'actuacions (*incident de nul·litat d'actuacions*), faisant valoir la violation du droit à un procès équitable, du droit à une décision motivée et du droit à la juridiction. Elle reprochait à la juridiction d'appel de ne pas avoir statué sur la qualité de tiers de bonne foi de la requérante, d'avoir confirmé une mesure prise *inaudita parte*, et de ne pas avoir établi son caractère proportionné et nécessaire. Par un aute du 14 juin 2019, le Tribunal de Corts a refusé de faire droit à l'incident, au motif que l'aute du 18 février 2019 ne souffrait ni d'incongruence, ni d'une irrégularité de procédure ou de forme.
Mme Montenegro a interjeté appel devant la Sala penal du Tribunal superior de justice (recours A084/19, rotlle TSJP 84/2019). Les parties intéressées (ministère public, parties civiles et autres parties) ont formulé des observations. La Sala, composée du président Yves Picod et des magistrates Marie Conte et Fátima Ramírez Souto (rapporteure), a statué par aute motivé du 17 janvier 2020.
## Question de droit
La question posée était double. Elle portait d'abord sur le cadre procédural de l'incident de nullité introduit par la loi 24/2018 : quelles causes peuvent être invoquées contre une décision devenue ferme, et l'incident peut-il servir à remettre en cause le bien-fondé d'une mesure conservatoire ? Elle portait ensuite sur le fond : l'aute du 18 février 2019 a-t-il méconnu les droits fondamentaux à la juridiction, au procès équitable et à une décision motivée, par incongruence, par indéfense ou par absence de contrôle de proportionnalité ?
Le cadre normatif invoqué par la Sala est le suivant. La Sala vise l'article 18 *quater* de la Llei transitòria de procediments judicials, introduit par la disposition finale cinquième de la loi 24/2018 du 18 octobre portant Code de procédure civile. Ce texte autorise les personnes ayant été parties à une décision ferme, ou qui y sont affectées, à demander la nullité de celle-ci pour violation de droits fondamentaux résultant d'infractions procédurales ou de défauts de forme ayant causé une indéfense, ou pour incongruence, à condition que le requérant n'ait pas pu dénoncer antérieurement la violation. Le délai est de treize jours ouvrables à compter de la notification ou de la connaissance de la violation, sans pouvoir excéder deux ans. Le texte organise en outre un double degré : l'aute de première instance est susceptible d'appel devant la sala compétente du Tribunal superior, dont la décision n'
Korpus — Jurisprudence
ATSJAD ANDORRA, a 17 de gener del 2020 - ROJ: ATSJAD 29/2020
I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 29/2020 (Tribunal superior de justice d'Andorre, Sala penal, 17 janvier 2020)
Par un aute du 17 février 2017, le batlle instructeur a ordonné aux établissements bancaires de la Principauté le blocage préventif et immédiat des comptes de plusieurs personnes, dont Mme Montenegro, à hauteur de 48 000 euros. La mesure s'inscrivait dans une procédure pénale (affaire n° 8000176/2015) portant sur un présumé délit de blanchiment d'argent, les sommes litigieuses ayant été versées sur le compte de Mme Montenegro depuis le compte courant de la société ORG_0. L'intéressée était, à la date de la mesure, « investiguée » selon les indications données par le batlle instructeur.
Le recours d'appel formé contre cet aute a été rejeté par un aute du Tribunal de Corts du 18 février 2019. La défense a alors soulevé un incident de nullité d'actuacions (incident de nul·litat d'actuacions), faisant valoir la violation du droit à un procès équitable, du droit à une décision motivée et du droit à la juridiction. Elle reprochait à la juridiction d'appel de ne pas avoir statué sur la qualité de tiers de bonne foi de la requérante, d'avoir confirmé une mesure prise inaudita parte, et de ne pas avoir établi son caractère proportionné et nécessaire. Par un aute du 14 juin 2019, le Tribunal de Corts a refusé de faire droit à l'incident, au motif que l'aute du 18 février 2019 ne souffrait ni d'incongruence, ni d'une irrégularité de procédure ou de forme.
Mme Montenegro a interjeté appel devant la Sala penal du Tribunal superior de justice (recours A084/19, rotlle TSJP 84/2019). Les parties intéressées (ministère public, parties civiles et autres parties) ont formulé des observations. La Sala, composée du président Yves Picod et des magistrates Marie Conte et Fátima Ramírez Souto (rapporteure), a statué par aute motivé du 17 janvier 2020.
Question de droit
La question posée était double. Elle portait d'abord sur le cadre procédural de l'incident de nullité introduit par la loi 24/2018 : quelles causes peuvent être invoquées contre une décision devenue ferme, et l'incident peut-il servir à remettre en cause le bien-fondé d'une mesure conservatoire ? Elle portait ensuite sur le fond : l'aute du 18 février 2019 a-t-il méconnu les droits fondamentaux à la juridiction, au procès équitable et à une décision motivée, par incongruence, par indéfense ou par absence de contrôle de proportionnalité ?
Le cadre normatif invoqué par la Sala est le suivant. La Sala vise l'article 18 quater de la Llei transitòria de procediments judicials, introduit par la disposition finale cinquième de la loi 24/2018 du 18 octobre portant Code de procédure civile. Ce texte autorise les personnes ayant été parties à une décision ferme, ou qui y sont affectées, à demander la nullité de celle-ci pour violation de droits fondamentaux résultant d'infractions procédurales ou de défauts de forme ayant causé une indéfense, ou pour incongruence, à condition que le requérant n'ait pas pu dénoncer antérieurement la violation. Le délai est de treize jours ouvrables à compter de la notification ou de la connaissance de la violation, sans pouvoir excéder deux ans. Le texte organise en outre un double degré : l'aute de première instance est susceptible d'appel devant la sala compétente du Tribunal superior, dont la décision n'
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
Reproduction verbatim
« Reunida la Sala competent del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Yves Picod, i les magistrades Sra. Marie Conte i Sra. Fátima Ramírez Souto, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 17 de gener del 2020 - ROJ: ATSJAD 29/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
Reproduction verbatim
« I.-RESULTANT: Que per Aute de 17 de febrer del 2017 es va ordenar a les entitats bancàries del Principat el bloqueig preventiu i immediat dels comptes bancaris de, entre altres, Montenegro per un import de 48.000 euros. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
Reproduction verbatim
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 17 janvier 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de Rotlle: TSJP 00000084/2019 Núm. de Causa: 8000176/2015
Andorra la Vella, a disset de gener del dos mil vint.
Reunida la Sala competent del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Yves Picod, i les magistrades Sra. Marie Conte i Sra. Fátima Ramírez Souto, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.-RESULTANT: Que per Aute de 17 de febrer del 2017 es va ordenar a les entitats bancàries del Principat el bloqueig preventiu i immediat dels comptes bancaris de, entre altres, Montenegro per un import de 48.000 euros.
II.-RESULTANT: Que contra l'esmentat Aute, la representació de Montenegro interposà recurs d'apel·lació davant del Tribunal de Corts que fou desestimat per aute de data 18 de febrer del 2019, contra el què la mateixa part va formular incident de nul·litat d'actuacions al·legant la vulneració dels dret a un procés degut, a una decisió fonamentada en dret i al dret a la jurisdicció perquè no es va resoldre la qüestió plantejada en el recurs sobre la condició de tercer de bona fe de Montenegro, la mesura cautelar va ser pressa pel Batlle instructor inaudita parte i no és proporcional ni necessària.
III.- RESULTANT: que el Tribunal de Corts per Aute de 14 de juny del 2019 va decidir no donar lloc a l'incident de nul·litat, en considerar que l'aute de 18 de febrer del 2019 no va incórrer en incongruència ni en cap infracció processal ni defecte formal.
IV.-RESULTANT: que contra l'Aute de 14 de juny del 2019 la representació de Montenegro va interposar recurs d'apel·lació davant de la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia, què va ser admès a tràmit i van formular al·legacions, impugnant el recurs, el Ministeri Fiscal, la representació lletrada de Julián, Castrillo, Palomo, Manzanares i la CASS, la representació lletrada del Quesadana i la representació lletrada de ORG_1, ORG_2.
FONAMENTS DE DRET
I.-CONSIDERANT: que la part recurrent formula recurs d'apel·lació, exposant bàsicament, que la resolució dictada en data 18 de febrer del 2019 pel Tribunal de Corts, incorre en incongruència en no haver resolt les qüestions plantejades sobre la condició de tercer de bona fe de Montenegro, i la proporcionalitat de la mesura en relació a la mateixa, considerant vulnerats els drets a la jurisdicció, al procés degut i a obtenir una decisió fonamentada en dret,
Sol·licita la part apel·lant que es revoqui la resolució recorreguda, s'estimi l'incident de nul·litat i es declari nul l'Aute recorregut, l'Aute de 14 de juny del 2019 i es revoqui l'aute de 17 de febrer del 2017, deixant sense efecte la mesura cautelar o, subsidiàriament, es declari la seva nul·litat per a que la Sra. Montenegro pugui ser escoltada abans d'acordar el bloqueig dels seus comptes.
Les pretensions de la part recurrent evidencien l'error en què incorre sobre l'abast de l'incident de nul·litat plantejat, ja que l'eventual estimació del recurs d'apel·lació només podria comportar la declaració de nul·litat del Aute de de 18 de febrer del 2019, per a que el Tribunal de Corts dictés un altre esmenant els defectes determinants de la seva nul·litat.
II.-CONSIDERANT: Que la Llei 24/2018, del 18 d'octubre, del Codi de Procediment civil, conté una disposició final cinquena de modificació de la Llei Transitòria de Procediments Judicials, que en allò que aquí interessa introdueix un article 18 quater "Nul·litat de resolucions fermes", que estableix:
"1. Les persones que hagin estat part d'una sentència o una resolució fermes o que s'hi vegin afectades poden demanar al batlle o el tribunal que la va dictar que l'anul·li, tot fonamentant la petició en la vulneració de drets fonamentals per infraccions processals o defectes de forma que hagin causat indefensió , o en la incongruència de la sentència o la resolució , sempre que qui sol·licita la nul·litat no hagi pogut denunciar aquesta vulneració anteriorment.
L'incident de nul·litat es pot formular en el termini de tretze dies hàbils des de la notificació de la sentència o la resolució , o des que s'hagi tingut coneixement de la vulneració del dret. En aquest darrer cas, no poden haver transcorregut més de dos anys des del moment de la notificació de la sentència o la resolució definitiva.
El batlle o el tribunal, un cop rep l'incident de nul·litat, pot no admetre'l en cas que consideri, motivadament, que no te cap fonament. En cas contrari, el trasllada a les parts interessades perquè facin les al·legacions i proposin les proves oportunes en el termini de tretze dies hàbils. Posteriorment, el batlle o el tribunal competent, despres de practicar les proves proposades que consideri utils, pertinents i necessàries per resoldre la demanda i les altres proves que decideixi d'ofici, resol mitjancant un aute dins els tretze dies hàbils seguents.
Contra l'aute que no admet o que resol l'incident de nul·litat en primera instància es pot interposar un recurs d'apel·lació en el termini de tretze dies hàbils davant la sala competent del Tribunal Superior de Justicia, de la qual no poden formar part els magistrats que eventualment hagin resolt l'incident de nul·litat en primera instància. La sala competent pot no admetre el recurs si considera, motivadament, que no te cap fonament. En cas contrari, trasllada el recurs a les parts interessades perquè facin les al·legacions i proposin les proves oportunes en el termini de tretze dies hàbils. Posteriorment, la sala competent, despres de practicar les proves proposades que consideri utils, pertinents i necessàries per resoldre la demanda i les altres proves que decideixi d'ofici, resol mitjancant un aute dins els tretze dies hàbils seguents.
Contra l'aute que no admet o que resol el recurs en fase d'apel·lació no es pot interposar cap recurs.
L'incident de nul·litat no suspèn l'execució de la sentència o la resolució a la qual s'imputi la vulneració de drets fonamentals, llevat que ho decideixi expressament el batlle o el tribunal quan consideri que en cas contrari es pot ocasionar un perjudici greu i de dificil reparació a la part que formula l'incident.
La formulació prèvia de l'incident de nul·litat no es un requisit necessari per interposar un recurs d'empara davant el Tribunal Constitucional quan es tracti d'una resolució judicial ferma dictada pel Tribunal Superior de Justicia."
III.- CONSIDERANT: que l'incident de nul·litat d'actuacions que regula l'article 18 bis de la Llei transitòria de procediments judicials no constitueix una nova instància processal, on es puguin revisar els pronunciaments de la resolució impugnada, sinó un remei extraordinari encaminat a esmenar vulneracions del dret fonamental a la jurisdicció que s'hagin produït en un procediment conclòs mitjançant sentència o altra resolució ferma.
D'acord amb l'article 18 quater, què es l'aplicable, només es pot al·legar com a causa de nul·litat la vulneració de drets fonamentals per infraccions processals o defectes de forma que hagin causat indefensió o per incongruència -per no resoldre's qüestions plantejades- i en cap d'aquestes causes de nul·litat incorre l'aute del Tribunal de Corts de data 18 de febrer del 2019 com ja s'exposa en l'aute recorregut.
Així, la pretesa incongruència no és tal ja que, i així ho fonamenta el Tribunal de Corts, no és que s'oblidi de tractar la qüestió, sinó que no decideix sobre la condició de tercer de bona fe de la recurrent, perquè es tracta d'una qüestió que ha estat per primera vegada al·legada en el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute en què s'adopta la mesura cautelar i no ha estat objecte d'anàlisi i resolució per la Batlle Instructora.
I és que la recurrent en aquest procediment, quan es va dictar l'aute acordant les mesures cautelars, segons ha informat la Batlle instructora, tenia la condició de investigada, és de suposar en relació a un presumpte delicte de blanqueig de diners en relació a les sumes ingressades en el seu compte des del compte corrent de la societat ORG_0, i, com al·lega el Ministeri Fiscal, el què no es pot pretendre és que el Tribunal de Corts a través d'un recurs d'apel·lació contra una mesura cautelar, modifiqui la condició processals de la recurrent i examini i analitzi una sèrie de proves que no han estat mai presentades davant del Batlle instructor.
Per a l'adopció de la mesura cautelar d'embargament és suficient l'existència d'indicis de què els fons embargats provenen d'una activitat il·lícita i la necessitat d'assegurar el seu comís, i són aquestes qüestions les què poden ser objecte de recurs.
Respecte al coneixement per part de la recurrent de l'origen il·lícit dels diners rebuts, ha de ser una vegada acordada la mesura cautelar, quina eficàcia exigeix que s'adopti abans de que la part afectada tingui coneixement de la mateixa, quan la part afectada pot mostrar la seva oposició i proposar les proves que abonin les seves pretensions i el Batlle Instructor, després de practicar les que consideri adequades ha de resoldre per aute motivat que pot ser recorregut.
Cap indefensió s'ha produït a la part recurrent perquè podia defensar els seus interessos mitjançant el procediment legalment establert i amb la possibilitat del dret a un recurs que, en cas de que hagués resolt el Tribunal de Corts, no tindria. De fet, la part recurrent ja anunciava en el escrit de recurs contra l'aute de la Batllia, que procediria a presentar davant la Batlle Instructora un escrit sol·licitant l'alliberament dels fons bloquejats.
Respecte a la proporcionalitat de la mesura, també és analitzada per l'aute de 18 de febrer del 2019, prenent en consideració que la mesura cautelar només s'acorda respecte a aquelles quantitats percebudes quin origen apareix com il·lícit i la obligatorietat de la seva adopció pel Batlle d'acord amb l'article 116 del Codi de Procediment Penal, complint així el deure de congruència que no exigeix donar una resposta detallada a cadascú dels arguments de la part. Serà després en el procediment d'oposició quan la part podrà també exposar les seves necessitats econòmiques i, sol·licitar si s'escau, poder disposar d'alguna part dels diners immobilitzats.
Finalment, cap precepte processal es cita com infringit per l'aute de 18 de febrer del 2019, ni tampoc es denuncien defectes de forma generadors de indefensió en quant hagin pogut privar a la part d'al·legar i justificar els seus drets per a que li siguin reconeguts.
L'apel·lant torna a insistir en el seu recurs en els mateixos motius ja plantejats en l'incident de nul·litat, motius que ja van ser examinats a la resolució objecte de recurs, considerant per tant que no s'ha produït cap indefensió al recurrent ni tampoc s'ha vulnerat cap dels drets fonamentals denunciats.
En conseqüència, el recurs interposat per la representació lletrada de M. M.P., contra l'Aute de data 14 de juny del 2019 dictat pel Tribunal de Corts ha de ser desestimat.
IV.- CONSIDERANT: que havent estat desestimat íntegrament el recurs, procedeix imposar a la part apel·lant les despeses processals causades en aquesta segona instància.
Decisio
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
DECISIÓ
La Sala Competent del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
1.- DESESTIMAR el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal de Montenegro contra el aute de data 14 de juny del 2019 dictat pel Tribunal de Corts en la causa núm. 8000176/2015.
2.- Confirmar íntegrament dit aute
3.- Imposar a la part apel·lant les despeses processals causades pel recurs.
Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem.