I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), 28 février 2020, ATSJAD 36/2020
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 28 février 2020, ATSJAD 36/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:36A) (Lire sur source officielle)
Référence canonique indiquée dans les métadonnées de la fiche : « Juridiction andorrane, — ». La référence complète ci-dessus reprend le numéro ROJ et l'ECLI figurant dans le texte intégral.
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 13 avril 2019, M. Gaya a été déclaré coupable de deux délits mineurs : un délit de mauvais traitements dans le cadre domestique (article 114.1 du Code pénal) et un délit de lésions dolosives (article 113.1 du même code). Aucune circonstance modificative n'a été retenue. La peine unique prononcée était de trois mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'une interdiction de contact avec la victime pendant quatre ans, d'un délai de suspension de quatre ans et d'une amende de 1 000 euros. La décision est devenue définitive le jour même, les parties n'ayant pas formé opposition.
Au stade de l'exécution, la juge d'instruction (Batlle instructora) a, par aute du 24 juillet 2019, refusé de suspendre l'exécution de la mesure d'interdiction de contact sollicitée par le condamné, et a écarté des courriers adressés par un tiers, M. Corbacho, qu'elle a toutefois versés au dossier à titre d'élément probatoire.
Le 11 septembre 2019, le conseil de M. Gaya a formé un recours tendant à la levée de la mesure. Il faisait valoir que le condamné suivait volontairement un traitement contre la consommation d'alcool, à l'origine des faits, et que l'interdiction portait atteinte à sa vie familiale. Le ministère public a conclu au rejet du recours.
La Sala Penal du Tribunal superior de justícia était saisie de l'appel dirigé contre cet aute. La composition de la formation est la suivante : Yves Picod (ponent et président), Marie Conte et Fátima Ramírez Souto.
(Le résumé automatique accompagnant la décision dans la base de données n'a pas été retenu comme source d'analyse. Les éléments ci-dessus sont tirés du seul texte de l'aute.)
Question de droit
La question posée était de savoir si, dans le cadre de l'exécution d'une condamnation assortie d'un sursis conditionné à une obligation de non-contact avec la victime, le juge pouvait lever ou maintenir
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 24 de juliol del 2019 dictat per la Batlle instructora en la causa núm. 4080073/2019, seguida pels delicte menors de maltractament en l'àmbit domèstic i de lesions doloses. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 28 de febrer del 2020 - ROJ: ATSJAD 36/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança penal de data 13 d'abril de 2019 es va condemnar al Sr. Gaya, com autor responsable d'un delicte menor de maltractament en l'àmbit domèstic, previst i penat a l 'article 114.1 del Codi penal i d'altre delicte menor de lesions doloses previst i penat a l'article 113.1 del mateix text legal, sense que concorrin circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a una pena única de TRES (3) MESOS DE PRESÓ CONDICIONAL, qualificats a no entrar en contacte amb la víctima durant un termini de quatre anys, amb un termini de suspensió de la co… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 28 février 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Aute
Núm. de rotlle: TSJP-0000119/2019
Núm. de causa: Execució OP - 4080073/2019
AUTE 40-2020
PARTS:
Apel·lant: Sr. Gaya
Advocat: Sr. Galan
Apel·lat: MINISTERI FISCAL
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, a vint-i-vuit de febrer del dos mil vint.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 24 de juliol del 2019 dictat per la Batlle instructora en la causa núm. 4080073/2019, seguida pels delicte menors de maltractament en l'àmbit domèstic i de lesions doloses. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que per Ordenança penal de data 13 d'abril de 2019 es va condemnar al Sr. Gaya, com autor responsable d'un delicte menor de maltractament en l'àmbit domèstic, previst i penat a l 'article 114.1 del Codi penal i d'altre delicte menor de lesions doloses previst i penat a l'article 113.1 del mateix text legal, sense que concorrin circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a una pena única de TRES (3) MESOS DE PRESÓ CONDICIONAL, qualificats a no entrar en contacte amb la víctima durant un termini de quatre anys, amb un termini de suspensió de la condemna per un període de quatre (4) anys i una pena de multa per import de mil euros (1.000 euros).